CHAPITRE I
febrioation et de commerce allaient se vulgariser et se mettre à la portée de tout chef de famille qui possédait des instrumens vivans. Aussi le développement de force qui tendit à transformer tout au profit de l'homme social fut-il immense , et nous n'en citerons pour preuve que retendue des relations commerciales, de Gartbage et de Rome , ainsi que la masse énorme de produits ; qui s'exécutaient pour être engloutis dans les par lais impériaux , proconsulaires et patriciens.
Un résultat immense de ces travaux agricoles, industriels et commerciaux , fut un adoucissement très marqué dans les mœurs. Pour l'Inde, la doctrine de la transmigration, des âmes dans les êtres animés fit non seulement proscrire les sacrifices sanglans , mais encore l'usage de toute espèce de viande : le riz et le gui., ou le beurre clarifié , devinrent la seule nourriture des Hirir dous à la fin de cet âge.. Dans les autres pays , le pain y les fruits mêlés aux chairs des animaux amenèrent un résultat aussi marqué.
Enfin le commerce, en forçant les hommes à échanger pjff des procédés pacifiques les pror duits utiles à tous les besoins de la vie , leur fit connaître des relations qui n'étaient plus celles, d'ennemi à ennemL
M Histoire d(j troisième a<;^£.
L'anthropophagie avait donc cessé chez toùi^s^ les grandes nations : les sacrifices sanglans ne se pratiquaient plus dans la partie orthodoxe du peuple indien ; et partout la nourriture végétale avait dimitmé la férocité des hommes.
Sous Tinfluence de l'extension toujours croissante de l'unité spirituelle y monarchique ou fédérale , qui consolidait les sociétés en leur donnant une hiérarchie qui ne ressemblait plus que de loin à la famille compacte primitive , il se faisait aussi une séparation > comme dans toutes les autres parties de l'activité sociale. L'individu s'isolait , acquérait une activité propre , qui n'était plus limitée dans les bornes étroites.du dogme et du culte socinf , qui l'enchaînaient auparavant par un acte de sacrifice matériel imposé par la force. Quand nous disons l'Individu , nous enten-^ dons l'individu social qui se composait de plu" sieurs êtres. Ainsi la femme et l'enfant faisaient partie de l'homine i ils étaient sou complément^ partageant son droit de race a la vérité , mais soumis k lui comme fonctions inférieures de sa personnalité. Gela était dans llnde aussi bien que dans les nations réformées , monarchiques ou fé*' dérales.
Enfin au-dessous de cet être composé ^ de ce
CffAPlTRE 1. iSSr
descendant des dieux primitifs , qui avait fô ^enius, l'esprit social qui le rendait apte à la direction de la chose publique, se trouvait unemultitude d'esclaves , lui appartenant , et n'ayant ni nom, ni» famille. Chez les nations réformées on les mutilait encore, et on en faisait des chasâes exterminatrices.
L'ancienne organisation de la famille qui constituait là société tout entière dans le premier âge , ne représentait donc plus maintenant qu'un individu social , formant avec d'autres individus semblables à lui une classe de la société , hiérar* ehisée avec d'autres classes , formées aussi de groupes de f^nilles , où se transmettait le genius par la génération et non par un acte de sacriflce matériel; Ainsi c'étaient les trois castes Douid-* jaha ou deux-fois-nées de l'Inde, formées chacune d'individus composés d'un homme , de femmes , d'enfans et de Soudras : ou bien c'ér taient les classes des patriciens , des chevaliers et des cliens , formées de même chacune d'individus-familles : ou bien toute autre division sociale.
Mais il y avait pliis encore. L'individu avait en lui trois âmes, ou trois esprits différena et hier rarchiques : il avait donc absorbé en lui les trois fonctions primitives du premier âge qui étaient doué^ d'essences spirituelles différentes. CgIUj^
i»$ HISTOIRE DU troisième: AGE. ]
division des âmes est tellement connue , et nons en avons donné de si frequens exemples , qu'il est inutile de les rappeler : il nous suffit d'indiquer ce fait de la constitution de l'individu.
Enfin toutes les philosophies , toutes les der^ nières doctrines morales de ce second âge avaient tendu à individualiser Thomme le plus possible. Dans rinde le dernier degré de la contemplation était de se dire : Je suis moi-même le grand Brahmah. En Grèce , Socrate proclama comme principe moral absolu : Connais-toi toi-même» Enfin y dans le nord de l'Europe , Odin formula un code de préceptes moraux , où l'homme était en état de défiance vis-à-vis de tout ce qui Tentourait. '
Cette possession de l'homme par lui-même amena nécessairement un résultat qui ne pouvait manquer : ce fut le suicide , dernière et égoïste application matérielle de la loi morale du retour.
Ainsi , tandis que d'un côté l'humanité , la morale , le dogme religieux et le pouvoir , cherchaient à se faire unitaires le plus possible :— en même temps que Tart créait ses merveilles religieuses du culte : que le dogme hiérarchisait ses dieux au-dessous d'un dieu indivisible : que la pratique transformatrice de l'expiation formulait