‹ Histoire des temps modernesChapitre 192 sur 311 · I.E REGNE DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

I.E REGNE DE LOUIS XIV

part des provinces avaient des États particuliers ; il les supprima. Ceux qui furent conservés, comme en Languedoc, en Bourgogne, en Provence, en Bretagne, etc., ne se réunirent plus que pour exécuter les ordres qu’ils recevaient des ministres. Ce qui restait de libertés municipales fut détruit, comme les libertés provinciales : le roi, battant monnaie avec de vieux droits chers aux villes, érigea les mairies en ofGces héréditaires et les vendit au plus offrant.

La vie municipale fut donc comme suspendue dans le pay.s ainsi que l’était depuis longtemps la vie politique : situation fâcheuse, car l’éducation pratique des affaires manquera à la France; et le jour où elle sera forcée de reprendre le gouvernement d’elle-méme des mains défaillantes de la royauté absolue, elle trouvera bien pour la guider de hardis et puissants logiciens, mais non de ces hommes expérimentés qui savent rattacher l’avenir au passé par de justes tempéraments. La liberté politique, pour être stable, a besoin de s’élever sur la forte base des libertés municipales. C’est ainsi qu’elle a grandi en Angleterre et qu’elle s’y maintient.

Les parlements ne furent plus que des cours de justice; la noblesse qu’une classe militaire destinée à verser son sang sur tous les champs de bataille, ou à suivre dans les fêtes le char triomphant de la royauté. Le clergé lui-même devint plus monarchique et ne fut jamais pour Louis un embarras. Pour la roture, elle fut aisément tenue en bride par l’armée, la police, l’extrême sévérité des lois; par le respect aussi qu’elle accordait, après tant de siècles d’oppression féodale, à un pouvoir qui lui donnait la paix intérieure et l’appelait d’ailleurs aux nombreux emplois de l’administration publique.

Ainsi le trait dominant du gouvernement de Louis XIV fut un effort immense pour ramener dans la main du prince tontes les forces du pays, aGn d’en disposer dans l’intérêt du pays sans doute, mais aussi et surtout dans l’intérêt du roi. De là cette centralisation excessive qui enveloppe le commerce, l’industrie, la vie politique, même la vie morale de la France, des mille liens d’une réglementation minutieuse, de manière que l’initiative des ministres fut presque partout substituée à l’acüon des individus et des communautés. II

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