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CHAPITRE XX

maire reconnaissait le détroit qni porte son nom, et doublait le cap Hom, route plus sûre que le détroit de Magellan (1615). Plusieurs nations, même la France, se disputent la priorité de la découverte de la Nouvelle-Hollande, mais il est certain que les premières notions positives sur ce continent sont dues aux Hollandais qui, de 1605 à 1642, dirigèrent le long de ses côtes plusieurs voyages de reconnaissance, dont les plus importants furent en 1642 et 1644, ceux de Tasman, qui découvrit la première fois la terre de Yan Diemen, la Nouvelle-Zélande, les lies Yiti et des Amis, et la seconde releva une grande étendue des côtes du nord-ouest de la Nouvelle-Hollande. Nulle puissance ne rivalisait encore avec les Hollandais dans l’art de la construction navale. Nul peuple ne pouvait offrir le fret à plus bas prix ; car nuis matelots ne se contentaient d’un plus mince salaire. Aux riches produits du commerce des Indes, il faut ajouter ceux de la pêche du hareng, et par-dessus, compter comme les principaux éléments de leur prospérité, l’activité, le prodigieux esprit d’ordre et d’économie qui est un des traits distinctifs du génie hollandais. Mais les bases de cette grandeur si soudaine étaient peut-être trop étroites pour qu'elle fût bien solide. La Hollande avait un trop petit territoire, une population trop peu nombreuse pour porter un si vaste empire. Affranchie par le ‘ concours de la France, elle conamence à trouver que son alliée est devenue bien forte, et elle se rapproche de l’Espagne affaiblie et humiliée, l’aimant mieux pour voisine que la France victorieuse. Elle va se faire le principal antagoniste du grand" roi ; elle soldera les coalitions contre lui. Mais les Pays-Bas espagnols lui seront un mauvais rempart que Louis XIV provoqué percera ou tournera pour porter ses armes au cœur même des Provinces-Unies. L’Angleterre lui sera plus fatale encore par son alliance que la France par la guerre. Le long parlement a commencé sa ruine par l’acte de navigation, et Cromwell l’a déjà contrainte à reconnaître la supériorité du pavillon britannique ; mais lorsque le stathouder de Hollande, Guillaume de Nassau, sera devenu roi d’Angleterre, la Hollande ne sera plus, comme on l’a dit, qu’une barque attachée aux ilancs d’un vaisseau de ligne.

V Espagne , ruinée dans les sources niêmes de sa richesse par l’expulsion de 200 000 Maures, en 1609, s’était épuisée à des guerres longues et malheureuses. Elle gardait toutes ses annexes, la Franche-Comté, la moitié des Pays-Bas, le Milanais, le royaume des Deux-Siciles, l’île d’Elbe et la Sardaigne ; mais la possession de ces pays lui était onéreuse plutôt que profitable, car ils ne rapportaient pas ce qu’ils coûtaient. Elle avait récemment perdu le Roussillon, l’Artois, et dans la péninsule même le Portugal ; ses immenses colonies d’Amérique lui restaient et continuaient de lui envoyer leurs galions ; mais son agriculture était négligée , son industrie , son commerce étaient morts , et les piastres d’Amérique ne lui servaient qu’à acheter ce qu’elle ne savait plus se donner elle-même. Philippe IV y régnait encore. Il était resté vingt ans sous la tutelle d’Olivarès. Il n’y avait de grand à cette" époque, en Espagne, que les poètes et les artistes; Lope de Véga (1635) et Velasquez (1660) venaient de mourir. Mais Caldéron et Murillo étaient déjà célèbres. La France, qui commençait, avec Corneille, Descartes, Pascal et Poussin, son grand siècle des lettres et des arts, allait lui ravir cette gloire comme elle lui avait ravi déjà la puissance.

L’Espagne avait entraîné le Portugal dans sa ruine. Dépouillé par les Hollandais de ses colonies et de son commerce, abandonné au traité des Pyrénées par la France, il commence à tourner ses regards vers l’Angleterre, dans les bras de laquelle il se jettera quand un Bourbon viendra s’asseoir sur le trône de Charles-Quint.

Dans l’Italie , que l’Espagne tenait par deux bouts , par Naples et Milan, et par les îles (Sicile, Sardaigne, Elbe), même décadence. Le grand mouvement de restauration catholique qui, au siècle précédent, avait ranimé la péninsule, s’était arrêté. Les pontifes étaient retournés aux ambitions temporelles, mais sans mieux garantir la tranquillité des États de l’Église (du Garigliano aux bouches du Pô) où , depuis la mort de Sixte-Quint, les bravi pullulaient. Richelieu et Mazarin avaient essayé vainement, à plusieurs reprises, de former une ligue des princes italiens contre l’Espagne qm les tenait en tutelle. Philippe IV, malgré sa faiblesse, triompha

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