LISTE
De l'année 1688 k l'année 1835.
Clersilie et Pitel (de mars 1688 à mars 1693). Payant 300 liv, par an pour loyer de la salle et donnant le produit de deux représentations pour droit des pauvres. Ils jouaient l'opéra et la comédie, et firent de mauvaises affaires, puisque les jurais, pour les indenmiser de leurs pertes, leur accordèrent la remise d'une somme de 300 fr. dont ils étaient redevables pour loyer. La recette (de 1688 mars à 1689 mars) se montait, suivant une note de ces directeurs, à la somme de 46,400 liv.; les dépenses, à 43,600 liv. Ces recettes diminuèrent ensuite et les laissèrent endettés.
Jean Biliez et Jacques Roussel (1690). Ces deux directeurs jouaient l'opéra et faisaient concurrence à Clersilie et Pitel. Ils ne purent cependant tenir qu'une année, à la fin de laquelle ils s'associèrent avec la troupe d'opéra de Clersilie. Us payaient la salle de l'Arsenal à raison de 600 liv. par an et donnaient deux représentations et 20 liv. pour les pauvres. Ils partagèrent la destinée de Clersilie et quittèrent Bordeaux en novembre 1693.
Briolé (de mai 1698 à octobre 1699). Ne jouait que la comédie , payait 800 liv. de loyer et donnait une représentation pour les pauvres de l'hôpital Saint-André. Il fut obligé de prendre la fuite en abandonnant ses décorations. Les directeurs de cette époque traînaient toujours à leur suite l'attirail de la mise en scène et les emportaient quand il fallait céder la place à un nouveau confrère.
DE i30RDEAUX. 219
Sébastien Lopes (de mars 4701 à avril 1703). Directeur d'une troupe d'opéra, payant 700 liv. de loyer et donnant une représentation et 10 liv. pour les pauvres. (Mauvaises afiaires. )
Letouuneac (1705). Directeur pour la comédie seulement, payait de loyer 700 liv,, donnait deux représentations pour les pauvres. Il ne tint que de février à avril et prit la fuite.
Le théâtre est fermé jusqu'en 1720.
Barbarix (mai 1720). Ce directeur, qui faisait représenter l'opéra et la comédie, reconstruisit son théâtre brûlé au moyen d'une loterie et d'une somme de 25,000 fr. que lui donna le duc d'Orléans. Il louait sa salle aux directeurs de passage à raison de 15 liv. par jour. Ce fui le premier qui établit, pour le droit des pauvres, un droit fixe de 2 sous sur chaque billet d'entrée. Barbarin fut ruiné un peu plus tard.
Dachox (juin à novembre 1721). Directeur d'opéra, qui ne tint que cinq mois et donnait , pour droit des pauvres , 2 sous par billet.
Lafond (de mai 1724 à mai 1725). Opéra. — Payant 500 liv. par mois de loyer ; 2 sous par billet de droit des pauvres. Les jurats expulsèrent ce directeur parce qu'il tenait dans le théâtre une banque de jeux.
Co^iÉDiENs ITALIENS ET FP.AXçAis (1726 février à 1727 janvier). 500 liv. de loyer par mois, 2 sous par billet pour les pauvres. Quittent Bordeaux n'ayant pu obtenir des jurats la permission d'augmenter les prix des places.
Le théâtre est fermé jusqu'en 1735.
Demoiselle Dujardin (1735 à 1738). 300 Hv. de location par mois aux jurats, une représentation et 2 sous par billet de droit des pauvres. Cette directrice avait fait construire une salle dans le jardin de l'IIôtcl-de-Ville. (Voyez page '21 .) Elle devait l'occuper pendant trois ans; mais elle la céda au bout d'un an aux directeurs suivants, ne pouvant plus tenir elle-même. A cette époque (15 Juin 1735), les Jurats
exigèrent que la recette fût comptée tous les jours après la représentation, et que le greffier de l'Hôtel-de-Ville s'en fît rendre compte de quinzaine en quinzaine. Cette mesure était pour sauvegarder principalement les droits des pauvres.
Gherardi..
1736 \ Ces divers directeurs jouaient la comédie ; ils payaient de loyer 300 liv. par mois
MovLiN et) , f et 2 sous par billet pour les pauvres. C'est
Sérigny. . . . ] - l à propos de l'arrivée à Bordeaux de Moylin
[ et Sérigny que les jurats de Bordeaux
1737 l écrivaient à M. Ducormier, directeur à
LoiNViLLE. \ à Angers : Il ne nous faut ici que du choisi en [1739 / tout genre.
DucHEMiN (1739). Comédie. — Payait de loyer 600 liv. par mois pour l'été et 400 liv. pour l'hiver ; 2 sous par billet pour les pauvres. Ce directeur fit de mauvaises affaires quoiqu'il eût pris des arrangements avec Brémont, directeur de l'opéra de Toulouse, pour venir jouer à Bordeaux, tandis que lui-même irait jouer la comédie à Toulouse. Cet arrangement ne put les sauver d'un commun naufrage.
Brémont (1740), associé de Duchemin.
BocsiGNON, Archambaud, Sallefranque (1738 à 1740). Ces trois directeurs étaient l'architecte, le menuisier et le charpentier de la demoiselle Dujardin, qui leur céda la salle en paiement de ce qui leur était dû.
Francisque (1739 mai à 1740 juin). Opéra. — Payait 300 liv. de loyer par mois, 2 sous par billet pour les pauvres. Il ne tint que onze mois.
BoussELOT (1741, juillet à novembre). Comédie. — 300 liv. par mois de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres. Quitte Bordeaux au bout de quatre mois.
MoYLiN, Lesage, Brémont (1741 décembre à 1742 avril). 500 livres par mois de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres, jouant l'opéra et la comédie. Brémont, qui avait déjà échoué à Bordeaux , joint son opéra à leur troupe de comédiens.
Ils jouent alternativement ces deux genres sans pouvoir réussir à payer leur loyer.
Hébérard et LoiNviLLE (1743 à 1745 mai). Comédie et opéra. — 600 liv. de loyer par mois, 2 sous par billet pour les pauvres. Ces deux directeurs restent débiteurs de la ville et sont poursuivis.
Il paraît, d'après des lettres adressées par les jurats, sous la date des 5 et 10 octobre 1743, à.M="^ le comte d'Eu et à M. de.Tourny, que l'opéra de Bordeaux, à cette époque, était devenu U7i chaos de fraudes, d'abus et de misère, au point que les acteurs , u'dlaîit pas payes par le directeur, étaient hors d'état de satisfaire au paiement de leur logement et de leur nourriture. Les jurats, afin de remédier à ces désordres, demandèrent pour eux-mêmes le privilège qu'avait obtenu un certain Thuret, et ils réussirent dans leur demande. Pendant qu'ils réclamaient auprès du prince, un directeur de comédie, nommé Neveu, leur écrivit pour obtenir la permission de venir jouer à Bordeaux. Ces officiers municipaux, encore furieux de toutes les maltotes qui s'étaient glissées dans ces directions, lui firent sentir un peu durement , dans leur réponse , la disposition où ils se trouvaient de mettre un terme à des abus aussi scandaleux. «Monsieur, lui écrivirent-ils, nous avons reçu votre » lettre et vous devez en avoir reçu une de notre part, qui » vous a informé que vous ne deviez point compter sur » notre salle de spectacle. Les raisons qui nous ont déter- » miné à en accorder la préférence aux sieurs Loinville et » Hébérard, n'ont été fondées que sur les avis certains qui » nous sont venus, que votre troupe ne valait rien, et que » vous étiez hors d'état d'en former une bonne, telle qu'il » la faut pour la ville de Bordeaux, n'ayant ni argent ni » crédit. Pour nous mieux assurer du fait, nous écrivîmes, » il y a deux mois environ, à M. le marquis de Menou, » connnandant à Nantes, qui nous a fait l'honneur de nous » répondre que vous vous y êtes très-mal comporté; ijuc
» le public était très-mécontent, et qu'enfin vous aviez été » forcé de déloger sans tambour ni trompette.
