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CHAPITRE XXV

Sardaigne n’ent que deux provinces milanaises, Novare et Tortone. Quant à la clause supplémentaire qui assigna à Stanislas, comme dédommagement du trône de Pologne, laissé à Auguste , la Lorraine et le Barrois , pour revenir après sa mort à la France, c’est à Chauvelin qu’elle est due. L’acquisition était précieuse, mais depuis longtemps inévitable. Ces conditions formèrent le traité de Vienne (1735-1738). Ce fut la plus belle époque du ministère de Fleury ; car la France, dans cette guerre qui a de singuliers rapports avec celle de 1859, avait acquis encore quelque gloire, et son gouvernement avait paru comme le médiateur de l’Europe. «Depuis la paix de Vienne, dit le grand Frédéric, la France était l’arbitre de l’Europe. » Ses armées avaient triomphé en Italie, comme en Allemagne. Son ministre à Constantinople , le comte de Villeneuve, avait conclu la paix de Belgrade, le dernier traité glorieux que la Turqme ait signé et qui lui donnait la Servie, une partie delaValachie et Belgrade. A ce moment l’Autriche reculait partout , en Italie comme sur le Danube. Elle allait reculer encore pendant les deux guerres de Sept ans, mais en entraînant la France dans une chute profonde.

Fermatlon de la Prusse et situation de rAntrIelie.

En 1415, Frédéric de HohenzoUem, burgrave de Nuremberg, acheta de l’empereur Sigismond le margraviatde Brandebourg, auquel était attachée une des* sept voix électorales ; telle est l’humble origine de cette monarchie qui, au dixhuitième siècle, contre -balança l’influence autrichienne en Allemagne , succéda à l’influence suédoise dans le Nord , et, an dix-neuvième, a pris rang parmi les grandes puissances de l’Europe.

Frédéric II, Dent de Fer (1440), acquit une partie de la Lusace (Gottbus), et acheta la Nouvelle Marche à l’ordre Teutonique (Gustrin, Landsberg, entre l’Oder et la Netze). Son frère Albert, et ï Achille du Nord (1469), statua

que ses fils puînés auraient Anspach et Bayreuth, possessions originaires de la famille dans la Franconie, mais que les autres domaines, présents et futurs, seraient attachés à l’éleeto-

rat, qui allait former ixne masse indivisible pouvant s’accroître, mais ne pouvant plus diminuer. Cette mesure était un ' gage de puissance pour la nouvelle maison. Sous Joachim I**’ (1499), le Nestor, Albert de Brandebourg, prince de la branche puînée et grand maître de Tordre Teutonique, embrassa la réforme (1525) et sécularisa la Prusse ducale (Kœnigsberg); sous Joachim II (1535), le luthéranisme fut introduit dans Télectorat , auquel Jean-Sigismond réunit, en 1618, la Prusse ducale , comme gendre et héritier du dernier duc. Ce même prince prétendit recueillir la succession de Juliers, dont Georges- (Guillaume (1619) obtint la moitié, c’est-à-dire le duché de Clèves avec les comtés de Mark, près du Rhin, et de Ravensberg, dans la Westphalie.

Ainsi , la maison de Kohenzollern s’était, dès le milieu du dix-septième siècle, élevée au-dessus des autres maisons princières de l’Empire. Ses domaines, épars du Miémen à la Meuse, formaient trois groupes distincts. Il était de toute nécessité pour elle de travailler à les réunir, car leur maître ne pouvait passer de Tun à Tautre sans en demander la permission à ses voisins. Ce fut la constante préoccupation de Frédéric-Guillaume, celui qu’on appela le grand électeur. Par les conventions de 1648, il gagna Magdebourg, sur l’Elbe, Halberstadt, Minden sur le Wéser, Cammin à l’embouchure de l’Oder, avec toute la Poméranie ultérieure , le long de la Baltique, depuis TOder jusque vers le golfe de Dantzig. U avait une armée considérable ; il s’en servit dans une guerre entre la Suède et la Pologne, trahit à propos les deux partis, et par le traité de Weslau (1657), affranchit la Prusse de la suprématie polonaise en obtenant la cession d’Elbing, à Test de la Vistule. A l’intérieur de ses domaines, l’électeur s’était délivré du contrôle des états provinciaux, remplacés par un simple comité consultatif, et, tout comme Louis IQV en France , saisissait le pouvoir absolu. Ses États étaient mal peuplés et pauvres; il y attira des colons de Hollande et de Frise , fit creuser des canaux , fonda un comptoir en Guinée , et rêva une Compagnie du commerce africain. Allié de la maison d’Ora.«ge, établi sur le Rhin par la possession du duché de Clèves, il prit une part active à toutes les affaires qui

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