CHAPITRE III
radministration exécutive, l’unique organe de la nation vis-àvis des puissances étrangères, le capitaine des forces de terre et de mer de l’État, la fontaine de justice, de clémence et d’honneur. Il avait de grands pouvoirs pour régler le commerce. La monnaie était frappée en son nom ; il fixait les poids et mesures, déterminait les lieux pour l’établissement des marchés et des ports. Son patronage ecclésiastique était immense. Ses revenus héréditaires, administrés avec économie, sufifisaient à couvrir les dépenses ordinaires du gouvernement. Ses domaines particuliers étaient très-vastes. Il était en outre le seigneur suzerain du sol entier de son royaume et, en cette qualité, possédait un nombre infini de droits lucratifs et formidables qui le mettaient à même d’inqméter et d’écraiser ceux qui traversaient ses desseins, d’enrichir et d’élever, sans qu’il lui en coûtât rien , ceux qui jouissaient de sa faveur. » (Macaulay.) Ces pouvoirs indécis donnaient à celui qui en était revêtu la tentation perpétuelle de les outre-passer et l’épuisement de l’aristocratie après la guerre des deux Roses en fournit l’occasion.
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publique*.
Édouard IV déjà n’avait pas toujours attendu le consentement des chambres pour établir et lever l’impôt ; Henri VII alla plus loin ; et ce prince craintif et cupide fut mieux obéi qu’Édouard III, le vainqueur de Grécy, mieux que Henri V, le héros d’Azincourt. Le parlement fut rarement convoqué sous son règne ; quand il le fut, il ne montra aucune indépendance et accepta sans mot dire les propositions que lui soumettait le roi. Emprunts forcés, déguisés sous le nom de feicnuei/Zanccs, confiscations arbitraires, proscriptions, mesures barbares et iniques que la guerre civile seule avait amenées, acquirent une sorte de légalité par l’adhésion ou le silence des chambres. Le parlement reconnut la chambre étoilée, tribunal nouveau sous un nom ancien, dont les membres étaient entièrement à la dévotion du roi, et qui devint un des instruments les plus dociles et l’une des armes les plus redoutables
du pouvoir absolu. La chambre étoilée, en effet, multiplia les cas qui furent soustraits à la connaissance du jury, et mit à la discrétion des agents du roi la fortune et la vie de tous ceux que le roi voulut frapper.
les grands avaient gardé du moyen âge le droit d’avoir autour d’eux toute une armée de serviteurs qui les aidaient à troubler le pays et à braver la justice. C’était le droit de maintenance, Henri VII l’abolit; de plus il ' autorisa les nobles à vendre leurs terres substituées. C’était frapper l’aristocratie féodale dans le présent et dans l’avenir. Car, en supprimant les maintenances, le roi enlevait aux nobles leurs soldats ; en supprimant les substitutions *, il eût préparé le morcellement des grandes propriétés, c’està-dire la ruine des grands propriétaires terriens, si l’usage, plus fort que la loi, n’avait continué à faire prévaloir le système des substitutions, qui existe encore aujourd’hui en Angleterre.
Henri VH a commencé la puissance commerciale et maritime de son pays. Un traité conclu avec les Pays-Bas, en 1496, établit la liberté des échanges entre les deux pays; un autre avec le Danemark ouvrit la Baltique aux Anglais, et leur assura le commerce exclusif de l’Islande. A l’exemple des rois de la péninsule espagnole, il essaya de tourner l’activité des Anglais vers les découvertes maritimes, et le Vénitien Sébastien Gabotto alla porter le premier le pavillon anglais dans l’ile de Terre-Neuve et longer la côte des Florides, où il fut bientôt suivi par des marchands de Bristol. Henri VII encouragea aussi l’industrie nationale en attirant en Angleterre des ouvriers flamands et en défendant l’exportation de la laine. Enfin il rendit la justice moins inaccessible aux pauvres, et prépara la réunion des deux couronnes qui se partageaient la Grande-Bretagne en mariant sa fille Marguerite au roi Jacques IV. De cette union datent les droits des Stuarts au trône d’Angleterre, qu’ils prirent en 1603. Un autre mariage eut des
<. On appelle (erre subitilnée celle dont le propriétaire n’est considéré qoe comme osurruitier et simple délenlcar an nom des générations Tulures, dont il peut, par conséquent, percevoir les revenus, mais qu’il ne peut aliéner ni partager, et qui passe de droit à son fils atné.
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