» Après un certificat aussi authentique et aussi respec- » table, nous n'avons pas balancé à nous déterminer en » faveur des directeurs de notre opéra (Loinville et Hébé- » rard), qui, par les mesures qu'ils ont déjà prises, nous » procureront, pour l'été prochain, une comédie dont le » public aura tout heu d'être satisfait. Ainsi, voyez à vous » pourvoir ailleurs.
» Nous sommes, etc. »
Un peu plus tard, les jurats écrivirent à M. de Tourny, concernant Loinville et Hébérard :
« Il n'y a effectivement. Monsieur, que de très-mauvaises » intentions de la part de ces particuliers, qui ne cherchent » qu'à continuer à tromper la ville et le public, sans s'em- » barrasser de remplir leurs obligations. »
Ces messieurs proposaient de se charger de tous les frais, à condition qu'on leur laisserait prendre le quart de la recette, à quoi les jurats ne voulurent point consentir. Hus frères (1747 à 1748, mars à septembre). Comédie. — 600 liv. par mois de loyer, 2 sous de droit des pauvres. A propos de ces directeurs, les jurats de Bordeaux écrivaient aux capitouls de Toulouse, sous la date du 22 juillet 1748 :
« Les frères Hus nous ont remis la lettre que vous nous » avez fait l'honneur de nous écrire. Les temps, qui ne sont » pas heureux, nous laissent lieu de croire qu'ils pourraient » bien être longtemps dans les fers de leurs créanciers. » Nous étions faits à n'avoir point de spectacle, et peut- » être qu'ils n'auraient pas plus mal fait de rester chez » vous. »
La même année, ils furent poursuivis par les jurats pour loyer de la salle.
Angélique Destouche (1748 mars à 1750 août). 400 liv. par mois de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres. Cette
directrice fit jouer l'opéra et la comédie jusque vers la fin d'août, et se retira par suite de mauvaises afl'aires.
Marc-Antoine Turuier (1749 à 1750). Opéra. — 600 liv. par mois de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres. Il joua jusqu'à la fin de 1750. Sa troupe était mauvaise, et il dut céder la place à son successeur, qui avait le privilège de la comédie et de l'opéra.
Petit de Boulard, Hébérard et Larichardière (1752 février à 1753 septembre). 12,000 liv. par an de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres. Comédie et opéra. — Ce Petit de Boulard avait un privilège pour douze années; mais sa mauvaise gestion le fit révoquer, et il se retira débiteur insolvable de la ville. Son privilège fut accordé au suivant, recommandé et cautionné par les jurats.
Cavétan-Camagne (1754). 600 liv. par mois, d'octobre à Pâques, et 400 liv. de Pâques à septembre inclusivement; 2 sous par billet pour les pauvres. Ce directeur avait le privilège de l'opéra. On trouve à ce sujet, dans la correspondance des jurats, que ces magistrats regardaient la réunion des deux privilèges , opéra et comédie, comme une cause de ruine pour les directeurs.
Prin (1754 à 1755, juillet). Comédie et opéra. — 12,000 liv. par an de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres. La recette brute de ce directeur, de juillet 1754 à juillet 1755, se monte au chiffre de 55,425 liv., somme insuffisante pour faire face à la dépense et surtout aux poursuites des nombreux et anciens créanciers de Prin.
Petit de Boulard (1755). 800 liv. de loyer par mois, 2 sous par billet pour les pauvres. Ce directeur, que uous avons déjà vu figurer en 1752, reparaît avec un nouveau privilège exclusif pour les deux genres. Il se retire débiteur de la ville d'une somme de 7,500 liv.
Hébérard (1759, janvier à octobre). 1,000 liv. par mois, 2 sous par billet et deux représentations pour les pauvres. Hébérard, déjà bien connu par de mauvaises affaires, avait
encore obtenu un privilège exclusif d'un an pour l'opéra. Il ne fit qu'ajouter quelques milliers de francs à ce qu'il devait déjà.
DuPLESSY (HTO), 600 liv. par mois, 2 sous par billet et deux représentations poar les pauvres. Opéra et comédie. — Privilège exclusif pour un an. (Mauvaises affaires.)
Emilie et Belmont (1760 à 1772). 5,000 liv. par an, 'l,2001iv. et deux représentations chaque année pour les pauvres. Privilège exclusif des spectacles de Bordeaux, accordé pour neuf ans au sieur Belmont, par le maréchal de Richelieu, à la charge, outre le loyer de la salle, de payer annuellement une somme de 1,200 hv. pour l'hôpital Saint-Louis (hôpital des Enfants-Trouvés), et deux représentations annuelles pour les pauvres de l'hôpital Saint-André. Les hôpitaux n'eurent pas lieu de s'applaudir de cette mesure, puisque les 2 sous par billet qu'on venait de supprimer donnaient à ces établissements, année moyenne, la somme de 6,000 liv.; mais les actionnaires, dont faisait partie le maréchal de Richelieu, trouvaient un bénéfice dans ce changement. Néanmoins, cette mesure ne put se soutenir. (Voyez Note Q.) La recette brute, de 1760 à 1762, mois d'avril, se montait à la somme de 260,000 liv., et cependant les actionnaires se plaignaient.
Belmont (1774 à 1780). Salle du Grand-Théâtre. — Le 3 avril 1780, MM. Laraolère-Feuillas, Carcy et Gradis, actionnaires, prirent la direction, en payant à la ville 56,000 liv. par an pour loyer de la salle du Grand-Théâtre, et en rétablissant les 2 sous par billet pour droit des pauvres. Belmont devint régisseur de l'entreprise, au nom des nouveaux actionnaires. Les affaires ne furent pas très-'brillantes si nous nous en rapportons au résultat annuel de cette entreprise, du 7 avril 1780 au 7 avril 1781, savoir :
Dépenses 514,455 liv. 8 s. 7 den.
Recettes 450,674 liv. 16 s. 3 den.
Excédant de la dépense.... 63,780 liv. 12 s. 4 den.
Hus, Gaillard et Doufeuil (1781 à 1783). 56,000 liv. par an de location, 2 sous par billet pour les pauvres. Les actionnaires, dégoûtés par les pertes qu'ils avaient faites, firent cession de leurs privilèges à IIus, Gaillard et Dorfeuil, moyennant 600,000 fr. de cautionnement; ceux-ci se retirèrent avec une perte de 42,931 liv., et rétrocédèrent leur privilège aux suivants.
Albert de La Jaubertie, Loreille et Lanauve (1783, novembre). 56,000 liv. de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres; 600,000 liv. de remboursement, plus 80,000 liv. de faux frais et 120,000 liv. à chacun des trois cessionnaires, à titre d'indemnité. Les deux associés d'Albert de La Jaubertie, voyant, au mois de janvier 1781, qu'ils ne pourraient jamais remplir de semblables engagements, se retirèrent en cédant tous leurs droits à Albert de La Jaubertie. Celui-ci ne put réaliser les fonds nécessaires ; il s'associa les suivants :
Albert de La Jaubertie , Soulé de Bezins , de Valsarv , Laroque (1784 février à 1788). 56,000 liv. de loyer, 2 sous par personne pour les pauvres , et toutes les autres charges précédentes. Cette nouvelle société ne put faire honneur à ses engagements. Cependant , Albert de La Jaubertie conserva son privilège de trente années jusqu'à l'époque républicaine, où son privilège, ainsi que celui des actionnaires, fut révoqué. Il réclama plus tard (1809 et 1810), de l'État, le remboursement d'une somme de 200,000 fr. dont il avait fait le dépôt lors de sa direction. Le domaine lui réclama à son tour, pour arrérages de loyer, une somme de 169,849 fr. 02 c, et enfin, déduction faite de cette somme sur celle de 200,000 fr. et des intérêts, on paya à cet ex-directeur une soixantaine de mille francs pour solde de tout compte.
