CHAPITRE XIV
plaça des garnisaires chez les calvinistes. Ces missionnaires bottés commirent les plus grands excès. Gomme les dragons se distinguèrent entre tous par leurs violences^ on appela cette exécution les dragonnades.
Enfin le dernier coup fut porté, et le 22 octobre 1685 parût un édit qui révoquait celui de Nantes. On interdit aux protestants l’exercice public de leur culte, excepté en Alsace; on ordonna aux ministres de quitter le royaume dans les quinze jours, et on défendit aux autres de les suivre , sous peine des galères et de la confiscation des biens. On arriva ainsi à des conséquences monstrueuses : les réformés n’eurent plus d’état civil \ leurs mariages, si, k l’aide d’une fraude et d’un mensonge, ils ne les avaient fait consacrer par l’Église catholique, furent regardés comme nuis, leurs enfants comme illégitimes. Les biens de quiconque était constaté hérétique furent confisqués. Une part était assurée au dénonciateur.
Deux cent cinquante k trois cent mille réformés passèrent la frontière dans les dernières années du dix-septième siècle, malgré la police de Louis XIV, et portèrent k l’étranger nos arts, nos manufactures et la haine de la France. Des régiments entiers de calvinistes furent formés en Hollande, en Angleterre, en Allemagne ; ceux qui restèrent dans le royaume n’attendirept que l’occasion de briser le joug inique qui pesait sur eux, fût-ce au prix d'une guerre civile. Ces violences réussirent-elles? 11 y avait, avant la révocation de l’édit de Nantes, un million de protestants en France ; il y en a aujourd’hui de quinze k dix-huit cent mille.
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