CHAPITRE IV. ail
spirituel dans la doctrine orthodoxe n'avait porté aucune atteinte à la hiérarchie matérielle des castes et à la hiérarchie cosmique temporaire. Aussi , aujourd'hui encore , chez les populations indiennes qui sont restées sous l'influence directe de l'orthodoxie brahmanique, retrouve-t-on la grande division des deux-foi&-nés (Douidjaha) qui comprend les premières castes, et des une-fois-nés qui ne comprend que les Soudras : seulement les Radjahs sont devenus des chefs sociaux auxquels les Brahmanahs sont soumis; et les fonc* tions des Kchatryahs et des Brahmanahs sont confondues de manière que les Brahmanahs peuvent porter les armes.
Nous allons voir maintenant les conséquences qu'ont amenées les doctrines de Krichna : hérésie contre laquelle les partisans de Yyasa et les Brahmanahs luttèrent , jusqu'à ce qu'ils l'eurent expulsée de l'Inde.
Krichna avait dit : — Je suis le même eiîvers tous : je ne hais , ni n'aime aucun des hommes : ceux qui m'adressait leur culte seront dans moi, et moi dans eux. Tous ceux qui ont recours à moi , fussent-ils sortis d'une matrice de péché , les femmes, les Yeissiahs, les Soudras, peuvent tous parvenir à la voie suprême, à plus forte raison lœ saints Bjabmanahs et les saints Radjahs.
Toute la différence qu'il y avait jusque-là, entre cette doctrine et celle de la philosophie orthodoxe , était donc que Krichna se donnait pour l'unité divine de tous les esprits , les admettant tous indifféremment . En effet on voit en même temps qu'il conservait la hiérarchie des castes et des degrés de pureté entre lès êtres humains : et que l'indifférence pour les actes des hommes lui était personnelle , puisque dans son histoire il est donné comme une émanation divine que F/nt/isible a envoyée sur la terre, à la prière des autres dieux , pour faire cesser les désoi*dres terrestres
Mais lorsque le dogme de Krichna se transforma en celui de Bouddha , ces ressemblances avec l'orthodoxie ne tardèrent pas à disparaître. On a vu comment le Boudha du premier âge , par son alliance avec lia , fille du Radjah de Dravira , avait déjà modifié son ancien dogme de l'être double , par ce contact avec la nouvelle doctrine brahmanique. Krichna , sorti de la race de la Lune et se transformant dans le nouveau Bouddha , ne faisait donc qu'appliquer définitivement son unité spirituelle à l'unité de race du Boudha primitif. Aussi le premier signe de cette transformation fut-il le repas commun fait dans le temple , où toutes les castes se parta-