‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 143 sur 187 · CHAPITRE I. «M · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. «M

on y verra là preuvede cette prédominancedu pouvoir politique sur le pouvoir sacerdotal. Aussi un seatiment de force assise, de lourdeur, semble-t-il écraser ces monumens , lorsqu'on les conqmre à ceux de l'Inde. 11 en est de même des colosses royaux , immobiles ou engainés dans leurs vêtëmens, et complètement privés de la grâce active des belles sculptures des divinités indiennes. Enfin , comme dernière preuve de cette supériorité du. pouvoir royal, nous citerons ces énormes Oiasses pyramidales de Ghiseh qui ne sont autre chose que des tombeaux de Pharaons.

Si nous continuons à observer ce mouvement décroissant et séparateur de Tart et du culte, nous airiverons en Grèce et à Rome.

Dans rinde, la grâce des formes humaines, s'était unie à la gigantesque construction des monumens : dans l'Egypte , l'architecture avait prédominé la sculpture des détails : dans la Grèce ce fut le contraire : Farchitecture fut mesquine et bâtarde, et la sculpUire acquit un haut degré d'imitation naturelle ; aussi bientôt quitta-t-elle les temples, où elle était àl'étroit, pour orner les demeures aristocratiques. Une séparation bien plus marquée s'qpéra ausçi en Grèce : le drame mythique quitta le culte sacré et vint sur un théâtre

peindre le mystère delà vie humaine ; et l'histoire

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cess^ de garder le c^iractère de tradition sacrée pour prendre celui de narration libre,

Rome profita de cette séparation toujours croissante ; et , jetant ses immenses aqueducs à travers les montagnes, ses chaussées à travers l'Europe , l'Asie et TAfrique , et ses cirques dans les villes conquises , elle appliqua à son système d'unité politique par la force matérielle l'art qui cessait d'être religieux.

11 en fut de même du dogme : à force de c)ier<» cher l'unité divine dans laquelle devaient s'ab,sorber toutes les autres divinités secondaires, oa finit par nier ces dernières.

Dans rinde , divers systèmes formulés par des solitaires cherchèrent à remplacer la théologie si compliquée et si multipliée, des dieux mâles et femelles qui peuplaient le monde. Tous les êtres suivant le dogme devaient lun jour retourner à Brahmah ; alors Tun dit que ces formes de$ êtres n'étaicQt que des apparences <]u'animait son e^ , prit : un autre soutint que c'était son corps qui avait des périodes de vie^ Les plus orthodoxes se disputèrent pour savoir sî , à la fin des temps , tous les êtres seraient absorbés dans Brahmah, ou s'ils y resleraient distincts. Enfin , tandis que le Bouddhisme créait cette doctrine de confusion de tous les êtres , de tous les principes,, de tous les

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dieux, de toutes les fonctions, qui devait le mener à l'immobilité et à la mort sociale, le dernier des philosc^lies orthodoxes disait que Faction sociale ne devait être faite que dans le but d'accomplir le plan de Brahmah, et sans vue de récom{^nse : qu'alors Tâme montait au ciel de Brahmah « et qu'après iin temps elle était avec lui absorbée dans la nature du dieu invisible , lequel , séparé xle la matière et possesseur de la vie , traversait ^e son esprit toute la création animée , et s'unis^ âait à Sakty , son énergie douée de trois quà'^ lités , lorsqu'il v(mlait produire toutes les créa^ ilures.

Voilà donc dans Tlnde le point culminant de la science cosmique séparée dm dogme. Nous allons Toir quel était celui de la même théorie chez les nations réforokées.

Privés de la grande amté du dieu invisible de i'Inde , les sages de l'Âsie-Mineure » sortis des centres sacrés où les initiations euseigaaient les mystères de la fécondation cosmi^e » et voulant /aire disparaître les diviiiités secondaires qui peuplaient les phénomènes , ne purent s^élever qu'à une unité secondaire analogue aux plus infé* rieures de l'Inde. Us dirent qu'il n'y avait qu'une réalité, l'esprit immuable , les formes n'étant que

i illusions. D'autres y répondirent en m^twt

^n HISTOIRE DU TROISIÈME AGE.

la réalilé dans la matière. Les plus avancés adop^ tèrent un mélange universel d'esprit et de matière. Enfin la combinaison des quatre élémens, icoinme création et conservation du cosme, fiit le dernier terme de cette science séparée du dogme. ^On voit que ce n'était autre chose que le dernier terme où était arrivée aussi la doctrine d'expiation, lorsqu'elle avait pris pour agens de purification de la terre , l'air , l'eau et le feu,

L'Egypte formula sa science en mêlant la doctrine indienne avec un résultat semblable à celui que nous venons de voir obtenir dans l'école ionienne , et produisit les dogmes isiaques et hermétiques que nous avons donnés ailleurs , et où se retrouvent les grandes questions de création , de but du cosme et de fin du monde.

On voit donc que les sages de l'Asie-Mineure , qui furent continués par les Grecs , étaient ceux qui avaient le plus dépouillé la science de sa valeur religieuse , pour en faire une loi fatale.

Tandis que la science sortait des centres sacrés dé l'initiation , les procédés industriels se séparaient aussi du culte mystérieux . L'initiation d'un côté prenait le caractère purement moi'al qui enseignait par des signes sensibles le grand symbole de la vie cosmique et de la vie humaine ; et de l'autre côté les procédés d'agriculture , de

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