CHAPITRE XXVI
réunit les Mahrattes ‘ et le nizam du Decam ’ contre les Anglais. Cette coalition, formée au moment où la guerre venait d’éclater en Amérique, paraissait mettre les Anglais en péril (1778), d’autant plus que la France avait accordé son alliance aux colonies américaines ; mais nous n’avions plus de forces sérieuses aux Indes, et nous perdîmes promptemeut Chandernagor, Karikal et Pondichéry. Deux victoires d’Hayder- Ali furent inutiles (1780), il fut forcé à la retraite, en 1781, après une grande défaite. La France alors envoya à son secours le fameux bailli de Suffren, un de ses meilleurs amiraux, qui battit les Anglais autant de fois qu’il les rencontra. Mais Hayder-Ali mourut la même année (1782); il laissait un digne successeur dans son fils, Tippou-Saïb, qu’on appela le Frédéric II de l’Orient : il fut du moins le représentant énergique de la nationalité indienne, et un des hommes les plus remarquables de l’Asie moderne. Tippou-Saïb continua la guerre ; mais il perdit l’alliance française lorsque le traité de Versailles réconciliant l’Angleterre et la France, rendit à cette dernière puissance Pondichéry, Karikal, Chandernagor, et à la Hollande ses anciennes possessions, sauf Négapatam (1783). H signa alors le traité de Mangalore (1784).
Tippou-Saïb recommença la guerre en 1792, et la soutint pendant sept ans avec succès; il périt en défendant Seringapatam, sa capitale (1799). Depuis ce moment les Anglais furent les véritables maîtres de l’Inde ; ils possèdent encore ce vaste et riche pays où ils ont 150 millions de sujets que leurs premiers gouverneurs exploitèrent avec une impitoyable cruauté. Un successeur de lord Clive , Warren Hastings, le Verrès moderne, donna lieu par ses exactions à un procès fameux dont l’Angleterre retentit pendant sept années (1788-1795).
1 . Les Mahnlles au N. O. do Décan, dans les monts Vendhya et les Ghattes occidentales, assujettirent Ters le milieu du dix-huitième siècle la plua grande partie de l’Inde moyenne et s’étendirent dans le N. du Décan d’une mer à l’autre. Leurs divers États formaient une confédération, dont les principales villes étaient Nagpour et Pounah.
2. Nizam, c’est-à-dire ortfomuirear, c’était le nom donné an gonvemenr du Décan on du tud, sous le Grand Mogol. Il s’était rendu indépendant au centre de la presqu’île , entre les Mahrattes au nord et le Mysore au sud.