Galliot, Duprat, Fierville (régie). On a vu les embarras inextricables dans lesquels se trouvait Albert de La Jaubertie de 1784 à 1788. Le Gouvci'iiemenl, pour remédier
ib
2iG UISTOÎUÎ-: DES THÉATRKS
aux abus ou à l'incapacilé qui avaient toujours, jusque-là, été mêlés aux entreprises théâtrales, fit paraître un arrêt ( 5 janvier 1788) qui mettait l'entreprise en régie et nommait les sieurs Gallyot, Duprat et Fierville, tous trois employés au théâtre, le second comme caissier et les deux autres comme artistes, pour gérer la nouvelle entreprise. Le loyer de la salle étant toujours de 56,000 liv. et le droit des pauvres de 2 sous par billet, cette régie ne put durer que six mois, laissant pour compte de la ville le loyer de la salle.
ROBINEAU DE BeALNOIR et CoLlNEAU DE CoLDAINE (1788, juiu),
par transaction du 12 avril 1789, acquirent du sieur de La Jaubertie son privilège, dont la durée fut encore augmentée de cinq autres années et portée à trente-cinq ans, moyennant la promesse d'une somme de 552,288 livres 6 sous 8 deniers, payable au bout de deux mois. Non seulement ces nouveaux aventuriers ne purent solder leur promesse ; mais ils furent obligés de se retirer au bout d'un peu moins d'un an, avec 59,398 liv. 6 sous de dettes, dans lesquelles la ville, ainsi que cela lui arrivait assez souvent alors, se trouvait intéressée pour le loyer de la salle (56,000 livres.)
Régie PRovisoir.E par les Comédiens (1789). 56,000 livres de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres. Cette régie, instituée par les jurats, fonctionna pendant quatre mois et se retira laissant 31,408 liv. 6 sous 9 deniers de déficit.
BLANCHAno et Leguos (1789, août). 2 sous par billet pour les ' pauvres. On passa à ces deux directeurs un bail pour quinze années, à condition qu'ils paieraient 80,000 livres par an (voyez page 149). Nouvelle impuissance I Le terme de dix mois fut le signal de la retraite des deux directeurs.
Régie par les Comédiens. Gallyot, régisseur, et Pacher, contrôleur (1790 à 1791, juillet). Cette régie se traîna péniblement jusqu'en juillet 1791. A cette époque, rentreprisc des théâtres fut confiée aux fermiers Hls, Malo et Rozi-
1)K HORhKAl'X. 2'27
Lescoure, puis rétablie on iiiio sorte de régie administrative, et enfin cédée ù Dorfcuil, la ville se trouvant encore perdre le loyer de la salle.
Dop.FEuiL (1792 à 1793). 56,000 liv. de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres.
En vertu de la loi du 24 août 1793, le Grand-Théâtre fut réuni au domaine national, et la régie du domaine substituée à la commune, pour la perception des revenus du Grand-Théâtre. Le 6 décembre 1793, la salle du Grand- Théâtre fut fermée par arrêté des représentants du peuple en séance à Bordeaux. Le domaine n'eut pas lieu de se féhciter de ce surcroît de revenu, puisque, d'après les recherches faites dans les comptes des divers receveurs de la ville, il résulte que, du 12 août 1793 jusqu'en 1808, aucun paiement de loyers ne s'était fait. Quant au directeur Dorfcuil, entaché du soupçon d'aristocratie, il fut emprisonné avec toute la troupe du Grand-Théâtre, puis élargi, et mourut deux ans après.
Brochard (1793, novembre), 56,000 livres de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres. Les mêmes représentants qui avaient emprisonné et destitué Dorfcuil avaient en même temps désigné l'acteur Brochard , qui jouait à Molière, pour le remplacer. Dans cet intervalle, Albert de La Jaubertie avait adressé aux représentants une pétition à l'effet de rentrer dans la jouissance du Grand-Théâtre. Brochard, de son côté, réclamait une indemnité s'il était obligé de quitter; Henri ITus, Malo et Bozu-Lcscoure voulaient que l'on reconnût et que l'on confirmât le bail ou la cession qu'ils avaient faite à Dorfeuil. Les représentants reconnurent, en effet, les droits d'Albert de La Jaubertie et la cession faite à Dorfeuil ; ils déboutèrent Brochard de sa réclamation, et continuèrent à la veuve Dorfeuil la direction du Grand-Théâtre.
Vel've DoivFEuiL (an III). 56,000 liv. de loyer, 2 sous par billet pour les pauvres. Le Grand-Théâtre, sous cette di-
rection et sous la suivante, devint un bouge où la passion effrénée du jeu et de la débauche amenaient chaque soir une foule de spadassins, de femmes perdues et d'escrocs. La veuve Dorfeuil, poursuivie par la clameur publique, fut obligée de résilier son bail. Nous la retrouvons, un an plus tard, tenant un tripot clandestin dans l'un des faubourgs de la ville.
Suzanne Lattapy et Maignol (an IV, prairial). 56,000 liv, de loyer, le décime et le quart pour les pauvres (1). Par acte sous seing-privé, du '!<"' frimaire an IV, elle fut subrogée au bail du Grand-Théâtre et de celui des Variétés, et par acte passé devant Troupenat, notaire, le 2 prairial an IV, elle devin tcessionnaire du citoyen La Jaubertie, moyennant la somme de 23,500 hvrcs.
La direction de la femme Lattapy doit être considérée comme l'âge d'or des duellistes et des chevaliers d'industrie. C'étaient de continuelles querelles, des orgies nocturnes, des meiu'tres, des attentats contre la propriété, des filouteries de tout genre auxquelles se trouvaient souvent mêlés des fils et des pères de famille que la mode ou les passions entraînaient. Les Duclos, les Lambert et une foule d'autres énergumènes de cette époque, tous bien connus à Bordeaux, passaient ainsi leur vie dans une lutte incessante contre les lois et la société. Lattapy eut de fréquents démêlés avec la pohce, dans laquelle, cependant, elle comptait des affiliés; ne remplissant, d'ailleurs, aucun de ses engagements. Poursuivie par la régie pour 56,000 livres de loyer, par les artistes pour une somme à peu près égale, condamnée à réparer à ses frais la salle du théâtre, qu'elle avait laissée se détériorer, elle se vit contrainte de renoncer à son bail,
(1) La loi du 7 frimaires an V établit la perception d'un décime en sus du prix de chaque billet pour les pauvres. La loi du 8 thermidor an V décida qu'il serait prélevé un quart de la recette brute de tous les bals, concerts, feux d'artitice, courses, etc., au profit des indigents.
