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CHAPITRE XXI

l'Europe : l’hôtel de ville de Paris décerna au roi le nom de Grand.

Ainsi, la première période du règne de Louis XIV finissait avec profil et gloire. Deux grandes provinces étaient ajoutées au territoire, la Flandre et la Franche-Comté. La possession de la Flandre couvrait notre frontière du nord, mettait la capitale à l’abri derrière une triple ceinture de places fortes que Vauban éleva, faisait entrer dans la population française une population industrieuse , dont l’activité , endormie longtemps sous la domination espagnole, allait se réveiller et devenir féconde. L’acquisition de la Franche-Comté complétait la frontière de l’est, et achevait de ce côté ce qu’avaient commencé les traités de Westphalie.

c:onqaètc« de TLM'V en pleine paix; révoeatlen

de l'édlt de Kantés (««SS).

Après le traité de Nimègue, la France continua à s’agrandir. Les autres nations licencièrent leurs troupes; Louis garda toutes les siennes, et fit de la paix un temps de conquêtes. Les derniers traités lui avaient livré un certain nombre de villes et de cantons , avec leurs dépendances. Pour rechercher quelles étaient ces dépendances, il établit à Metz, à Brisach et à Besançon, des chambres, dites de réunion, parce qu’elles furent chargées de réunir à la France les terres qu’on prétendait démembrées des tr^s évêchés, de l’Alsace et de la Franche-Comté. L’électeur palatin, d’autres princes allemands, le roi d’Espagne, durent faire justifier, devant ces tribunaux, de leurs litres de possession ; et des arrêts sans appel; soutenus par la force, donnèrent à Louis XIV vingt villes importantes : Sarrebruck,' Deux-Ponts, Luxembourg, MontbeUiard et surtout Strasbourg, qui était restée libre au milieu de l’Alsace devenue française. 20000 hommes, commandés par Louvois, l’investirent à l’improviste, la forcèrent à capituler, et Vauban y commença aussitôt ces immenses travaux, (}ui devaient en faire la plus forte barrière du royaume sur le Rhin (168:).

Sur d’autres points se montrait le drapeau de la France, et

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LE RÈGNE DE LOUIS XIV

la cause était plus légitime. Les Barbaresques, châtiés autrefois par le duc de Beaufort, avaient recommencé leurs pirateries. Le vieux Duquesne fut envoyé contre eux; et une invention nouvelle, due au génie d’un marin obscur, Bernard Renaud, appelé par ses camarades le petit /îcuawd, les galiotes à bombes, donna à la guerre une rapidité terrible. Alger fut bombardé deuxfois (1681-1684), détruit en partie, et obligé de rendre ses prisonniers. Tunis et Tripoli éprouvèrent le même sort, et la Méditerranée fut pour quelque temps purgée de corsaires.

Une ville chrétienne fut traitée comme ces repaires de pirates. Les Génois avaient vendu, dit-on, des armes et de la poudre aux Algériens, et ils construisaient, dans leurs chantiers, quatre vaisseaux de guerre pour l’Espagne qui n’en avait plus. Louis XIV leur défendit de lancer à l’eau les galères; sur leur refus, une escadre, commandée encore par Duquesne, sortit de Toulon pour appuyer les réclamations^ de la France. Le nouveau ministre de la marine, le marquis de Seignelay, fils du grand Colbert qui venait de mourir, était lui-même sur la flotte. 14 000 bombes, lancées en quelques jours, renversèrent une partie des somptueux palais de Gênes la Superbe ; et il fallut que le doge vint à Versailles demander pardon (1685).

Le pape même fut encore une fois humilié comme prince et blessé comme pontife. Les ambassadeurs catholiques, à Rome, avaient étendu le droit d’asile ^ de franchise , aflèclé de tout temps et avec raison à leur hôtel, jusqu’au quartier même qu’ils habitaient. Innocent XI voulut détruire cet abus, qui faisait d’une moitié de la ville un asile pour les criminels. Il obtint sans peine le consentement des autres rois ; mais Louis XIV déjà irrité contre le pontife, à cause de l’affaire de x la régale*, répondit avec hauteur : « qu’il ne s’était jamais ré-

■A . On appelait régale le droit qu’avaient les rois de percevoir les revenus de certains béni'fices, évêchés et arclievêchés, pendant la vacance du siège. En <673, un édit déclara tous tes sièges de Fiance soumis â la régale. Deux évéqaes refusèrent d’ohéir et furent soutenus par le pape Innocent XI. Louis XIV, pour lerminer le dilTéretid , convoqua une asscinlilée du clergé français qui adopta, sous l’inspiration de l’illiisire évéque de Meaux, la célèbre déclaration de < 082, fondement des libertés de rSülise gallicane.

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