CHAPITRE IL lOS
semble que ce soit en Grèce que s'étaient donné rendez-vous toutes ces bandes qui fuyaient leur patrie. Nous allons y voir arriver Danaus , Cadmus et Pélops.
Nous avons vu partir d'Egypte le frère de Sethos-Rhamsès , emmenant avec lui son culte femelle pluralitaire , image de la circulation de la vie , qui matérialisait le dogme de la migration circulaire des âmes. C'est là ce Danaus qui arriva en Argolide , où il changea le nom des Pélasges d'Argos en celui deDanaens, après avoir chassé leur ancienne race royale.
En Phénieie, le second âge avait commencé par la réforme d'un homme appelé Elioun , qui , avec sa femme Berouth , avait fondé une ville. Dans leur postérité naquirent plusieurs races qui se séparèrent , et inventèrent diverses pratiques d'agriculture ou de sacrifices aux dieux.
Puis une autre réforme succéda encore à ce désordre ; et de là sortirent trois races sous les noms de Cadmus , Phœnix et Gilix. Cadmus fut chassé par ses frères , emportant avec sa femme le secret de nouveaux moyens d'alimentation , des instrumens de musique , et les caractères graphiques dont se servaient les prêtres. Il passa en Thrace , où il unit $on dogme et sa pratique au dogme et à la pratique du culte de Bacchus ,
et apporta cette forme religieuse à Thèbes , ea Béolie. Plus tard nous verrons sortir de ce nîême centre pfaéhicieu Didon , fondatincé de Carlhage la rivale de Rome.
Nous avons vu combien de cultes femelles et hermaphrodites s'étaient établis en Maeonie , cet ancien et dernier centré de la race de Jânus. Le second âge s'ouvrit par des luttes intérieures entre deux frères, Lydus et Tyrrhenus, résultats d'une réforme , et par l'expulsion de la racé de Tyrrhenus qui alla en Italie où nous la retrouverons. Puis les tentatives d'unité commencèrent : le cul te de Bacchus chercha à revenir de la Thrace où il s'était réfugié, après avoir été chassé de l'Asie-Mineure ; mais de nouveau il fut expulsé , et alors l'Asie occidentale se divisa en deux grands corps : l'un formié de nations de femmes sous* l'invocation de Cybèle ; l'autre commandé par une race royale héréditaire, dont la première dynastie fut celle des Atyades , qu'elle prit sans doute du culte d'Atys. Un des rois de cette race, régnant en Lydie et nommé Pélops , eut guerre avec les Troïens, fils de Dardanus que nous avons vu émigrer du Péloponèse ; et ce fut précisément dans le Pélopoirèse que vint se réfugier Pélops^ chassé de son pays par. les Troïens. Il aborda en Élidé, où il établit sans doute un nou-
CHÂPITtlE 0. ^5
V6au culte et une nauvelle société. Ce sont ces deux races de Pâops et de Dardanus qui furent la cause occasionnelle de la guerre de Troie. Nous disons occasiormelle , car nous ferons voir que ces grands événemens avaieaU une origine et un but bien autrement âerés que des haines, particulières.
Mais outre ces échanges fréquens de cultes et de sociétés , qui ne coatribuaient pas peu à augmenter la pluralité de ces pays, le désordre était encore accru par l'habitatioii d'une multi^ tude de races diflGérentes dans les îles de la Méditerranée , et en particulier de la mer Egée. Le$ vieux Atlantes d'Afrique avaient occupé par leurs débris toutes les grandes îles de la Crète , de la Sardaigne , de la Sicile, de Malte , etc. : les Amazones m<eoniennes étaient dans les iles de Les^ bos et de Samothrace : les Kabires, les Dioscures., et autres cultes phéniciens en habitaient d'autres voisines. De petits cultes grecs primiUfâ étaient enfin épars dans la mer Egée : c'étaient le plus souvent des cultes femelles, tels que ceuxde Leto et d'Aphrodite.
Si Ton fait attention , eh outre , que toutes ces petites nations, quelquefois fédérées eufere elles, quelquefois isolées , mais toujours guerrières , toujours {Mrétes à défeadre leur p/etite ile ou à des^
106 msTonus du second âge.
cendre sur les t les voisines , infestaient la mer, sur laquelle elles dominaient , de leurs barques voleuses , et venaient à chaque instant sur les continens de la Grèce et de TAsie enlever des esclaves et ravager les villes ou les moissons , on concevra le mouvement de fédération guerrière qui se fit parmi les Hellènes , pour s'unir contre ces déprédations, et aller chercher jusque dans leurs centres ces petites peuplades rapaces et féroces.
Ce fut làToriglue des grandes expéditions successives dont les traditions grecques nous ont gardé le souvenir ; telles que la chasse du sanglier deKatydon, les expéditions des Argonautes, de THercule thébain , de Thésée , et la guerre de Troie.
Mais toutes ces entreprises n'étaient pas unitaires au même point ; et il faut remarquer que dans la succession que nous venons d'indiquer entre elles , l'étendue de l'action , soit au dedans de la confédération hellénique , soit au dehors d'elle-même, était toujours croissante en étendue ou en profondeur.
Ainsi la première de toutes dans les traditions , celle qui fut dirigée contre le sanglier de Kalydon , bien qu'elle réunit des chefs de Laconie , d'Arcadie , d^Argos , d'Athènes , de Phthie, de Thèbes , etc.» n'avait cependant pour but que