DE BOUDEAUX. 220
Gallet (an "VIII ). 56,000 fr. de loyer, le décime et le quart pour les pauvres. Le bail deGallet n'était que pour un an. Ce directeur, qui n'était qu'un pis aller, ne fit pas de brillantes affaires, si nous en jugeons d'après la recette de l'an VIII faite au Grand-Théâtre, y compris les abonnements. Nous voulons parler ici du monlant de la recette principale au profit de l'entreprise. Nous donnons, par la même occasion, les recettes des divers autres genres de spectacle :
Sur lesquelles les hotpires et RECETTES DE l'aN VUI. les bureaux de bienfaisance ont
pûr»;u le décime et le quart, se montant à :
Grand-Théâtre 189,453^35'^ 21,409'' 06"=
Théâtre-Molière 2,612 30 306 65
Théâtre de l'Union . . . 185,462 28 19,114 04
Théâtre du Lycée . . . 133,680 20 14,552 99
Cirque 9,690 84 2,614 91
Course de taureaux. . . 2,733 76 532 54 Bals, concerts: 132 bals ou concerts
ont donné aux pauvres 7,462 88
Compagnie Tanays (an IX, 17 frimaire). 30,000 fr. de loyer par an ; bail pour quatorze années. Le gouvernement consulaire avait mis fin au privilège d'Albert de La Jaubertie (3 brumaire an IX) (1). Ce fut le préfet Dubois qui, au nom du Gouvernement, passa un bail à ferme à cette compagnie, qui venait, à ses frais, d'élever un nouveau théâtre (Théâtre des Variétés;. La compagnie Tanays se composait de négociants. C'étaient MM. Bruno-Lafitte, Thèze, Bardon, Jean-Jacques Meillan, Jean-Baptiste Tanays, Lafitte aîné, Jean Dubos, Salanche, Gassies, Dauberval, Barrié, Bapste, Jean-Baptiste Muller, Coustaud. Ils avaient à leur charge, outre le bail de 30,000 fr., le ti'aitement de
(1) Extrait du Registre des délibérations des Consuls de la République :
Art. 1". — La concession fuite par les arrêts du conseil des 24 janvier
1772, 28 janvier 1780, 29 juillet 1781 et 18 juin 1781 est révoquée.
l'architecte, fixé à la somme de 600 fr. par an, et le traitement du concierge, fixé à 1,000 fr. La salle leur fut remise réparée à neuf, et ils ne restèrent plus chargés que de l'entretenir en bon état. Cette compagnie échoua comme tant d'autres. Veut-on connaître la recette exacte du Grand-Théâtre sous sa direction? La voici. Cette recette, quoique supérieure à celle de l'an VIII, ne put suffire à couvrir les frais :
Recette du Grand-Théâtre en l'an IX. . . . 217,534^ 20*' A défalquer pour droit des pauvres .... 24,361 94
Reste 193,172^260
Le Théâtre-Français, qui venait de s'ouvrir, lui apporta , le droit des pauvres prélevés, une recette de 99,798 88
Total 292,971 f14«
Il fallut succomber, et la compagnie Tanays se retira débitrice du trésor public.
RoBiNEAU DE Beaunoir (1802). 30,000 fr. de loyer par an, le décime et le quart pour les pauvres. Sous-fermier de la compagnie, Tanays est obligé de se retirer. La recette du Grand-Théâtre, les droits des pauvres non payés, se montait à 260,306 fr. 25 c. Les divers théâtres secondaires, tels que celui de l'Union, du Lycée et de la Gaîté, faisaient alors une rude concurrence au Grand-Théâtre.
Prat (1804 à 1808). 30,000 fr. de loyer, le décime et le quart pour les pauvres. Par un arrêté des consuls, du 30 frimaire an XII (22 décembre 1803), les hospices de la ville de Bordeaux acquirent la jouissance provisoire du Grand-Théâtre, et une seconde loi du 8 ventôse an XII (28 février 1804) leur en attribua définitivement la propriété en remplacement des biens qui avaient été aliénés à leur préjudice. Enfin, par l'effet du décret du 2 février 1808, la ville est entrée en jouissance de cet édifice à titre
de bail emphytéotique, dont ladurre est fixée à 09 ans, sauf à payer annuellement une somme de 28,000 tV. aux hospices. Ce fut d'abord avec la compagnie Tanays que Prat passa un traité. Le Grand-Théâtre lui était porté pour une somme de 30,000 fr. et le Théâtre-Français pour une autre de 22,000 fr. 11 y joignit le Théâtre-Molière.
Le bail de Prat devait se terminer le 21 avril 1809 , mais ce directeur, dès le commencement de l'année 1806, comptait déjà un déficit de 45,378 fr. Il n'attendit pas la fin de son bail et en fit cession à Bojolay le 7 mars 1808. (Voir plus haut ce que nous en avons dit , page 191.)
CoRTAv, dit BojOLAv, du 21 avril 1809 au 20 avril 1814. 30,000 fr. de loyer , droit des pauvres. Second bail : du 21 avril 1814 au 20 avril 1820, 10,000 fr. de loyer, dépôt au Mont-de-Piété d'une somme de 18,000 fr., cautionnement en immeubles, etc. Il fut depuis stipulé que le prix du loyer, qui en 1818 était de 30,000 fr., serait réduit à 12,000 fr., de même qu'avant cette époque, et pendant la durée de la guerre avec l'Anglais, il avait été élevé à 22,000 fr. (Voir pages 192 et suivantes.) Bojolay fit dans sa direction de fort bonnes affaires et se relira à l'expiration de son bail.
FAr.GEOT, du 21 avril 1820 au 21 janvier 1821. Le bail de ce directeur devait durer jusqu'au 20 mars 1827. On lui imposa 30,000 fr. de location, 40,000 fr. de cautionnement dont 20,000 en immeubles et 20,000 fr. en numéraire; le 21 janvier 1821 , Fargeot cessait ses paiements, et le 24 il était déclaré en faillite.
CoRTAV, dit BojoLAv, du 21 avril 1821 au 14 mars 1822, failli. (Voyez ce que nous en disons page 208.)
FoLT.És, du 21 avril 1822 au 8 août 1823, avait, par bail du 20 avril 1822, obtenu de la ville , pour deux ans, la direction de nos théâtres, à la charge d'une société en commandite de 100,000 fr., plus un cautionnement de 20,000 fr. en immeubles, pour garantir les chances de l'entreprise.
Dans l'espace de seize mois, les 100,000 fr. de la commaudite se trouvaient presque absorbés par les pertes. La mort de Fourés, qui survint (8 août 1823], compliqua encore les mauvaises aîTaires.
Andrieu (gestion du "21 avril 1822 au 20 avril 1824). La ville, se trouvant dans la nécessité de donner suite à cette direction, nomma gérant de l'entreprise M. Andrieu, qui en avait été le caissier ; elle lui fit même l'avance, en deux fois, d'une somme de 32,000 fr., ce qui n'empêcha point qu'en dépit de toute l'habileté de ce nouveau gérant, le déficit, au bout de deux années de gestion, ne se montât à 144,836 fr. 93 c. , lequel déficit fut comblé par les 100,000 fr. de la commandite et 44,836 fr. 93 c. donnés par la ville.
Prat (du 21 avril 1824 au 20 avril 1827). Cette direction, comme le fait remarquer M. Andrieu dans un de ses rapports, trouva, à son entrée en fonctions, l'ordre établi dans les dépenses, les deux répertoires rajeunis, toutes les ressources que lui offraient les décors et costumes que lui avait légués son prédécesseur, de même qu'elle put profiter des artistes qu'on avait déjà disposés à s'engager. On peut ajouter à ces avantages ceux que lui fit la municipalité en l'exemptant de toute redevance pour le loyer de la salle, en se contentant d'une commandite de 75,000 fr. au lieu de 100,000 fr. que portait son bail, et en le favorisant d'un prêt de 20,000 fr., qui devaient l'aider à couvrir ses pertes. Prat se retira, au terme de son bail, avec un bénéfice de 54,000 fr.
