‹ Histoire des temps modernesChapitre 47 sur 311 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Résumé de la période précédente. — Expédition de Charles VIII en Italie (1494). — Louis XII (1498-1515). — Nouvelle conquête du Mila* nais par François I**^ (1515).

Ké«umé de la période précédente.

En étudiant l’histoire des grandes nations européennes, durant la seconde moitié du quinzième siècle, on a vu un fait général se produire et la société reprendre une forme de gouvernement qui s’était perdue depuis l’empire romain, le pouvoir absolu des rois. C’est le côté politique de la grande révolution qui s’opère, et qui va changer les arts, les sciences, les littératures, même, pour une moitié de l’Europe, les croyances^ en même temps qu’elle change les institutions.

L’inévitable conséquence de cette première transformation qui met les peuples, avec leurs richesses et leur force, à la disposition des rois, sera de donner à ceux-ci la tentation d’agrandir leurs États. Les grandes guerres européennes vont donc succéder aux guerres féodales, comme les rois ont succédé aux seigneurs.

Ces premières guerres européennes, dites guerres d’Italie, parce que la possession de cette contrée en fut l'occasion et le résultat principal, forment pour nous la seconde période des temps modernes.

La France était entrée la première dans le régime féodal, et avec ses rois si faibles et ses barons si fiers, avec ses châteaux innombrables et sa littérature toute chevaleresque, elle en avait été la plus brillante expression; elle fut aussi la première à en sortir pour revêtir une forme nouvelle et puissante. Louis XI, tout entier à sa grande bataille féodale, avait dit: « Les Génois se donnent à moi et moi je les donne au diable. » Mais la bataille gagnée, et tout réglé au dedans, il fallait bien regarder au dehors, ne fût-ce que pour tourner de ce côté l’açtivité des grands et les assouplir à l’obéissance politique, en les faisant passer par la discipline militaire.

Charles VIII, bien entendu, ne vit rien de tout cela. U eut l’instinct, non la réflexion de son rôle. L’action extérieure de la France était après Louis XI une nécessité. Son fils n’avait rien de ces hommes qui résistent aux circonstances et les dominent; il alla donc où elles le poussaient. Il aurait pu au moins choisir sa direction, et pour le malheur de la France, de l’Italie etde l’Europe, il prit la plus mauvaise.

Expédition de Charlco VIII en Italie (I4IM).

Louis XI s’était bien gardé de faire valoir les droits qu’il tenait de la maison d’Anjou sur le royaume de Naples. Charles VIII les tira de l’oubli pour aller frapper quelque grand coup d’épée au delà des monts. Les vieux politiques essayèrent en vain de l’en détourner. L’Italie d’ailleurs venait elle-même se jeter aux bras de la France. Ludovic, menacé par le roi de Naples, appelait Charles VIII; bien d’autres l’appelaient aussi, et le marquis de Saluces, et les barons napolitains,et Savonarole, et les cardinaux ennemis d’Alexandre. « Nobles esprits! Italie bien-aimée, s’écriait le poète Sannazar, quel vertige vous pousse à jeter le sang latin à d’odieuses nations? »

Cependant, eu égard à la situation de la France, le mo-

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