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CHAPITRE XXV

labourage. ^ Il y avait, dit Frédéric, comme une création nouvelle à entreprendre. » Il recommença tous ses travaux d’amélioration, desséchant les marais, couvrant de plantations les plaines sablonneuses, élevant des digues pour reprendre à la mer ce qu’elle avait pris dans une grande tempête, en 1724.

Afin d’aider les peuples à relever les ruines faites par la guerre, il distribua en vingt-trois ans, dans les provinces, près de 25 millions d’écus de Prusse, et créa un système de crédit foncier que nous n’avons imité que depuis peu de temps. II réorganisa l’industrie publique, réforma l’administration de la justice avec l’aide du grand chancelier Gocceii, « un sage qui eut fait honneur aux républiques grecques, » dit le roi, et il abolit, en fait, la torture. Croyant un jour un paysan frappé d’une sentence injuste, il cassa l’arrêt et fit publier dans les journaux : « Le dernier des paysans et même le mendiant est aussi bien homme que le roi : devant la justice tous sont égaux. »

La prophétie du prince Eugène se vérifiait. Cet électorat changé en royaume devenait redoutable à l’Autriche. Après lui avoir pris sa plus belle province, il lui prenait son influence dans l’empire, et, bien qu’à Sans-Souci on ne respectât guère ni Hermann, ni Luther, et qu’on n’y criât pas encoi; vivat Teutonia, on cherchait déjà à se donner le caractère d'Uiie puissance exclusivement allemande et protestante, en opposVion à l’Autriche, État catholique et à demi slave, dont le manteau impérial n’était fait que de s de rapport. Lorsqu’on 1777 l’électeur de Bavière mourut sans enfants, Marie-Thérèse acheta la succession à l’héritier direct, l’électeur palatin. L’affaire était bonne pour l’Autriche à qui elle donnait un territoire non interrompu, depuis les frontières de la Turquie jusque vers le Rhin, presque toute l’Allemagne du midi. Frédéric II s’y opposa et s’appuya sur les cours de Versailles et de Saint-Pétersbourg. Après une campagne sans combat, la médiation franco-russe amena la paix de Teschen (1 779). Le duc des Deux-Ponts, héritier de l’électeur palatin, eut la succession bavaroise ; la Saxe et le Mecklenboui^ obtinrent des indemnités, et l’Autriche quelques

districts qui joignaient le Tyrol à ses autres domaines. Frédéric se contenta de la gloire d’avoir été l’arbitre de l’Allemagne. Gela seul était déjà un assez beau profit pour le successeur des électeurs de Brandebourg. Il y en avait nn autre, la Prusse gagnait beaucoup à ce que l’Autriche ne se fortifiât pas.

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