Baignol (du 21 avril 1827 au 23 février 1829). 15,000 fr. de subvention, exempté du loyer, 30,000 fr. de cautionnement. Sous sa direction eut lieu la réouverture du Théâtre- Molière. Moutano, Taglioni, M"^ Mars, Lafont, Ponchard, Dérivis, donnèrent des représentations fort coûteuses sur notre scène. Nous avons déjà dit ce qu'en pensait Baignol; nous (levons ajouter que ce directeur dépensa, d'après son
DE BORDEALX. 233
projire aveu, 50,000 fr. de plus que ses prédécesseurs à toutes les améliorations qu'il voulut introduire. La seule restauration de Molière et les frais de premier établissement montèrent à 36,000 fr. ; les décors de la Muette de Portici et de la Somnambule se montèrent à près de 20,000 fr., etc. Baignol fut déclaré en faillite le 23 février 1829.
Constant, gérant provisoire pour la ville (du 26 février au 20 avril 1829). Cette gestion ne dura que 34 jours à peu près et fut terminée, du 1'^'' avril au 20 avril, par M. Pratviel, auquel il fut accordé pour cela une allocation de 32,000 fr.
Pp.atviel (du 21 avril 1829 au 20 novembre 1830). Par délibération du 24 mars 1829, le maire fut autorisé à traiter, au nom de la ville, avec le sieur Pratviel, pour l'exploitation, aux risques et périls de celui-ci, des théâtres de la ville de Bordeaux, à compter du 21 avril 1829 jusqu'au 20 avril 1834. Il fut accordé à ce directeur, ainsi que nous venons de le dire plus haut, une indemnité de '32,000 fr. pour balancer la différence qui pouvait exister entre les recettes et les dépenses, à compter du 21 février au 20 avril 1829, à la charge que si cette différence n'atteignait pas le chiffre de 32,000 fr., il devrait rembourser à la ville la moitié de la somme qui formerait cette différence, et que si cette différence excédait 32,000 fr., une moitié de cet excédant devrait être supportée par le sieur Pratviel. On lui accorda, de plus, 12,000 fr. par an, et pendant cinq ans, jusqu'au 20 avril 1834; le tout à la condition de fournir une commandite de 100,000 fr. et 10,000 fr. de cautionnement.
Par une lettre du 7 novembre 1830, le directeur Pratviel fit connaître au maire les pertes éprouvées par son entreprise et l'impossibilité où il se trouvait de la continuer jusqu'à l'expiration de l'année théâtrale si la ville ne venait pas à son secours, les 100,000 fr. de la commandite et ses
propres ressources étant épuisées, sou passif se montant à 106, loi fr. 46 G., son actif à la somme de 108,656 f. 65 c. en comprenant les recettes et dépenses jusqu'au 20 du présent mois.
Le maire, d'après l'avis du Conseil municipal, fit la remise à Pratviel de la somme de 10,000 fr., représentée par son cautionnement, après que ce directeur se fut obligé à acquitter toutes les dépenses faites et à faire jusqu'au 20 du présent mois, à souscrire à la résiliation de son bail à compter du 21 avril 1831, et à la diminution de son traitement, qui fut réduit à 600 fr. par mois à compter du 21 novembre. Le 12 décembre 1830, ce directeur fit cession de son entreprise à MM. Gausseran et Tournier.
Gaussep.an et Tourmer. 30,000 fr. de subvention par an. Sur ces 30,000 fr., ils devaient recevoir 10,000 fr. à leur entrée en fonctions, 5,000 fr. le 21 décembre et 5,000 fr. le 21 des trois mois suivants. Ces directeurs devaient fournir un cautionnement de 15,000 fr. Au bout d'un peu moins de trois mois, effrayés des pertes qu'ils avaient déjà éprouvées et de celles qu'ils prévoyaient encore, ils écrivirent à M. le Maire de vouloir bien résilier leur bail, ce qui eut lieu le 20 février 1831. Leur cautionnement leur fut rendu moyennant la ces.sion qu'ils firent du mobilier du Tbéâtre des Variétés et l'engagement qu'ils prirent de solder toutes les dettes de leur direction.
Du 21 novembre 1830 au 20 février 1831, avec une dépense mensuelle de 52,000 fr., ces directeurs ne faisaient pas de recettes au-delà de 33,000 fr. par mois.
Constant; artistes en société (du 21 février 1831 au 20 avril 1831, et du 21 avril 1831 au 20 avril 1832). 20,000 fr. furent accordés comme subvention jusqu'au 20 avril 1831. Un traité fut ensuite passé avec Constant : 6,000 fr. de traitement, 8,000 fr. d'allocation et une représentation à son bénéfice lui furent accordés. Puis, par bail du 31 mars 1831, Constant fut nommé directeur pour trois an-
nées, avec 90,000 i'v. de subvention pour la première année et 87,000 fr. pour chacune des deux autres, payables par douzième, le 20 de chaque mois ; 12,000 fr. d'appointements , 3,000 fr. d'installation , son logement au théâtre, chauffage et éclairage compris.
De son côté, ce directeur devait se soumettre à fournir une inscription immobilière de 30,000 fr. Une commandite de 50,000 fr. se forma, dans laquelle ce directeur entra pour un cinquième.
Le 21 avril 1832, Constant se vit dans l'impossibilité de poursuivre, et, renonçant aux 87,000 fr. qu'il devait recevoir pour la deuxième année de son exploitation , il proposa à la ville, qui le lui accorda, de faire cession de son bail en faveur de M. Solomé. Par suite, l'inscription dont se trouvaient grevées les propriétés de Constant se trouva radiée.
Solomé (du 21 avril 1832 au 20 avril 1834), Solomé succéda à Constant. Son cautionnement fut porté à 40,000 fr., qu'il eut la faculté de solder de mois en mois, à l'aide de la subvention de 87,000 fr. qui lui était accordée.
Le 22 mai 1833, Solomé écrivit à M. le Maire, afin d'obtenir qu'il lui fiît compté par la caisse de la ville une somme de 14,000 fr., qui lui devenait indispensable pour faire marcher son entreprise. Une commission fut nommée pour prendre connaissance des livres du directeur, et voici quel fut le résultat de ses investigations ;
Du 21 avril 1832 au 20 avril 1833, le Théâtre des Variétés avait donné un bénéfice de 37,550 fr. 19 c.
Du 20 octobre au 20 avril, le Grand-Théâtre offrait un déficit de 17,213 fr. 73 c. Bénéfice du directeur, 20,33C fr. 46 c.
Du 21 avril au 20 mai 1833, les deux théâtres avaient produit 38,168 fr. 13 c. de recettes et 54,388 fr. 19 c. de dépenses. Le déficit, pendant ce mois, se montait à 16,220 fr. 06 c, à déduire du bénéfice de l'année. Il res-
tait donc , au 20 mai , un boni pour le directeur de 4, 11 6 fr. 40 c. Le Conseil municipal, considérant, néanmoins, la gêne éprouvée dans le moment actuel par M. Soloiné, qui se trouvait obligé de recourir à la voie des emprunts, la dépense qu'il faisait pour la mise en scène de deux opéras et les avances faites aux artistes, et surtout le zèle qu'il déployait et l'ordre établi dans sa gestion, lui accorda sa demande à titre d'avance.
