‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 116 sur 187 · CHAPITRE III. n · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. n

eurent le droit de porter les armes ; et tous les étrangers qui avaient obtenu le droit de cité furent admis à exercer les charges publiques.

Au-dessus de ce peuple était une seule unité , l'empereur, à la fois souverain pontife et chef politique, représenté dans l'action gouvernementale par les sénateurs , qui exerçaient les fonctions sacerdotales et de conservation politique , et par les tribuns qui remplissaient les fonctions militaires.

Tout émanait de l'empereur : c'était à lui seul que l'armée prêtait serment : tous les anciens modes de légiférer, comme les lois, les plébiscites, etc., furent abolis : il n'y eut plus que la loi royale , les constitutions impériales.

L'empereur Auguste , qui avait constitué cette forme législative, était lui-même exempt des lois.

Si l'hérédité de l'empire n'était pas établie, c'était bien plus encore : l'empereur nommait luimême son successeur. C'était donc le pouvoir suprême du chef-dieu de la société et de la famille dans le premier âge. Aussi l'empereur avait-il l'inspection générale de la religion , des mœurs, des fortunes ; et lui-même était dieu, adoré dans des temples , sur des autels.

Au-dessous de cet empereur-dieu et du peuple

romain , venaient enfin les esclaves , deux fois aussi nombreux que les maîtres , exerçant tous les métjiisrs et même s'adonnant aux sciences et aux arls , d'autant plus précieux pour leurs maîtres qu'ils étaient plus instruits et plus adroits , car ils se vendaient plus cher. Mais c'était encore le moins cher et le plus utile de tous les instrumens que pouvait acheter un marchand ou un agriculteur.

Ces avantages que les maîtres trouvaient dans les esclaves , tandis que la suppression de l'enlèvement et de l'esclavage des peuples conquis en avait diminué la source , engagèrent les maîtres à favoriser l'union sexuelle entre esclaves.

L'affranchissement que l'esclave pouvait acheter à prix d'or devint aussi une occasion de richesse pour les maîtres. Mais la cupidité de ces derniers , en augmentant le nombre des affranchis , diminuait celui des esclaves ; et l'on fut obligé de faire des lois pour restreindre raffran^chissement. Cette espèce de liberté ne donnait d'ailleurs le droit de citoyen qu'après un jugegement rendu par les magistrats ; et jamais un affranchi ne pouvait pajrvenir aux emplois civils ou militaires.

Quant aux esclaves , ils étaient nombres par

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