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CHAPITRE XXV

Cette défection en entraîna d’autres. L’électeur de Saxe se retira de la guerre ; le roi de Sardaigne y entra, mais pour le compte de l’Autriche; et l’Angleterre, qui venait de renverser * du ministère le pacifique Walpole (fév. 1742), et d’arracher la guerre contre l’Espagne, parce qu’elle refusait de lui ouvrir ses colonies *, la demandait à grands cris contre la France, dont le commerce prenait un prodigieux essor. En outre, elle ne voulait pas laisser consommer la ruine de « sa maréchaussée d’Autriche. » Le nouveau ministre promit à Marie-Thérèse un subside de 12 millions. Ainsi tout le poids de la lutte retomba sur la France, qui n’avait pris les armes qu’au profit d’autrui. Notre armée de Bohême fut coupée de la Bavière lorsque les Autrichiens eurent repris Lintz et Budweis, et assiégée dans Prague, où du moins elle se défendit bien. Fleury, qui naguère croyait la guerre finie et déjà désarmait, troublé de ces revers, écrivit au comte de Kœnigsegg, général autrichien, une lettre confidentielle et des plus humbles. Kœnigsegg la publia. Le vieillard s’en plaignit dans une seconde lettre et déclara au comte qu’iine lui écrirait pim ce qu'il pensait. Celle-ci fut encore rendue publique. Fleury, deux fois joué ù la face de l’Europe, mit le comble k cette risée en désavouant ses propres lettres. Il entravait tout par sa timidité. Maillebois, qui opérait dans la Franconie,'ne put faire autre chose pour la délivrance de Prague que de s’emparer d’Êgra. C’était du moins ime ligne de retraite qu’il ouvrait à Belle-Isle , pour rentrer dans la vallée du Mein. Belle-Isle, en effet, sortit de Prague, avec 14 000 hommes,

1 . L’Angleterre avait obtenu de l’Espagne le droit d’envoyer en Amérique un vaisseau de BOO tonneaux chargé de marchandises anglaises. A la faveur de celte concession, les Anglais organisèrent, avec les colonies es|)agnoles, une vaste contrebande. A mesure que le vaisseau, de permission se vidait, une foule de petits navires venaient remplacer les marchandises vendues. Le vaisseau toléré n’était plus qu’un entrepôt. inépuisable od s’approvisionnaient les colons espagnols, au grand détriment de l’industrie métropolitaine. La cour de Madrid protesta, se plaignit, l’our mettre fin à l’abus, elle demanda et prit le droit de visite sur les navires qui fréquentaient le littoral de scs colonies. Aussitôt éclate en Angleterre un orage de réclamations. Journaux, pamphlets, brochures, tous demandent <x la mer libre ou la guerre! » Walpole ne put résister. On arma. Les Anglais prirent Puerio-Bello, mais ne prirent pas Carthagéne (1739-1740).

et fît à travers la glace, la neige et les ennemis, une gloriense mais pénible retraite; le noble et infortuné Vauvenargues y ruina sa santé. Ghevert resta dans la ville avec les blessés et les malades. On le somma de se rendre à discrétion : < Dites à votre générai que s’il ne m’accorde pas les honneurs de la guerre, je mets le feu aux quatre coins de Prague et je m’ensevelis sous ses ruines, a On consentit aux conditions qu’il exigea (janvier 1743). Quelques jours après, Fleury mourut à 83 ans ; il avait voulu la paix à tout prix, et il laissait la France avec une grande guerre sur les bras.

L’Angleterre était entrée en lice : 50 000 Anglo -Allemands arrivèrent dans la vallée du Mein ; le maréchal de Noailles les cerna à Dettingen, mais la folle impétuosité du duc de Oramont compromit ses habiles combinaisons, et ce ne fut qu’une sanglante affaire au lieu d’une victoire. De Broglie, qui commandait sur le Danube, ayant reculé jusqu’au Hhin devant les Autrichiens, Noailles dut suivre ce mouvement de retraite (1743). Pour relever les affaires, on crut nécessaire de mettre le roi à la tête des armées. Une nouvelle favorite, la duchesse de Ghâleauroux, femme énergique et ambitieuse, voulait le tirer de son indigne torpeur. Louis XV vint donc, en 1744, se montrer aux troupes. On avait changé le plan général de la guerre. Au. lieu de combattre au fond de l’Allemagne, on s’était décidé à frapper des coups plus à notre portée. Le roi entra dans les Pays-Bas et vit le maréchal de Saxe prendre plusieurs villes. Sur la nouvelle que les Autrichiens menaçaient l’Alsace, il y courut, emmenant avec lui Noailles et 50 000 hommes.

Une maladie fort grave l’arrêta h Metz. La mort, en s’approchant, lui inspira une bonne pensée, qui malheureusement ne tint guère, et une belle parole. Il renvoya la duchesse de Ghâteauroux pour se réconcilier avec la reine et fît écrire au maréchal de Noailles : « Souvenez-vous que, pendant qu’on portait Louis XIII au tombeau, le prince de Gondé gagnait une bataille. » La France paya de sa reconnaissance cet effort de son roi^ « S’il succombe, disait -on, c’est pour avoir marché à notre secours I II meurt au moment où il allait devenir rm grand roi ! » Un soir , le bruit courut

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