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CHAPITRE IX

SECOXDE ÉPOQUE DE LA RIVALITÉ DES MAISOIVS DE FRANCE ET D’AUTRICHE 5 INTERVENTION DE LA TURQUIE ET DE L’ANGLETERRE (1B29-1S47).

Nouveau système d’alliances de la France. — Charles-Quint devant Tunis et Alger; troisième guerre avec la France (1536-1538). — Quatrième guerre (1542-1544).

Koaveau ayatème d’allianeea de la Vranee.

La rivalité des maisons de France et de Bourgogne commencée au pont de Montereau en 1 4 1 9 , par l’assassinat de Jean sans Peur, avait sous Charles VI, Charles VII et Louis XI, fait courir de grands périls au royaume. La mort du Téméraire y mit fin. Mais sur le tronc brisé de la maison de Bourgogne s’était greffée une maison nouvelle, celle d’Autriche-Espagne. Tant qu'elle fut divisée et représentée par des enfants, nos rois purent s’aventurer dans la brillante mais dangereuse et inutile carrière des conquêtes lointaines : c’est le temps des premières expéditions dltalie (1494-1 5 16). Quand elle fut réunie aux mains de l’homme prudent et avisé qui voulut être un autre Charlemagne, une seconde lutte s’ouvrit. ^ La première nous avait valu la Bourgogne, la seconde nous coûta un titre, la suzeraineté sur la Flandre et l’Artois, et nous ferma l’Italie, pù la maison d’Autrich,e domina. Dès lors le royaume fut enceint, le long de sa frontière de terre, depuis l’Adour jusqu’à la Somme, d’un cercle de possessions ennemies, l’Espagne, l’Italie, la Franche-Comté, l’Allemagne et les Pays-Bas, réunies dans les mains de l’empereur. Pour briser ce cercle menaçant, il ne suffisait pas de l’épée de la France, qui s’était d’ailleurs ébréchée à Pavie, il fallait appe-

1er à l’aide tous ceux, (juels qu’ils fussent, que cette ambition impériale effrayait.

La défaite avait rendu à François I*' le service de diminuer en lui, sinon d’éteindre, son funeste penchant à imiter les prouesses des anciens chevaliers. Il comprenait maintenant qu’une bravoure de soldat ne suffit pas pour mener à bonne fin les affaires politiques; et il chercha, il prit des alliés sans regarder aux noms qu’ils portaient, le roi schismatique d’Angleterre, les protestants d’Allemagne, même, ce qui était alors bien autrement odieux, les Ottomans.

De l'Angleterre, François l" tira peu d’assistance . Henri VIII (1509-1547) avait pris pour devise: « Qui je défends est maître ; » se promettant bien de ne défendre personne jusqu’au bout. Il pouvait en effet tenir la balance égale entre les deux puissants rivaux qui se disputaient la suprématie de l’Europe. Mais ce prince voluptueux et sanguinaire, était trop asservi à ses passions pour suivre, sans dévier, un système constant et uniforme. Sous Louis XII, il avait pris part à la grande coalition contre la France. La victoire de Marignan excita son envie; après l’élection de Charles V, il parut pencher pour celui des deux adversaires qui ne portait qu’une couronne. Mais, à l’entrevue du camp du Drap d’or, François blessa sa vanité et perdit son alliance. En 1521 , il signa un traité avec Charles V, et quelques mois après déclarait la guerre à la France. François répondit à cette attaque par une alliance avec l’Ecosse et les révoltés d’Irlande. Une armée anglaise arriva, en 1523, jusque sur l’Oise. Après Pavie, Charles devenant trop puissant, Henri VII négocia avec la régente de France, et fit écrire au traité cette clause singulière, que Louise de Savoie ne consentirait à aucun démembrement de la France en faveur de Charles- Quint. Il comprenait que l’intégrité de ce royaume était la garantie de l’indépendance de l’Europe. François, sorti de captivité, confirma le traité fait par^ sa mère’; mais Henri, content d’avoir, en alarmant Charles-Quint, tiré François !«'■ de ses mains, rentra dans la neutralité, ne voulant pas ’ plus le triomphe de la France que celui de l’Autriche.

Une autre affaire attirait d’ailleurs, à ce moment, toute son attention, la question de son divorce avec sa première femme,

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