CHAPITRE IX
leurs bagages; les Français ne perdirent pas 200 hommes (1544).
Mais la France avait à combattre la moitié de l’Europe : au lieu d’envahir le Milanais, il fallut, après la glorieuse journée de Cérisoles, détacher de l’armée du Piémont 12000 hommes d’élite pour défendre la Picardie et la Champagne ; Henri VHI venait de débarquer. à Calais et assiégeait Boulogne. Charles- Quint était entré en Champagne et avait pris Saint-Dizier. Les impériaux arrivèrent à Château-Thierry, et l’alarme se répandit dans la capitale. Les Parisiens commençaient à émigrer avec leurs meubles sur Orléans. « Dieu, s’écriait François I", tu me fais payer cher cette couronne que je croyais avoir reçue de ta main comme un don. « Mais le camp ennemi était désolé par la disette et les maladies; les Anglais s’obstinaient devant Boulogne au lieu de rejoindre leurs alliés. Charles-Quint, pressé d’arrêter les progrès des luthériens en Allemagne, consentit à traiter.
La paix fut signée à Crespy. L’empereur et le roi se restituèrent mutuellement tout ce qu’ils avaient conquis l’un sur l’autre, François continuant d’occuper la Savoie et le Piémont ; Charles promettait en outre l’investiture du Milanais à un fils puîné du roi ; mais ce jeune prince mourut. Henri VHI, bien que resté seul, refusait de traiter. Il se décida enfin, en juin 1546, à poser les armes et à rendre Boulogne, moyennant 2 millions payables en huit années.
François I" survécut peu à ce dernier traité, il mourut le 31 mars 1547. Un acte odieux, le massacre des Yaudois, avait souillé ses dernières années. Son fils Henri U lui succéda.