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CHAPITRE XXV

k Paris qu’il n’était plus ; aussitôt la foule affligée se répandit dans les rues, dans les églises, avec des pleurs et des gémissements. Quand on sut qu’il vivait, il y eut chaque jour un concours de peuple au-devant des courriers, et ceux dont les nouvelles étaient bonnes étaient portés en triomphe. Lorsqu’on apprit enfin son rétablissement, les églises retentirent d’actions de grâces pour remercier Dieu d’avoir conservé le Bien-Aimé{nkk). Que la tâche était facile à cette royauté encore si populaire !

Cependant le roi de Prusse, effrayé des progrès de l’Autriche, reprit les armes et pénétra en Bohême. Cette diversion dégagea la ligne du Rhin. L’empereur Charles VII rentra dans son électorat, mais pour y mourir. Son fils traita avec Marie-Thérèse. La reine de Hongrie lui restitua ce qu’elle occupait encore de la Bavière, et Maximilien renonça k toute prétention sur la succession d’Autriche (traité de Fuessen, 1745).

La guerre n’avait plus d’objet pour nous; mais comme les ennemis refusaient de traiter, il fallut conquérir la paix. La France l’alla chercher aux Pays-Bas. Le maréchal de Saxe, tout mourant qu’il était, se mit à la tête des troupes et investit Tournai. Pour ne la point laisser prendre, 55 000 Anglo- Hollandais, sous la direction du duc de Cumberland, s’approchèrent de la place. Le maréchal gagna sur eux la bataille de Fontenoy. Cette victoire eut des suites considérables. Tournai, Gand, le dépôt général des ennemis, Oudenarde, Bruges, Dendermonde et Ostende capitulèrent. Au commencement de l’année suivante les Français entrèrent à Bruxelles.

Le roi de Prusse, vainqueur en même temps à Friedberg en Silésie, écrivait à Louis XV : « Je viens d’acquitter la lettre de change que Votre Majesté a tirée sur moi k Fontenoy. » La victoire de Kesseldorf lui ^'uvrit ensuite la Saxe et Dresde; il y signa avec Marie-Thérlse un nouveau traité, qui lui confirma la cession de la Silésie. Cette défection ne nous laissait plus un allié en Allemagne ; la défaite du prétendant Charles Stuart, qui, après avoir pénétré jusqu’k trente lieues de Londres, fut vaincu k Culloden (1746), empêcha une révolution qui eût paralysé pour longtemps l’Angleterre.

Marie-Thérèse' et George II , libres de toute inquiétude, Tune à l’égard de la Prusse, l’autre de la part des Jacobites, imprimèrent une nouvelle activité aux hostilités. Marie-Thérèse chercha à se dédommager en Italie de ce qu’elle avait perdu en Allemagne et de ce qu’elle pouvait perdre encore aux Pays-Bas. L’armée franco- espagnole, après une tentative inutile sur la Savoie, s’était assuré le comté de Nice par la victoire de Coni (1744), et l’Apennin piémontais par l’alliance des Génois et du duc de Modène. La bataille deBassignano lui livra le Milanais (1745). Mais l’impératrice porta en Italie des forces supérieures. Lichtenstein y réunit 45 000 Autrichiens auxquels Maillebois n’avait à opposer que 28 000 hommes. La journée de Plaisance (1746) et la défection de l’Espagne donnèrent aux Impériaux tout le nord de la Péninsule. De son côté l’Angleterre qui, en 1745, avait bombardé toute la côte de Ligurie et Gênes elle-même, en 1746, essaya de s’emparer de Lorient et seconda une invasion des Austro- Sardes en' Provence. Les alliés pénétrèrent jusqu’en vue de Toulon. Mais cette invasion eut le sort de toutes les autres. Les mesures énergiques du maréchal de Belle-Isle et le soulèvement de Gênes contre les Autrichiens décidèrent la retraite.

Au midi, la France ne faisait donc que défendre sa frontière, et le beau plan qu’avait formé le ministre d’Argenson pour chasser les étrangers d’Italie et réunir tous les États de la Péninsule en ime confédération italienne, était manqué, au grand détriment de l’Italie elle-même et de la paix du monde. Mais au nord la France avait d’éclatants succès. La bataille de Raucoux, gagnée par le maréchal de Saxe, y signala l’année 1746. Louis ne demandait rien autre chose, après chaque victoire, que la paix, « ne voulant pas, disail-il, traiter en marchand, mais en roi. » On refusait de croire à ce désintéressement inusité, et la Hollande, effrayée de voir les Français à ses portes, rétablit, comme en 1672, le stathoudérat, sacrifiant sa liberté pour sauver son indépendance. Entraînée aussi par l’Angleterre, qui nous cherchait partout des ennemis, la czarine Élisabeth (1747) conclut un traité de subsides et mit à la disposition des ennemis de la France 50 vaisseaux

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