CHAPITRE XXIII
parait, et refait sur un nouveau plan par le Nôtre : il s’étendit jusqu’aux Ghamps-Élysées, qu’on planta d’arbres en 1570, en même temps que les boulevards du nord, emplacement des anciens fossés de la ville.
Il y avait davantage à faire pour le Louvre. Sous Louis XIII, l’architecte Lemercier avait terminé la façade intérieure de l’ouest par la construction du dôme de l’Horloge que décorent les huit cariatides colossales de Sarrazin. H s’agissait d’achever le chef-d’œuvre de Pierre Lescot. Colbert mit le projet au concours entre tous les artistes de France et d’Italie ; les plans du médecin Claude Perrault furent adoptés. Dès 1666, la façade extérieure de l’est s’éleva vis-à-vis de l’église Saint- Germain l’Auxerrois : ce fut la célèbre colonnade du Louvre. En même temps, la façade extérieure du sud, du côté de la rue actuelle de Rivoli, était commencée. Ces grands travaux furent d’abord poussés avec activité ; peu à peu on les ralentit, et enfin ils furent suspendus, malgré toutes les instances de Colbert. Le roi construisit alors Versailles.
Versailles n’avait été sous Louis XIII qu’un village et un rendez-vous de chasse. Louis XIV voulut en faire une grande ville et un palais. Les travaux, entrepris dès 1661, furent confiés en 1670 à Jules Mansart, et continués sans interruption jusqu’à la fin du règne. Le Nôtre , Lebrun et ses élèves, surtout Girardon, continuèrent à embellir cette royale demeure, trop vantée, qui a coûté 250 millions de notre monnaie, et où l’on ne voit nulle part la France, mais partout le roi.
L’eau manquait à Versailles : Louis créa à grands frais la machine de Marly, due au génie d’un mécanicien liégeois, Rennequin Sualem, et achevée en huit ans (1675-1683). Elle sembla insuffisante , et le roi songea à détourner la rivière de l’Eure, pour l’amener à Versailles par-dessus les vallons et les collines. C’était une entreprise gigantesque, qui nous reporte au temps des fastueuses et inutiles constructions des Pharaons. 10 000 soldats furent occupés pendant quelques années à ces travaux; mais les maladies pestilentielles, et surtout les guerres qui suivirent, forcèrent de les suspendre, et il n’en est resté que d’immenses et inutiles débris.
A côté de Versailles, le roi bâtissait en même temps le
Grand-Trianon, qui fut deux fois reconstruit (1671-1703), et