‹ Histoire des temps modernesChapitre 6 sur 311 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

jusqu’aux murs de Moscou, d’où ils furent repoussés par le canon. Rien donc n’annonçait encore la menaçante grandeur réservée à cet empire.

Mais déjà la Horde d’or se démembrait et, en se démembrant, s’affaiblissait; les petites principautés et les républiques disparaîtront promptement, dès que le grand-duc n’aura plus rien à craindre des Mongols. Cela aura lieu bientôt, sous Ivan III (1462-150à), cette grossière ébauche d’un autre barbare de génie , qui se nommera Pierre le Grand. Ivan va déjà prendre le titre de frère de César-Auguste, épouser une Paléologue, comme s’il voulait se porter l’héritier des empereurs de Constantinople, et se laisser appeler l’Étoile choisie de Dieu pour illuminer le monde.

En Prusse et en Livonie l’ordre Teutonique, vaincu par les Polonais, qui en 1435 lui avaient enlevé la Pomérellie, (Dantzick), était encore affaibli par l’insurrection des villes et de la noblesse de province qui avaient formé, en 1440, la ligue de Mariemverder. Cette ligue, malgré une excommunication du pape et un arrêt de l’empereur, refusait obéissance à l’ordre, qui, après avoir dominé jadis dans tout le nord de l’Europe, était maintenant en pleine décadence.

En Pologne, Casimir IV avait réuni, depuis 1444, la Lithuanie à la Pologne. Cette réunion, toute précaire qu’elle était encore, donnait cependant assez de force à la Pologne pour lui faire prendre le premier rang parmi les États slaves.

Au centre du continent, l’Allemagne, si forte par le nombre et l’esprit guerrier de ses habitants , était condamnée à l’impuissance par les vices de sa constitution. L’aristocratie féodale avait annulé à peu près complètement le pouvoir central, et le saint empire germanique n’était plu» qu’une agglomération anarchique d’États indépendants, juxtaposés mais non unis, dont le chef, sans pouvoir, sans armée, sans revenus, n’avait d’empereur que le nom : aussi c’est à grand peine que les électeurs trouvent quelqu’un pour accepter ce titre onéreux. Un membre de la maison de Habsbourg-Autriche, Frédéric de Styrie, élu en 1440, sur le refus du landgrave de Hesse, resta trois mois sans notifier son acceptation, et régna en duc d’Autriche, bien plutôt qu’en empereur. Cependant,

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