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SIECLE

Découvertes scientifiques et géographiques. — Les lettres et les arts.

DéeouTertea ■clentlflqaea et géograpliiqueA.

Le dix-huitième siècle fut pour les sciences ce que le dixseptième avait été pour les lettres et le seizième pour les arts, une époque d’immenses progrès et presque de création. La physique est régénérée par Franklin et Volta, l’analyse mathématique par Lagrange et Laplace;.la botanique par Linné et de Jussieu; la zoologie par Buffon, qui trouve encore la géologie ; et Lavoisier donne à la science chimique des fondements inébranlables. En même temps, de savants navigateurs vont compléter l’œuvre des grands marins du quinzième siècle, et achèvent la reconnaissance de notre globe.

Descartes, Pascal, Newton et Leibnitz avaient fait faire de considérables progrès aux mathématiques etcréé des branches nouvelles de la science. Il restait à rendre accessibles les hautes conceptions de ces grands génies et à avancer dans la

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LES SCIENCES ET LES LETTRES AU XVni* SIÈCLE. 519

voie qu’ils avaient ouverte. Ce fut l’œuvre des savants du dix-huitième siècle, d’Euler, de Glairaut, de d’Alembert, et principalement de Lagrange et dé Laplace. Lagrange montra une rare précocité. A 19 ans, il résolvait un problème posé par Euler; l’année suivante, il écrivait les premiers essais de cette Méthode des variations qui seule suffirait à immortaliser son nom. D serait trop long d’énumérer tous les travaux de cet esprit éminemment cherchenr. Il suffit de dire qu’il a porté l’analyse pure au plus haut degré de perfection, développé le calcul différentiel et intégral, dont Newton et Leibnitz se disputaient la découverte, et que nul n’a parlé un langage à la fois aussi élégant et aussi clair dans l’exposition des théories les plus abstraites. 11 était né à Turin, de parents d’origine -française, et mourut à Paris en 1813. Napoléon l’avait fait sénateur. Laplace (1749-1827), fils d’un pauvre paysan de la vallée d’Auge, dans Ja basse Normandie, dut à d’Alembert le premier emploi qui lui permit de résider à Paris. Il donna dans la Mécaniq%ie céleste une démonstration complète des différentes lois astronomiques qui régissent le système de l’univers, ce qui complétait l’œuvre de ses plus illustres devanciers; de sorte que l’astronomie mathématique ne lui doit pas moins qu’à Newton et à Képler. Son Exposition du système du monde est un modèle de netteté et d’élégance ; sa Théorie des probabilités est devenue clasâque et a fourni les principaux éléments des ouvrages amalognes qui ont été publiés depuis. Laplace est mort presque de nos jours, comblé d’honneurs par Napoléon I" et par Louis XVIII. Il avait été ministre de l’intérieur pendant six semaines, après le 18 brumaire; il ûit sénateur, et comte sous l’Empire ; la Restauration le nomma marquis. Ses œuvres ont été réimprimées, en 1844, aux frais de l’État.

Lalande (1732-1807) ne fit point d’aussi importants travaux; mais il popularisa l’étude de l’astronomie par un enseignement suivi de 46 années au Collège de France. Euler, de Bâle (1707-1783), perfectionna le calcul différentiel et intégral, appliqua l’analyse à la mécanique et à la construction des vaisseaux, et écrivit en français ses Lettres célèbres à une princesse d’Allemagne (la princesse d’Anhalt-Dessan, nièce

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