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CHAPITRE Xn

dialogues satiriques dans le genre de Lucien^ oü le clergé et les moines ont singulièrement à pâlir. Mais il a eu sur l’oi^anisation des études une influence dominante. C’est lui qui a fait triompher le système actuel de prononciation pour le grec ancien, et qui a banni de l’enseignement les formes lourdes et barbares de la scolastique. 11 s’attaquait aux imu veaux pé> dants comme aux anciens : dans son CiceroniamUy il tourne en dérision ces puristes si scrupuleux pour le mot et qui ne le sont jamais pour la pensée. 11 avait donné en 1516 la pre> mière édition grecque du Nouveau Testament.

Les Pays-Bas revendiquaient un autre personnage, l’Espagnol Yivès, qui professa à Louvain et à Bruges, et qu’on plaçait à côté de Budé et d’Érasme.

En Allemagne, la littérature du moyen âge continuait avec les écoles de Meistersànger, qui foisonnaient encore dans la Souabe et la Franconie. A Nuremberg, en 1558, il n’y avait pas moins de deux cent cinquante mmtres chanteurs, qui se réunissaient dans le chœur même de la cathédrale, à l’issuo du service divin. Le plus célèbre était le cordonnier Hans Sachs, qui écrivit 10 840 pièces de vers. Le Narrenschiff oulat. Barque des fous du Strasbourgeois Sébastien Brandt, et la continuation pa^ un de ses compatriotes, Thomas Mumer, eurent im immense et durable succès, qui toutefois n’a pu dépasser le seixième siècle. Malgré la fécondité d’Hans Sachs, cette littérature populaire se mourait. Le culte, au contraire, des lettres savantes s’étendait rapidement, et la Renaissance compta tm grand nombre de cicéroniens allenumds:Heuchlin, le maître de Melanchthon, qui introduisit en ce pays l’étude de l’hébreu, et fut le maître de Melanchthon; Hégius celxii d’Érasme; Geltès, Béatus Rhenanus,Dalberg, qui fonda â Heidelberg la première académie allemande et une bibliothèque demeurée jusqu’à la guerre de trente ans, la plus belle de l’Éurope; Hutten, l’auteur des Litteræ obscurorum vironm^ et le poète lauréat de l’empereur Maximilien ; une foule d’autres enfin qui, sans doute, auraient fait entrer l’Allemagne à pleines voiles dans le courant nouveau de la civilisation moderne, si un d’eux, Luther, n’avait déchaîné sur son pays les tempêtes théologiques qui arrêtèrent soudain l’élan des ^prits et

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amenèrent ce que les historiens ont appelé le siècle de fer de la littérature allemande.

renalMMAce ti«a arta.

Inférieure, et de beaucoup , aux anciens dans les lettres, l’Italie du seizième siècle les égala ou les surpassa dans les arts. L’architecture ogivale n’avait plus la sévère grandeur qu’on admire dans les monuments du treizième siècle. Au quinzième régnait le gothique flamboyant , les lignes architecturales se tordaient en mille replis. C’était éblouissant ; ce u’était ni simple ni grand. En France, on faisait eflbrt pour rejeter l’ancien style ; on le dénaturait ; on n’en avait pas trouvé un autre. Lltalie , où l’architecture ogivale n’arriva jamais à la perfection qu’elle atteignit au delà des monts, demanda de bonne heure des inspirations architectoniques à l’antiquité ; dès la fin du quatorzième siècle, on y fit des Umpks chrétiens pour lesquels on s’efforça de prendre aux Grecs l’exquise pureté de leurs lignes et aux artistes du moyen âge l’expression religieuse qu’ils avaient si bien trouvée.

Le Florentin Bnmelleschi * fut le vrai créateur de cette architecture nouvelle. Il tira de l’oubli les anciens ordres grecs, à l’ogive substitua l’arcade, et aux lignes tourmentées du gothique fleuri la ligne droite des temples grecs ou la courbe élégante du dôme romain. Sa coupole de la cathédrale de Florence précède d’un siècle celle de Michel-Ange à Saint- Pierre de Rome et est aussi grande. Ses élèves conservèrent au nouveau système, en face de l’ornementation recherchée des artistes vénitiens, la sobriété sévère que Bnmelleschi lui avait donnée. Mais ü était réservé à Bramante, oncle de Rapahël, de porter au dernier degré de perfection l’architecture de la Renaissance *. Le palais de la chancellerie et la cour du Yati-

4. Né en '1376, mort en 1444. On lui doit le palais Pitli, à Florence et le dôme de Santa Maria del Fiore, dont le diamètre intérieur a 434 pieds, un pied de plus que le dème de SainUPierre ; ceux du Panthéon et des Invalides à Paris n’en ont l’un que 62, l'autre que 76. Jacques Barozzio, né é Vignole, dans le Uodenais, et André Palladio, qui appartiennent an seizième siècle , sont plus fameux par leurs écrits théoriques que par leurs ouvrages.

2, Né à Castel-Durante, dans l’État d’Urbin, mort en 1614.

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