LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, OU LA MORT
» Citoyens,
» Vous savez qu'on trouve des intrigants partout , mais plus au théâtre qu'ailleurs. Il y a longtemps que j'en étais persuadé; mais j'en suis convaincu plus que jamais. J'ai été nommé à la place de trésorier de la comédie pour récompense des devoirs que f ai remplis envers la Nation. Je sais que certains artistes qui craignaient mon caractère vrai ont fait de petites menaces sourdes contre moi , afin de m'éloigner du théâtre. Cela ne m'étonne pas ; mais je dois en prévenir l'elï'et en m'adressant directement à mes frères les sans-culottes du Conseil général de la commune, qui sont administrateurs des spectacles. Je demande donc à conserver ma place , aux appointements de 6,000 fr., comme les autres administrateurs. Quoique pauvre comme un vrai sans-culotte, s'il faut un cautionnement, j'en trouverai un bon et valable, et j'offre, si l'intérêt public l'exige, de faire ad honores les fonctions d'administrateur général pour surveiller les gens suspects et sans mœurs. Je sais que certains individus qjnt dit que je n'étais pas grand calculateur. C'est mon affaire , pourvu que vous trouviez à toute heure du jour, et même la nuit, ma caisse d'accord avec mes registres, le tout bien en règle.
» Je dis encore que je ferai un traitement honnête à un bon commis républicain qui m'aidera et à qui j'aurai le plaisir de faire du bien. La Nation y gagnera, parce qu'elle ne sera pas trompée dans les achats ni dans les devoirs des artistes que je surveillerai avec toute l'intégrité dont je suis susceptible
» Salut et fraternité.
» Le Sans-Culoile Parmentier. »
» Nota. 2,000 fr. à mon frère, commis.
» Il m'en restera quatre pour moi, ma vieille gouvernante Jeanneton et mon fils adoptif.
» Vive la République , une , indivisible , impérissable et triomphante ! »
Nous insérons ici, comme une suite des mêmes réactions, ce qui arriva à Barsac et à Compain , amis intimes de Parmentier :