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L’EUROPE AU MILIEU DU QUINZIÈME SIÈCLE

de la Carniole et de la Garinthie, il pouvait entendre le bruit menaçant des progrès des Turcs dans la vallée du Danube. Mais, au lieu de s’unir fortement à l’héroïque défenseur de la Hongrie, Jean Huniade, il retenait le jeune roi de ce pays, liadislas VI, et ne le rendit que par force, en 1453. . .

Maître de l’Autriche, de la Hongrie et de la Bohême, Ladislas VI, fils du dernier empereur d’Allemagne, pouvait fonder une puissance qui serait devenue le boulevard de l’Europe contre les Turcs; mais la Bohême n’était pas remise encore de l’effroyable guerre des hussites. Les utraquîstes ‘ y formaient un parti puissant, qui avait imposé au prince une capitulation dont il s’indignait; et, en Hongrie, ce roi autrichien semblait, au milieu de la noblesse magyare, un prince étranger. Il était lui-même d’ailleurs incapable de suffire â la tâche qu’il eût dû remplir.

Les Turcs avaient été arrêtés dans la vaUée du Danube par six États chrétiens, dont trois au sud du fleuve, les royaum.es de Bulgarie, de Servie et de Bosnie, et trois autres au nord, les principautés de Moldavie et de Valachie, enfin, le royaume de Hongrie. Mais, en 1453, la Bulgarie était, depuis plus d’un demi-sièçle, conquise, la Servie était en grande partie domptée, et le krale n’avait pu sauver Belgrade, la clef de la vallée du Danube, qu’en la remettant aux Hongrois (1437); la Bosnie était déjà tributaire de Mahomet II, et depuis longtemps les sultans inscrivaient là Valachie sur la longue liste de leurs provinces. Les Moldaves avaient jusqu’à présent échappé au joug, et les Hongrois faisaient tête à l’orage, sous leur brave régent Jean Huniade, à qui allait succéder son fils, plus célèbre encore, Matthias Corvin. La Hongrie sera, au quinzième et au seizième siècle, ' contre les Turcs, ce que la Pologne avait été au treizième et au quatorzième contre les Mongols, le boulevard de la chrétienté.

Les Turcs étaient alors conduits par im de leurs plus glo-

4. On donnait ce nom à ceux qui avaient obtenu, en 44S3, des Pères du concile de Bâle, de pouvoir communier sous les deux espèces. On les nommait aussi Calixtins.

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