Solomé remplit en tous points ses engagements envers la ville, recouvra son cautionnement et abandonna ensuite Bordeaux pour prendre la direction du théâtre de Rouen. RoBiLLON frères du '21 avril 1834 au 20 juillet 1836). Ces directeurs prirent la direction avec une subvention de 70,000 fr. par an, 30,000 fr. d'avance pour la première année, à retenir sur la troisième. Leur cautionnement en immeubles était évalué 40,000 fr. Les cahiers transmis à la mairie par la direction Robillon portent, du 21 avril 1834 au 20 avril 1835, première année :
Grand-Théâtre, bénéfice 5,336^ 19=
Théâtre des Variétés, bénéfice 17,445 11
Même théâtre, du 21 avril 1835 au 20
avril 1836, deuxième année 7,154 69
Bénéfice total .... 29,935'' 99<= Recette brute de 1835 aux deux théâtres. 698,340' 70'"
On ne peut rien voir d'alarmant dans un semblable résultat, et cependant, dès le 7 juillet 1836, Robillon écrivait au maire de Bordeaux :
« L'affreuse situation dans laquelle je me trouve vous )) est connue, et peut-être les rapports de la personne qui, » déléguée par vous, prend journellement connaissance » des opérations de ma gestion , auraient pu vous faire » présager une catastrophe que les déficits antérieurs et » les ardeurs de la saison rendaient inévitable. »
Robillon réclame ensuite en faveur des artistes, qui cou-
sentiraient, pour empêcher sa ruine et la fermeture des théâtres, à prêter leur concours à l'entreprise, si la ville voulait bien ne lui pas compter, sur la subvention de cette année, les 30,000 fr. d'avance qu'il avait reçus pour la première année. Il demandait, de plus, que la subvention de 70,000 fr. fût portée à 80,000 fr., puisque celle de Solonié, son prédécesseur, s'élevait à 90,000 fr. Robillon terminait ainsi :
« Ce n'est pas, certes, l'espoir d'obtenir dans cette ges- )) tion des dix derniers mois quelque bénéfice en i-ctoiir de » tous mes travaux et de tous mes tourments qui me fait » vous adresser cette demande ; ce n'est pas même l'idée » de recouvrer quelque partie d'une fortune si longuement, » si laborieusement acquise et si vite enlevée : c'est le » désespoir de voir s'engloutir dans ce naufrage mon hon- » neur, ma réputation, les seuls biens qui pouvaient main- » tenant me consoler de la perte de tous les autres. »
Le conseil municipal ne demeura point sourd à cet appel. Dans la séance du 25 juillet, une somme de .30,000 fr. de supplément de subvention allait être accordée à Robillon, lorsque l'annonce de sa faillite vint tout arrêter.
Les causes de la faillite et de la ruine de Robillon se trouvent en partie relatées dans son prospectus de 18.3."i, que nous rapportons plus bas.
SoLOMÉ (du 29 juillet 1836 au 20 avril 1839). Cautionnement de 30,000 fr. Afin d'achever ce qui restait à faire du bail de Robillon, il lui fut accordé une subvention de .50,000 fr. par an, payable par douzièmes ; une autre subvention de 30,000 fr. lui fut aussi accordée, dont la moitié devait lui être payée à la fin du mois d'août et l'autre moitié à la fin de septembre. A l'expiration du 21 avril 1837, Solomé s'engageait à diriger l'entreprise des théâtres jusqu'au 20 avril 18 iO inclusivement, aux mêmes clauses et conditions que Robillon. Le traitement de ce directeur était de 12,000 fr. par an; la subvention qui lui était accordée à
dater du 21 avril 1837 était de 80,000 l'r. par an, payables par douzièmes, jouissance et revenu du cercle. L'opéra de la Juive fut monté et produisit quelques bonnes recettes. Malgré tous ces avantages, au 20 janvier 1838, Solomé se trouvait en déficit de 73,016 fr. 60 c, et le 20 avril 1839 il résiliait son bail.
BousiGUES (du 21 avril 1839 au 21 avril 1842). 80,000 fr. de subvention, cautionnement de 50,000 fr. Le 20 juillet 1839, ce directeur avait résilié son bail.
Artistes EN SOCIÉTÉ, suite de la direction Bousigues. MM. Léon, Fleury, Bouché, Raguenot, d'Hérou, Daumont, Page (du 21 juillet 1839 au 30 avril 1840). Ils reçurent 30,000 fr. de subvention et 6,670 fr. 66 c. par mois, et se retirèrent avec un bénéfice de 28,264 fr. 09 c.
Léon, Fleury, Raguenot (du l^"" mai 1840 au 30 avril 1843). Subvention de 90,000 fr. par an, 20,000 fr. de cautionnement. Divers artistes de Paris furent appelés par cette direction : Dupré, Jenny Colon, Poultier, Cholet, Rachel. L'opéra des Huguenots, celui de la Favorite et des Martyrs ravivèrent la caisse, mais ne purent cependant couvrir les dépenses. Le 6 avril 1843, M. Léon fut déclaré en faillite. Cette direction , par son activité , son dévoûment et ses sacrifices, méritait une meilleure destinée.
Dévéria (du 1er njaj ^343 ^u 10 juin 1844\ 90,000 de subvention, 1,000 fr. par mois de traitement, 30,000 fr. de cautionnement. Ce directeur avait fait force promesses qu'il ne put tenir, et accomplit sans réflexion des sacrifices qui contribuèrent à sa ruine. Le budget annuel de ses dépenses se trouva bientôt augmenté de plus de 45,000 fr. Parvenu au terme de la première année, il chercha à obtenir du maire la remise du tiers de son cautionnement, ce qui lui fut refusé. Au 22 mars 1844, M. Dévéria annonçait au maire qu'il était en perte de plus de 60,000 fr. Effectivement, le 10 juin 1844, son déficit se montait à 82,139 fr. 10 c, et le 13 juin il était déclaré en faillite.
Les artistes continuèrent en société jusqu'au 31 janvier,
Toussaint (du 1" août 1844 h mars 1845). 90,000 fr. de subvention, 20,000 fr. de cautionnement; dépose son bilan au bout de neuf mois.
Laffargce (28 juin 1845 au 21 octobre 1846). Môme subvention que son prédécesseur, 10,000 fr. de cautionnement; ne peut tenir que seize mois et se déclare en faillite.
Mazzur, artistes en société. iMazzur, directeur-gérant nommé par la ville, pendant les quatre premiers mois de 1847. 7,500 fr. par mois. La ville s'engageait, en outre, à couvrir les pertes qui pourraient survenir jusqu'à concurrence de 20,000 fr.
CnoLET, directeur en société (1847 15 mai à 1848 février '. 90,000 fr. de subvention. G, 000 fr. seulement de cautionnement, réduction de la troupe, augmentation du nombre des relâches. Sous cette direction, parurent à Bordeaux les concerts Musard, Levassor, Arnal, Baroilhet, M"'' Nau, Lafont (ne pas confondre avec le tragédien). Ce dernier, quoique ayant droit par engagement à la moitié de la recette brute, eut la délicatesse de vouloir bien mettre le droit des pauvres en dehors.
La direction Cholet, qui, au terme de son traité, devait se prolonger jusqu'au 30 avril 1850, se termina, au mois de février 1848, au miUeu des plaintes et des récriminations des artistes des deux théâtres. On reprochait à Cholet de s'être réservé la part du lion dans son entreprise ; et il faut avouer qu'en s'appuyant seulement sur les propres aveux de Cholet, on trouve des parts bien minimes à côté d'autres parts bien arrondies. Ainsi, M"« Planterre gagnait 2,400 fr. par mois, soit : 28,800 fr. par an.
>!•"« Prévost 14,400 —
M. Cholet, en supposant qu'il
jouât cinq fois par semaine .. 21,000 —
L'administrateur du théâtre 9,G00 —
ToTAi 73,800 fr. par an.
