CHAPITRE III
pas de la race divine? Il mourait écrasé pour avoir voulu franchir une barrière infranchissable , ne laissant pour tout souvenir d'un admirable héroïsme que les épithètes de féroces brigands, de bandes effrénées, de révoltés criminels, que leur ont prodiguées à Tenvi les écrivains de rhistoire patricienne.
Enfin une plus vaste conspiration , mieux conçue et mieux liée , s'organisa sous l'inspiration de Gatilina , pour rétablir une unité puissante contre l'aristocratie sénatoriale. D'un autre côté le tribun RuUus essaya de faire encore revivre la loi Licinia , en l'appuyant sur un pouvoir décemviral, chargé, avec une puissance absolue, de la répartition des terres. En même temps la dictature et le tribunat semblaient vouloir se réunir pour écraser entre eux la pluralité exploitante des consuls et du sénat.
Mais cette puissance fut encore sauvée par Cicéron, qui fit rejeter par le peuple la loi de Rûllus , et précipita le supplice des conjurés de Gatilina qu'il fit exécuter lui-même.
De ces grandes luttes et de ces grands sacrifices naissait un sauveur. César, un des conjurés catilinaires , éleva le pouvoir unitaire au-dessus de l'holocauste de tous les anciens pouvoirs dans lequel il périt lui-même.
Ce qui se passa alors est vraiment un merveilleux exemple de ces grandes transformations sociales , qui s'accomplissenc sur un autel de sa> crifice dans les mythes anciens , et qui ont pour résultat la création d'une nouvelle race. Pompée» le représentant de l'aristocratie patricienne , vaincu par César, fut assassiné par un esclave, égyptien : César, le dictateur populaire triomphant , expira sous les poignards sénatoriaux : ses assassins, implacables aristocrates, furent ^ poursuivis par la haine du peuple , ou lâchement suicides , ou atteints par le glaive d'Octave : Cicéron lui-même , le représentant de l'intelligence égoïste employée à retarder le biens, ne put sauver sa tête , bien qu'il l'eût volontiers rachetée par un mensonge.
Alors tout vint se concentrer dans la puissance impériale d'Auguste , le premier de ces douze Césars, qui , sapant tout ce qui restait de l'ancien patriciat , permirent à la nouvelle organisation plébéienne de former la base sur laquelle allait s'élever le Christianisme naissant , pour achever l'affranchissement que l'ancienne loi ne pouvait accomplir.
Il n'y eut plus en effet qu'un peuple tout militaire , formé de patriciens et de plébéiens confondus. Car toutes les classes , excepté les esclaves ^