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CHAPITRE IV

naTarre, Aragoa, Caatllle ei Portugal.

Jean d’Aragon, prince actif et habile, mais d’une ambition sans scrupules, avait épousé la reine de Navarre, dont il eut un fils, don Carlos, prince d© Viane. Le jeune prince devait, à la mort de sa mère, hériter de cette couronne. Son père la retint. Les partisans du fils prirent les armes, et furent battus à la journée d’Aïbar (1452). La guerre entre le père et le fils, deux fois apaisée, deux fois recommença, et cette lutte sacrilège ne se termina que par la mort du jeune prince, qui fut probablement empoisonné par son père (1461). Il avait deux sœurs : l’une. Blanche, épouse répudiée de Henri IV de Castille; l’autre, Léonore, comtesse de Foix. Don Carlos avait légué ses droits à la première. Elle n’eut que l’héritage de ses malheurs, et mourut au fond du château d’Orthez, d’un poison que sa sœur lui donna. Jean, puis Léonore, régnèrent alors en Navarre. Une petite-fille de Léonore porta en 1484 cette couronne dans la maison française d’Albret; mais un second fils de Jean d’Aragon, Ferdinand le Catholique, conquit la Navarre espagnole (1512) et la déclara en 1515 pour jamais réunie à ses États. La basse Navarre, au nord des Pyrénées, conserva ses rois particuliers jusqu’à Henri IV.

Ce Jean d’Aragon devint en 1458, par lamort d’Alphonse V, son frère, roi d’Aragon. Son règne fut troublé par des révoltes continuelles. Les Catalans, dont il violait les privilèges, épousèrent la querelle du prince de Viane, et après la mort du saint martyr^ plutôt que d’appartenir à Jean II, ils aimèrent mieux se donner au roi de Castille, qui refusa, mais se fît céder la ville d’Estella, en Navarre, puis à don Pèdre de Portugal, enfin à la maison d’Anjou. La mort prématurée de Jean de Calabre, fils du roi René, ruina leurs espérances. Après onze ans de guerre, ils se soumirent (1472). C’est pour trouver les moyens de résister à cette insurrection que Jean H avait engagé à la France la Cerdagne et le Roussillon contre un prêt de 350 000 écus d’or. Louis XI n’était pas homme à lâcher ce qu’il avait une fois saisi. Une tentative de Jean II pour recouvrer le Roussillon, en 1473, échoua. Il mourut en

1479, à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Son second fils, Ferdinand le Catholique, lui succéda.

En Castille, même spectacle ou pis encore. Henri IV, qui succéda en 1454 à son père Jean II, se rendit à la fois odieux et méprisable par sa prédilection pour Bertrand de la Cneva, favori cupide et lâche qui le déshonorait. Dès 1459 tes cortès exigèrent que le frère du roi, don Alphonse, fût reconnu pour son héritier. En 1465, les nobles prirent les armes et déposèrent le roi en effigie. On éleva une estrade dans la plaine d’Avila; on y plaça le simulacre de Henri avec le sceptre et la couronne, mais couvert d’un crêpe noir. Alors un héraut s’avança et lut à haute voix une longue énumération des crimes du monarque. A l’énoncé du premier, l’archevêque de Toulouse enleva la couronne ; au second, le comte de Placentia détacha l’épée de justice ; au troisième, le comte de Bénavent arracha le sceptre. A la fin, l’effigie royale fut jetée du trône à terre. Cette cérémonie étrange fut le signal d’une guerre civile, les principaux acteurs de cette scène ayant proclamé roi le frère de Henri IV, don Alphonse, qui n’avait que douze ans ; mais ce jeune prince mourut, après la bataille indécise de Médina del Campo, en 1467, et Henri IV consentit à reconnaître pour princesse des Asturies ou héritière, sa sœur Isabelle, au détriment de sa propre fille (1468). Une des clauses de la paix était qu’Isabelle ne pourrait se marier sans l’aveu du roi. Plusieurs princes, parmi lesquels le roi de Portugal et le duc de Guyenne, Charles, frère de Louis XI, sollicitèrent sa main. Isabelle leur préféra Ferdinand, fils aîné du roi d’Aragon, et l’épousa en secret à VaUadolid, sans attendre le consentement de Henri IV (1469). Il fut établi dans le contrat que le gouvernement de la Castille n’appartiendrait qu’à Isabelle.

Ce mariage ralluma la guerre civile. Le roi, cessant de désavouer sa fille Jeanne, qu’on appelait la Bertraneïa, la déclara son héritière, mais sans pouvoir lui assurer son héritage. Lorsqu’il mourut, en 1474, le roi de Portugal, Alphonse V, essaya de soutenir la cause de Jeanne : il fut battu à Toro, malgré l’appui du riche et puissant archevêque de Tolède, CayilJo d’Acunha (1476). Ce prélat, dont l’humeur inquiète

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