Ainsi, quatre personnes seulement étaient appelées à se partager ce modeste chiffre de 73,800 fr. Cholet , comme nous l'avons dit, se retira en février 1848, abandonnant son cautionnement, qui servit en partie à indemniser les artistes. Les théâtres restèrent fermés jusqu'au mois de juin, où les artistes , réunis en société , et sous le patronage de la ville, qui leur accordait 8,000 fr. par mois, gérèrent de juin à août inclusivement.
JucLiER. (1848 à 1855.) Les artistes réunis en société s'étant assez bien trouvés de ce mode de gestion, le conseil municipal, par délibération du 11 novembre 1848, fit une nouvelle concession de sept mois aux artistes, sous la direction de M. Juclier. Cette concession devait se terminer à la fin d'avril 1849.
Le 1^'' mai 1849, bail consenti aux artistes en société jusqu'au 30 avril 1850.
Le 5 septembre 1851, M. Juclier écrit au maire pour obtenir une prolongation de cinq années. Sa demande lui est accordée par délibération du 19 janvier 1852, et à partir du 1^"" mai 1852. La subvention accordée à ce directeurgérant, pour les artistes, fut de 8,000 fr. par mois.
Disons ici que si M. Juclier a pu se maintenir et faire même quelques bénéfices, il le doit en partie aux prudents correctifs introduits par le Conseil municipal dans cette nouvelle forme de direction. « Il y eut d'abord réduction dans » le traitement des artistes, qui, d'après le système d'asso- » dation, n'ont reçu, la première année, que 90 p. 100, la » deuxième année 82 p. 100, la troisième 90 à peu près, » les petits traitements étant intégralement payés. »
Le traitement des employés subalternes avait également subi une réduction.
« Dans aucun cas, la dépense du personnel de lu troupe » ne pouvait dépasser 40,000 fr. par mois, ni être au-dos- » sous de 35,000 fr.
» Le traitement du directeur, compris dans cette somme.
\)E iîoiuh:ai;\. 241
» pouvait être porté à 12,000 fr. par an (au prorata), et » comme artiste, il devait recevoir, en sus du traitement, » une somme de 5,000 fr., également aussi au prorata. »
Il n'était assujetti à aucun cautionnement.
L'article qui limitait la dépense du personnel ne fut pas inviolable pour M. Juclier, et tout le monde sait qu'il augmenta ce même personnel de telle façon que le Conseil municipal se vit obligé plus tard de venir au secours des artistes en société, en leur accordant une indemnité de 10,000 fr. C'est sous sa direction (18o2 novembre), qu'a été instituée la commission des débuts.
Carpif.r (ISSo). 108,000 fr. de subvention.
Le prospectus suivant, de Bojolay, nous a paru assez curieux comme point de comparaison , pour l'insérer ici. Nous l'avons fait suivre de quelques autres pièces semblables qui pourront peut-être aussi intéresser le lecteur.
DIRECTION DE J.-B^^ CORTAY, dit BOJOLAY.
ÉTAT DE LA TROUPE DU GRAND-THÉATRE ET DE CELLE DU THEATRE DELAGAITÉ, POUR l'ANNÉE THÉÂTRALE, DU 21 AVRIL 1817 AU 20 AVRIL 1818,
Avec indication des appointements annuels des artistes et des employés des deux llicàtrcs.
MM. CoLSON et Constant, régisseurs.
Luville père, ex-régisseur, octogénaire (1) 1,400' ))*^
Charles Ricquier, premier rôle 5,500 »
Menjaud, jeune premier 2,200 »
Colson, les pères nobles 3,600 »
Leclerc aîné, 3""^^ rôles, rois, pères nobles 3,800 »
(I) Pension fuite p;if .M. Doji)l;i}.
IG
Desforges, financiers, manteaux, Juliet, etc.... 6,000"^
Auguste Constant, les premiers comiques 7,900
Buée, les pères nobles, raisonneurs 3,500
Narcisse Delos, 2® et S^ amoureux, Colin, etc.. 3,000
Henri Frédéric, trials, seconds comiques, etc.., 4,900
Sainti, trials, comiques, caricatures 2,200
Saint-Aulaire, grandes utilités dans la comédie. 1,300
Campenaut, les premières hautes-contre 10,000
Suleau, les Philippe, hautes-contre 6,300
Vigny, les Martin, hautes-contre 8,300
Eugène, première basse-taille 6,300
Leclerc jeune, 2™^'^ et l'^^s basses-tailles 3,800
Charles Luville, utilités, sous-régisseur 1,200
M™'' Ricquier, premier rôle 3,300
Virginie Le Grand, jeune première 4,800
Decroix, les duègnes, caractère 4,000
Laborie, les mères nobles, confidentes 2,400
Suzanne Ladrée, les soubrettes 4,300
Rosalie Suleau, deuxièmes amoureuses 1,400
Lemesle, première chanteuse [\] 10,300
Folleville, première chanteuse à roulades (2)... 9,300
Vigny, première chanteuse, rôles à baguette... 4,300
Simonnet, les Betsi, Gavaudan, S'-Aubin (3).. 4,100
Désirée Dubuisson, S*""^ amour., jeune Betsi... 500
Arnaud, souffleur 800
Chœurs.
Berdoulet, basse-taille, coryphée 1,500 »
Hocquet, id 1,100 »
Mitaine, id 900 »
Prévost, id 711 »
Cadeau, id 400 »
(1) Il fut alloué a cette artiste 300 fr. pour frais de voyage— (2) F^ai^ de voyage, ôOO fr. — (3) Frais de voyage, 180 fr.
Lamarre,
id
Frédéric,
id
Sainti,
id
Cliéroniiet,
id
Nine Loriot,
id
Veuve Bertrand,
id
Prestat, liaule-contre, coryphée 1,500' w*^
Chéronnet, id 1,100 »
Désoide, id 1,200 »
Delosse père, taille 1,000 »
Mialle, id 700 »
Lévêque, dessus et deuxième dessus 1 ,200 »
Veuve Coste, dessus et deuxième dessus 938 75
Dubertrand, chef des comparses 432 »
Ballet.
Blache, maître de ballets 10,900
Lachouque, premier danseur 7,500
Barrez, id 6,500
Delalande, premier et deuxième danseur (1). .. 5,500
Robillon, premier danseur comique 1,800
Dutacq, danseur mime, caricatures 2,400
Bertrand Benoni, troisième danseur, coryphée. 1,200
Jeanti Génies, id 1 ,000
Charles Mazurier, deuxième danseur comique. 1,200
Duclaut, figurant, sous-régisseur 1,600
Lescure, figurant 1,000
Brives, id 950
Fine, id 900
Meuville, id 900
Grenier, id 800
Poulou-Cazeneuve, ïfL (2- 800
Du mas , id 770
(I) Frais de vnya^'o, 150 i'v. — (2) Frais de voyaiie, 100 fr.
Germain, figurant Go4'' w*^
Chéri Vignes, id 600 )>
Albert, id 700 »
Dupui, id 430 »
Agathe Martin, première danseuse 7,500 »
Éhsa Constant, id 5,500 »
Coustou, première danseuse, rôles à baguette.. 5,000 »
Cheza, deuxième danseuse 6,000 »
Adèle Louis, id 5,500 »
Pauline Rossignol, troisième danseuse coryphée. 1,200 »
Zélia Florence, id 1,000 »
Romain, /'/ 700 »
Désirée Larue, figurante 1,000 »
Adrienne Liesse, id 1,000 »
Nanette Rlache, id 987 50
Gleizes, id 790 »
Cadette Amade, id.... 675 45
LiH Simon, id 600 »
Caroline Yasline, id 600 »
Roselléro, id 600 »
■lenni Tayan, id 543 15
Geneviève Resson, ?V/ 300 »
Élisa Laulan, id 250 «
Mélanie Départ, id 200 »
Orchestre.
