‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 129 sur 187 · CHAPITRE IV. Î5J · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. Î5J

Ainsi Kricbna est fils d'un Yeissiah , ou marchaud : il est élevé par uu Soudra, ou berger : il est noir et a les doteveux frisés comme les Cutib- €ésas ; et il a un frère qui est doué d'une force prodigieuse : guerrier et conquérant , il est Kchatryah : initié aux mystères des livres sacrés Yedas, il est Bramanah : créateur d'un centre sacré, ville mystérieuse , il est conslltuteur politique : réali-* isateur de la doctrine de l'unité spirituelle . il est une émanation divine , et déclaré par les dieux eux*mémes roi du cid inférieur, delà terre et des lieux d^en-bas.

Ce nouvel être était apparu au milieu d'un état de désordre et de dépravation dont les traditions gardent un souvenir lamentable. Mais; après avoir vaincu les ennemis intérieurs et étrangers qui s'opposaient à sa réalisation » sa doctrine se divisa dans la race même de la Lune, où elle était me. Deux branches de cette famille, les Pandavas et les Couravas , adoptèrent comme signes de dogme séparés , Krichna et Balarama son frère. Une guerre terrible s'alluma entre ces deux familles : les Pandavas en sortirent vainqueurs , et remplacèrent bientôt dans la domination de l'Inde la race du Soleil, qui disparut tout^*fait.

La race de la Lune et la doctrine de Krichna

mo HISTOIRE DU SECOND AGE.

triomphaient donc. Mais nous avons ëit qu'Ila , fondatrice de cette race , s'était alliée à Boudha , être de double nature , créateur d'une seule race de dieux égaux entre eux.

Le dogme de Kricbna se transforma alors en celui de Bouddha ; et il s'établit une égalité de pureté entre toutes les castes , sous le signe d'un repas commun auquel était admis tout Indien, de quelque caste, de quelque race qu'il fût, pour manger les restes du repas du dieu , qui ne consistait qu'en riz. Les Soudras, Balarama ou la force physique, les Cutila-Césas, que Krichna n'avait fait qu'associer à son œuvre en s'aidant d'eux ou en prenant leur forme,- étaient donc mis sur la ligne de pureté des Douidjahas, où Krichna avait déjà mis les Veissiahs.

Mais c'était là une hérésie suivant les Brahmanahs orthodoxes ; car le dogme séparait les Soudras, comme la caste la plus impure, et destinée à servir les autres : aussi la distinction des Douidjahas , pour les orthodoxes , ne s'est-elle jamais étendue qu'aux trois premières castes.

Il en résulta que, lorsque la doctrine de Krichna triomphante se fut appliquée politiquement , et eut mis le fils d'une femme soudra sur le trône de Dehly, où il s'occupa d'exterminer l'ancienne

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