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CHAPITRE V

Divisions de l’Allemagne et de l’Italie. Les empereurs Frédéric III et Maximilien. — L’Italie dans la seconde moitié du quinzième siècle.

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On vient de voir en France, en Angleterre, en Espagne se former de vastes monarchies et de puissantes royautés. Les trois grandes nations de l’Occident réunies, chacune sous un chef national qui met à l’intérieur l’ordre et l’obéissance, sont donc prêtes pour l’action au dehors et vont en effet agir au delà de leurs frontières.

Au centre du continent européen deux pays s’obstinaient au contraire à vivre de la vie anarchique du moyen âge. Divisées, par conséquent faibles, l’Allemagne et l’Italie tenteront l’ambition de tous les conquérants, et‘*^verront l’une après l’autre accourir sur leur sol les armées européennes pour vider leurs querelles. L’Italie sera le premier •champ de bataille de l’Europe ; quand la victoire l’aura donnée à un des assaillants, l’Allemagne sera le second. Ces deux contrées payeront, par les maux d’invasions répétées, l’ambition et l’orgueil de leurs cités et de leurs princes.

En Allemagne, la maison d’Autriche venait de ressaisir, pour ne plus le perdre, le sceptre impérial. Mais ce n’était pas l’indolent Frédéric III qui était capable de rattacher au titre d’empereur un pouvoir sérieux. Pendant 53 ans de règne (1440-1493), il oublia l’Empire et ne s’occupa que d’agrandir ses domaines autrichiens, qu’il érigea en 1453 en archiduché. Les électeurs eurent beau le menacer de dé-

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chéance, il ne sorlit point de sa nonchalance systématique. Il laissa le duc de Bourgogne Philippe le Bon rompre le lien féodal qui attachait les Pays-Bas à l’Empire ; et, s’il trompa l’ambition du Téméraire en lui refusant le titre de roi, il fit peu d’efforts pour sauver Neuss et les Suisses, qui se sauvèrent tout seuls, la première par une résistance indomptable, les autres par trois victoires. En 1460, une guerre civile éclata dans l’Allemagne même. Frédéric se contenta d’en mettre l’auteur, l’électeur palatin, au ban de l’Empire; l’électeur répondit à cette sentence impuissante en ajoutant à son château d’Heidelberg une tour qu’il appela Trutz-Kayser (Nargue- Vempcreur), et qui mérita son nom. Une autre avait eu lieu, de 1449 à 1456, entre plusieurs princes et 72 villes. Plus de 200 villages avaient été brûlés de part et d’autre. Frédéric était resté simple spectateur de la lutte à laquelle les Suisses cependant avaient pris part.

Dans ses domaines, Frédéric III était plus actif, sans être plus heureux, quand il tirait l'épée. Son prédécesseur, Albert d’Autriche, avait laissé à son fils Ladislas le Posthume les couronnes de Bohême et de Hongrie, avec le duché d’Autriche. Frédéric retint le jeune roi, et quand les énergiques réclamations des Bohémiens et des Hongrois l’eurent obligé à les laisser Ubres, il garda du moins la couronne de saint Étienne, à laquelle semblait attachée, aux yeux des Hongrois, l’indépendance de leur pays. Mahomet II entrait à Constantinople, et, en 1456, il conduisait ses troupes victorieuses devant Belgrade, le dernier boulevard de la chrétienté. Il y avait alors un beau rôle à jouer ; Frédéric le laissa à Jean Huniade, « le chevalier blanc de Valachie. » Un franciscain, Jean Gapistran, amena au héros magyare 40 000 Allemands que ses prédications avaient entraînés. Huniade pénétra dans la place, et en fit lever le siège, mais mourut de ses blessures, léguant à son fils, Matthias Gorvin, sa gloire et sa popularité.

Deux ans après , Ladislas mourut. Frédéric se porta son héritier. Il échoua partout. Les Bohémiens élurent pour roi Podiébrad, les Hongrois Matthias Gorvin, et Frédéric dut partager l’archiduché d’Autriche avec son cousin Sigismond et son frère Albert. 11 essaya d’enlever leur part de vive force.

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