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L’EUROPE AU MILIEU DU QUINZIÈME SIÈCLE

goûts, des habitudes, et par les mille liens que nouent les relations fréquentes. A peine si les nations du Nord connaissaient de nom celles du Midi.

Cependant tous ces peuples étaient chrétiens et, sauf dans l’Église grecque, tous reconnaissaient l’autorité spirituelle des papes, comme successeurs de saint Pierre et vicaires de Jésus- Christ. Il semble donc que l’Europe, qui, au onzième siècle, avait couru à la croisade avec tant d’enthousiasme, alors que Constantinople était seulement menacée, devait, au milieu du ' quinzième, se lever tout entière contre l’islamisme qui, cette fois, s’établissait à demeure sur son propre sol. Il n’en fut rien pourtant, et c’est par l’examen attentif de sa situation politique que nous découvrirons les causes de son inaction et de son indifférence.

La France venait, par l’expulsion des Anglais (1453), de fonder sa nationalité d’une manière inébranlable ; il s’en fallait toutefois qu’elle eût aussi bien constitué son unité politique. Le domaine royal se trouvait de toutes parts gêné, comme l’autorité du roi, par les domaines ou par l’influence d’une féodalité nouvelle, due en grande partie à la funeste coutume des apanages. Mais Charles \'II, qui avait gagné le titre de Victorieux, allait mériter celui de Charles le Bien servi, grâce aux habiles ministres qui l’entourent, et qui, après avoir reconquis le royaume, veulent le réorganiser.

L’Angleterre, sous ün prince imbécile, le malheureux Henri VI, et une reine étrangère, Marguerite d’Anjou, voyait déjà s’accomplir des catastrophes qui annonçaient les terribles tragédies de la guerre des deux Roses. Le prince le plus populaire, le duc de Glocester, venait de périr d’une manière mystérieuse, et sans doute par l’ordre de la cour (1447).

L’Écosse était le théâtre d’une lutte acharnée entre les rois et leurs barons. Jacques I" avait été assassiné en 1437, par les grands. Pour briser leur ligue, Jacques II, à son tour, poignarda de sa main leur chef, William Douglas, mais le frère de la victime marchait contre le roi à la tête de 40000 hommes (1452), et Jacques III sera tué de sang-froid, après la bataille de Bannock-Burn (1488).

On comptait encore en Espagne cinq royaumes. Dans la

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