‹ Histoire des temps modernesChapitre 197 sur 311 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

pereur, il le contint d'abord par les princes de la ligue du Ehin qui npus promirent des troupes ; il l’amena même à signer avec la France un traité de partage éventuel de la monarchie espagnole.

L’Espagne, réduite à elle-même, ne put résister. En moins de trois mois,Charleroi, Binche, Berg-Saint-Vinox, Fumes, Ath, Tournay, Douai, le fort de Scarpe,Courtrai, Oudenarde et Lille sont réduits k capituler (1667). Le roi continue les hostilités pendant l’hiver ; Dole, Salins et Besançon se rendent dans la même semaine. Au bout de dix-sept jours, la hYanche-Comté est conquise. Le conseil d’Espagne, indigné du peu de résistance, écrit au gouverneur « que le roi de France aurait dû envoyer ses laquais prendre possession du pays, au lieu d’y aller en personne. » (1668.)

En voyant ces rapides progrès, les puissances maritimes prirent l’alarme et s’unirent pour sauver l’Espagne. La Hollande, l’Angleterre et la Suède signèrent à la Haye un traité, célèbre sous le nom de triple aUiçince, par lequel elles offraient k Louis XIV et imposaient au roi d’Espagne leur médiation. Louis XIV manqua d’audace ; il s’arrêta et signa la paix d’Aix-la-Chapelle. Il rendait la Franche-Comté, mais conservait douze places fortes qu’il avait prises aux Pays-Bas (1668),

Louis garda une profonde rancune contre les Hollandais, surtout contre le grand pensionnaire, Jean de Witt. Il avait été blessé de la fierté républicaine de leur ambassadeur, Van Beuningen, échevin d’Amsterdam, dans les conférences d’Aixla-Chapelle ; « Ne vous fiez-vous pas à la parole du roi ? lui disait un jour de Lionne. — J’ignore ce que veut le roi, répondit-il, je considère ce qu’il peut. » L’existence de cette république marchande, libre, puissante et riche choquait ses instincts de roi absolu. Il ^cusait les Hollandais d'ingratitude, parce qu’ils avaient osé se tourner contre la France, eux secourus si longtemps par elle. Colbert lui-même détestait ces rivaux de notre commerce. On a vu (p. 367) ses efforts pour les chasser de nos côtes et pousser nos marchands à faire eux-mêmes leurs transports. Les Hollandais, attaqués par des tarifs, se défendirent par des surtaxes sur nos vins, nos eaux-de-vie et les produits de nos manufactures (1670). « C’est

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un pas bien hardi pour les États, écrivit aussitôt Colbert à notre ambassadeur à la Haye ; vous verrez dans peu qu’ils auront tout lieu de se repentir.

Louvois, de son côté, estimait que oc le véritable moyen de parvenir à la conquête des Pays-Bas espagnols était d’apaiser les Hollandais et de les anéantir.» Ainsi, pour cette fois, le ministre des finances n’était point trop contraire aux plans du ministre de la guerre, et le roi était de lui-méme tout porté par ses ressentiments à les accepter. Guerre impolitique cependant, qui renversait tout le système d’alliances fondé par Henri IV et Richelieu sur les Étals protestants, qui détournait nos coups du seul adversaire que nous eussions alors intérêt à frapper, et qui nous conduisait imprudemment loin de notre frontière, au delà du Rhin inférieur, en un pays inutile à prendre, impossible à garder, tant que les Espagnols restaient à Bruxelles.

Louis XIV n’eut pas grand’peine à rompre la triple alliance. La Suède s’empressa, moyennant quelque argent, de revenir à sa vieille amitié pour la France. Charles II, *qui aspirait au pouvoir absolu, promit son concours, moyennant xme pension de 2 millions. Les traités avec les princes de la ligne du Rhin et avec l’empereur furent renouvelés. Ainsi Lonis isolait la Hollande, comme il avait isolé l’Espagne dans la guerre de dévolution. Le commencement des hostilités fut désastreux pour les Hollandais. Les de Witt, chefs du parti républicain, avaient négligé l’armée, par crainte de la maison de Nassau; et la Hollande ne pouvait opposer aux 120 000 Français qui, sous le commandement de Turenne et de Condé, envahissaient son territoire, que 25 000 miliciens mal équipés, sans discipline et sans courage (1672). Ce fut moins une guerre qu’une promenade. Le fameux passage du Rhin n’était, dit Napoléon, « qu’une opération militaire de quatrième ordre, puisque dans cet endroit, à Toll-Huys, le fleuve est guéable, appauvri par le Wahal, et qu’il n’était d’ailleurs défendu que par une poignée d'hommes. » Toutes les villes ouvraient leurs portes : « Envoyez -moi cinquante chevaux, écrivait à Turenne un de ses officiers, avec cela je pourrai prendre deux ou trois places. » Un jour quatre soldats qui

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