‹ Histoire des temps modernesChapitre 78 sur 311 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Son corps repose dans la cathédrale de la Havane, et ce n’est que sur le mausolée de son fils à Séville qu’on lit ces deux vers :

A Castilla y à Leon

I^uevo mundo diô Colon.

La postérité a consacré une autre injustice, celle qui a donné à l’Amérique le nom du Florentin Amérigo Vespucci, qui, en 1497 ou 1499, toucha au continent et pubha la première relation répandue en Europe sur ces terres nouvelles

La route une fois trouvée, les découvertes se succèdent rapidement. En 1513, Balboa traverse l’isthme de Panama, aperçoit le premier le grand Océan, dont il prend possession au nom de la couronne d’Espagne, en entrant dans ses flots l’épée à la main. En 1518, Grijalva découvre le Mexique, et Fernand Cortez en commence presque aussitôt la conquête.

Le Mexique était depuis cent trente années le plus puissant État de l’Amérique par le nombre de ses habitants, leur courage et même leur civilisation. Cortez n’avait que 700 soldats, 18 chevaux et 10 pièces de campagne. Mais la supériorité des armes et de la discipline, l’audace et le sang-froid du chef, sa politique impitoyable, et plus que tout cela l’étonnement presque superstitieux des indigènes à la vue des hommes blancs qm portent le tonnerre dans leurs mains, rendaient inévitable la victoire des Espagnols. Parti de Cuba, Cortez aborde, au mois d’avril 1519, non loin de Tabasco, et longe le golfe jusqu’au lieu qui fut appelé Saint-Jean-d’Ulloa, et qui devint le port de la Vera-Cruz que Cortez y fonda. Alors il brûle ses vaisseaux pour ne laisser aux siens d’autre espérance que la victoire, et attaque d’abord l’aristocratique république de Tlascala. Il en épouvante les guerriers avec ses canons, et après avoir forcé 6000 d’entre eux à le suivre comme auxiliaires, il s’avance sur Mexico, la capitale de l’empire, qui, située sur

-1. M. de Humboldt prouve dans son Cosmos qu'Amerigo Vespucci, homme d’une haute sch-nce et d’une grande probité, n’a jamais cherché à donner son nom aux terres découvertes à l’ouest de l’Espagne ; comme Colomb, il est mort avec la conviction qu’il n’avait fait que toucher i la partie orientale de l’Asie et non à un nouveau monde.

un lac, défendue par plus de 300 000 habitants, n’était accessible que par une étroite chaussée. U se dit l’ami de Montézuma, entre à ce titre dans la ville, et, un jour, suivi de 50 Espagnols seulement, pénètre dans le palais de l’empereur, s’empare de sa personne, et TobUge à se reconnaître vassal et tributaire de Gharles-Quint (1519).

Le gouverneur de Cuba, Vélasquez, jaloux de ses succès, envoie contre lui une armée de plus de 1000 Espagnols. Cortès les gagne et triple ses forces. A ce moment éclate une patriotique révolte des Mexicains : Montéruma est tué en voulant apaiser le peuple, et les Espagnols sont chassés de Mexico ; mais la sanglante victoire d’Otumba les ramène sous les murs de cette ville, qu’ils prennent le 13 août 1521, et le nouvel empereur, Guatimozin, est placé, avec son premier ministre, sur des charbons ardents pour être contraint d’avouer où il a caché ses trésors. La douleur arrachait des plaintes au ministre : Et moi, dit Guatimozin, suis-je sur un lit de roses ? Gortez souilla sa gloire par ses cruautés. Dans la seule province de Panuco, 60 caciques ou chefs et 400 nobles furent brûlés. D’autres courses conduisirent Gortez jusqu’à la Californie. 11 eut le sort de Christophe Colomb ; des calomnies jalouses le rappelèrent en Espagne ; il fut dépouillé du commandement, et pour obtenir une audience, obligé de fendre la presse qui entourait le carrosse de l’empereur. En le voyant debout sur le marchepied de la portière, Gharles-Quint demanda quel était cet homme : < C’est, répondit Gortez, celui qui vous a donné plus d’États que vos pères ne vous ont laissé de villes . > Cette réponse acheva sa disgrâce ; il mourut dans le délaissement.

Pendant que Fernand Gortez soumettaitle Mexique, le Portugais Magellan, passé au service de Gharles-Quint, entreprenait de faire par mer le tour du globe et d’atteindre par l’ouest ces îles innombrables de l’océan Pacifique où les Portugais arrivaient par l’est, afin d’en disputer à ceux-ci la conquête. Il partit d’Espagne le 20 septembre 1519, découvrit, le 21 octobre 1520, le détroit qui porte son nom, entre l’Amérique méridionale et la Terre de Feu, traversa l’océan Pacifique et aborda, en mars 1521, aux Philippines. U périt dans

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