Lambert, maître de musique 2,870 »
Mercier, premier violon, 2'' maître de musique. 1,500 »
Astruc, violon 900 »
Hercule Lacaze, violon, répétiteur de ballets... 1,800 »
Lamarre, violon, répétiteur des chœurs 1,600 »
Farrouilh, violon 950 »
Pierre Francisque, ?(/ 789 60
Delosse tlls, id 850 »
Filhon, ?(/ 888 7:i
!>!■: IJOKDKAUX. 24îj
Deval, «violon ToO"" w*^
Clouzet, id 700 »
Ange, id 600 »
Farrouilh fils, id oOO »
Dupuy, basse, bibliothécaire de la musique 1,283 75
Haute Rémi, basse 900 »
Fessard, basse 888 75
Ferrand, id 888 75
Colot, contre-basse 1,200 »
Delenclos, id 888 75
Duluc, id 790 »
.lustus, id 800 »
Clapisson, id 1,100 »
Haute aîné, id 853 20
Francesco, fliite et hautbois 1,481 25
Bernard Haute, flûte ^ 1,000 »
Jandot, clarinette 1,500 »
Jamon, id 800 »
Ibotte, basson 790 »
Rodolphe Rinck , id 862 »
Employés.
Baptiste Féralasso, homme de confiance 2,000 »
Thomas-Théophile Olivier, peintre décorateur. 3,000 )>
Philippe Ricquier, id 500 »
Dauzals, machiniste en chef 2,000 »
Gonthier, menuisier, machiniste en second 1,200 »
Seguin, menuisier 1 ,080 »
Dufour, id 1,080 »
Maynot, id 960 ))
Jeantonnet, machiniste, brigadier 810 »
Noël, machiniste 810 »
Clochard, id 810 »
Labordelle cadet, ouvrier machiniste 720 »
Gonthier fils, id 720 »
240 UISTOIRE DES THÉÂTRES
Gabriel Carboy, ouvrier machiniste 7â0'
Boyer, id 720
Dulong, id 720
Musset, id 720
Guillet, perruquier 288
Orléans, magasinier-costumier 1 ,200
Fraîche, tailleur 864
Saint-Sever, id 720
Nauci, id 960
Tardille, id 360
Vacher, couturière 624
Babet, donneur d'accessoires 144
Isabeau, habilleuse 144
Lajeunesse, id .■ 144
Garrigues, id 144
Cadette, id ^ 72
Lanier, garçon de théâtre 720
Pierre Founeau, id 720
Chabrillat, id 672
Etienne, id 720
Joseph, allumeur 720
François-Louis Cape , id 720
Rivière, id 840
Delorme, id 624
Périer, afficheur 576
Mazurier, contrôl.-secrét., y compris la table.. 2,400
Raymonde, burahste 432
Camille, id 384
Bergadien, receveur de billets aux premières... 336
Peultié, id. aux secondes.... 264
Vrignon, id. au parterre 264
Vignes, ouvreuse de loges 144
Gonery, id 144
Gorju, /(/ 144
Catherine, id 144
Cliabi'illat, ouvreuse de loges 1 44^ w'^
Rivière, id i44 »
Madelaine, id 144 »
Dantier, surveillant 360 »
Chambe, préposé pour les amusements 720 »
Aubert, garde-pompe 600 »
Pipliorien, garde à la porte ;j60 »
Gonery, suisse 300 »
Machemiu, concierge 1 ,200 »
THK.%TRE DE 1,.% tiAlTK.
Antoine Usannaz, régisseur 3,600 »
Clermont, les premiers rôles 2,300 »
Camiade, les premiers amoureux 3,000 »
Saint-Félix, premiers et seconds amoureux (1) 2,800 »
Chéri-Louis, seconds et troisièmes amoureux.. 1,900 »
Lepeintre jeune, les pères nobles 2,2C0 »
Fournier, deuxièmes rôles, tyrans, etc 2,300 »
Ilippoly te Roland, 2™'"" et 3'°*'^ rôles, tyrans, etc. 2,400 »
Lepeintre aine, l*^"^' comiq., financiers, caricat. 6,400 »
Francisque, comiques, financiers, paysans 3,000 >»
Achille Riquier, deuxièmes comiques 2,800 »
Liez, deuxièmes comiques, Brunet 2,800 »
Duchauraont, utiUtés et chœurs 600 »
Anguinet, id 800 »
Blanchard, id 200 »
Lafontaine, id 100 »
Linville, femme Lepeintre, pi'cmier rôle 4,500 »
Saint-Amant, première amoureuse ;2^ 3,000 »
Élisa Jacobs, l"^*"* amoureuses, ingénuités (3)... 1,900 »
Rosalie 3[unant, les amoureuses 600 »
Jenni Génies, les amoureuses, ingénuités 800 )>
(1) Frais de voyage, 145 fr. — (2) Frais de voya^-'o, 204 IV. 80 c. — (5) Frais de voyage, 260 tV.
fi
Virginie Picard , les amoureuses 600"" w'^
M™« Bernard Haute, les duègnes, mères nobles. 2,000 »
Cocheze, les duègnes 1,600
Gasse, les mères nobles 1,900
Hippolyte Roland, les soubrettes, utilités 800
Félicité Yiquelin, les utilités 600
Joséphine Provins, figurante, les chœurs 300
RosaUe Laborie, id 300
Louise Deboyer, id 300
Jeanne Rouquier, id 200 »
Dmondray, souffleur 600 »
Orchestre.
Fumeri père, maître de musique.. 1,800 »
Husson, violon 900 »
Fumeri fils aîné, î(i 800 »
Prosper Fumeri, n/ 600 »
Prioré, id 600 »
Barretti, id 552 »
Justus, basse 600 »
Daroux, cor 850 »
Coderc, clarinette et flûte 700 »
École de danse.
Dutacq, professeur, maître de ballets 1 ,000 »
Germain, professeur des commençants 264 »
Alexis Libersne, danseur 454 »
Noue Fleuri, id 400 »
Auguste Davesan, id 250 »
Blanchard jeune, id 250 »
Louis Bloche, id 200 »
Antoine Ricquier, id 200 »
Jean Briol, id 100 »
Louis Savignol, id 60 »
Marcelin Lecomble, ?■(/ 60 »
DE IJOKDKAUX. 2 49
Honoré Philippe, danseur 60"^ «^^
Hippolyte Rode, id » »
Paul Rode, id » »
Hippolyte Philippe, id » »
Loiseau, id » »
Adolphe Guiot, id » »
Marie Dussiel, danseuse 300 »
Agnès Sorué, id 400 »
Aline Alain, id 300 »
Jeanne Boudron, id 200 »
Florence Clard, id 150 »
Zélie Davesan, id 130 »
Adèle Sorné, id 130 »
Euphémie Maigret, /(/ » »
Olympe Lenain, id » »
Ouvriers et Employés.
Languedoc et sa femme, magasinier-costumier. 1,344
Michel, machiniste 810
Joanni, id 810
Lahaurre, buraliste 360
Orphée, id 360
Dulcan, id 360
I lymmel , contrôleur 340
]\Ime Poi'i-al, aux premières 500
M'"'' Baptiste , aux secondes 360
Conti, au parterre 360
Marie, ouvreuse de loges 144
Raffet, habilleuse 180
Courvoisier, id 180
Broussouze, perruquier 360
Jacquet, garçon de théâtre 672
Antoine, id 672
Baptiste Gourdel, allumeur 720
Instaniciit, portier 288
Beausoleil, serrurier 1,300
250 UISTOIUE DES THEATRES