‹ Histoire des temps modernesChapitre 79 sur 311 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

un combat contrôles naturels de ces îles; mais son lieutenant, del Gano, acheva l’entreprise. L’escadre, continuant de cingler à, l’ouest, aborda aux îles Moluques, au grand étonnement des Portugais, qui ne pouvaient comprendre qu'elle fût arrivée à Tidor par la mer orientale, et elle rentra en Espagne en doublant le cap de Bonne -Espérance, 1 124 jours après qu’elleen était partie.

Au temps du prince Henri, les Portugais avaient obtenu du saint-siège la possession de tout ce qu’üs découvriraient: Colomb ayant trouvé l’Amérique, les Espagnols s’adressèrent au pape, qui divisa le globe entre les deux peuples par une ligne de marcation tracée à 270 lieues à l’ouest des Açores. Mais voici que la terre étant ronde, les deux nations se retrouvaient en présence dans l’autre hémisphère. On traça, à l'orient des Moluques, tme nouvelle ligne qu’on appela la démarcation (1522).

La conquête du Pérou fut beaucoup plus facile que celle du Mexique, les indigènes étant moins belliqueux. Un jour que les Espagnols de l’isthme de Panama pesaient des' parcelles d’or, un Indien renversa leurs balances en leur disant qu’à quatre soleils de marche, vers le midi,hls trouveraient un pays où l'or était si commun qu’on l’employait aux plus vils usages. Trois aventuriers, entendant ces paroles, Almagro, de Luque et Pizarre, se firent les chefs d’une nouvelle expédition. Un enfant trouvé, un maître d’école et un soldat de fortune se chargèrent de soumettre un empire de 500 lieues de long, et le soumirent en six ans (1529-1535). Au Pérou régnait la dynastie des Incas, qui se disaient les fils du soleil. Pizarre s’empara de Cuzco et, suivant l’exemple de Gortez, alla saisir le prince indien au milieu de sa cour, pour l’obliger à remplir d’or, pour sa rançon, une chambre de 22 pieds de haut, puis le fit étrangler. Pendant ce temps, un de ses officiers prenait Quito ; Almagro pénétrait dans le Chili. Mais le partage des richesses de l’Inca brouilla les associés. D’autres aventuriers, entre autres trois frères de Pizarre, accouraient d’Espagne et, pour multiplier les parts, compliquèrent les querelles. Guzco, la capitale des Incas, devint le théâtre d’une lutte* sanglante dont les Péruviens restèrent les spectateurs

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inertes. Almagro, fait prisonnier, eut la tête tranchée ; mais ses partisans assassinèrent Pizarre dans son palais, à Lima, qu’il avait fondée (1541). Ce ne fut qu’aprèsdes guerres longues et atroces, dans lesquelles périrent la plupart des conquérants, que le pays respira enfin, pacifié par Pedro de la Gasca (1546), et que l'autorité de la couronne s’établit fermement au Pérou et au Chili. En 1535, d’autres Espagnols avaient fondé Buénos-Ayres, à l’embouchure de la Plata, sur la côte opposée de l’Amérique du Sud.

Le Vénitien Jean Cabot, au service du roi anglais Henri VH, découvrit Terre-Neuve en 1497 ; son fils Sébastien, qui posa le problème, résolu seulement depuis quelques années, du passage du nord-ouest, reconnut la baie d’Hudson. En 1524, le Florentin Yerozzani prit possession de Terre-Neuve au nom de la France, et en \ 534 Jacques Cartier, de Saint- Malo, découvrit le Canada. Ainsi les deux peuples qui devaient se disputer avec tant d’acharnement l’Amérique du Nord y étaient arrivés au commencement du quinzième siècle, mais ne s’y établirent à demeure que vers la fin.

Les Portugais et les Espagnols ne suivirent pas le même système dans l’organisation de leurs colonies. L’empire portugais avait été fondé progressivement, par une succession d’efforts régubers ; il se composait d’ailleurs d’éléments épars, et présentait une longue chaîne de places fortes et de comptoirs, depuis Annobon, en Afrique, jusqu’à Tidor, dans l’Océanie. Il avait donc fallu armer le gouverneur général d’une autorité absolue. Aussi les premiers vice-rois, comme Albuquerque et Jean de Castro, réunissaient- ils dans leurs mains le pouvoir civil et le commandement des troupes. Cette omnipotence, née de la force des choses, inquiéta de bonne heure les rois de Portugal, qui crurent y remédier en renouvelant de fond en comble, tous les trois ans, leur administration coloniale. Les gouverneurs n’eurent plus dès lors qu’un souci, celui de faire rapidement fortune, au grand détriment des colonies. De là ime effrayante démoralisation qui envahit jusqu’à la métropole. Tout le monde se disputai les profits du commerce indien ; le roi, par des monopoldii^ui réservaient au gouvernement l’exploitation exclusive de certains produits

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