‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 145 sur 187 · CHAPITRE I. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. m

le grand mystère de la fécondation cosmique : — il sortait de chacun de ces travaux une forme nouvelle qui s'isolait : c'était Tunité politique nationale qui se constituait par la force : l'art qui devenait économiste : la science qui se faisait matérialiste ou panthéiste : l'industrie qui s'ac» complissait dans le but d'intérêts particuliers : la famille qui se constituait par la génération : enfin l'homme qui se faisait égoïste jusqu'au suicide.

Après avoir constaté les résultats généraux obtenus par le mouvement civilisateur du second âge , il nous reste à montrer qu'une révélation seule pouvait changer la dernière et irrévocable application du dogme de la chute et de celui du double principe qui existait encore : c'est-à-dire : la division en deux races, qui se trouvait partout, soit qu'elles fussent Tune divine , l'autre terres^ tre : l'une maître, l'autre esclave : l'une nationale , l'autre étrangère : l'une sacrée , l'autre impure : et l'emploi de la force dans la constitution et la hiérarchie sociales.

Aucun des dogmes existans ne pouvait en effet amener à la fois l'égalité d'origine spirituelle et matérielle , qui était nécessaire pour affranchir tous les individus humains > quels qu'ils fussent.

Le dogme indien n'avait pu arriver à établir l'égalité spirituelle que sous le point de vue d'une

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émsLtk9kiiou et d'une absorption circulaire des esprits* il avait été obligé en outre de conserver riûégalité d'origine matérielle des castes , en Isr faisant d'institution divine : car c'était le seul moyen de conservation sociale et de purification successive des âmes déchues.

Dès que les partisans de cette doctrine voulue rent arriver à l'égalité matérielle, tout en conser-^ vant la doctrine de la chute , seul mobile d'activité ihorale et cosmique qui pût exister dans ce dogme, ils turent obligés d'arriver à l'indifférenee de . leur Dieu , à une double circulation spirituelle et matérielle, ou à une seule circulation qui niait l'esprit ou la matière ^ mais qui dans tous les cas constituait la fatalité dans la succession dés actes humains , et niait par conséquent la liberté morale« Aus^ l'immobilité et le repos étaienl*^ils le but où tendait le cosme troublé par la faute commise au principe des temps*

Ce panthéisme inexorable du Bouddhisme niait donc la moralité des actes en faisant le dieto indifférent , et la liberté de l'homme en le faisant fatal spirituellement et matériellement.

L'autre hérésie puissante du dogme indien > celle des Djainas, moins conséquente avec sa théorie panthéistique , avait conservé la hiérar-^ chie matérielle des castes*

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Kc^tait donc comme seul résultat véritabïe de cette doctrine , le dogme orthodoxe , qui considérait le dieu invisible comme séparé de là matière et du monde. En outre , ce dieu n'était pas indifférent à ce qui se passait dans le cosme ; car, dans l'histoire de Krichna , les trois grands Devas vont le prier de mettre un terme au désordre , et il ordonne une nouvelle incarnation.

Le dogme acquis par l'élaboration spirituelle de rinde au second âge était donc la reconnaissance d'une unité cosmique ré^e par une loi circulaire , et ta reconnaissance du dieu invisible séparé de la matière.

L'obstacle à tout autre développement était

l'inégalité divine des castes.

Chez les antres nations , Rome seule était arrivée à établir une unité politique terrestre. Toutes les autres prétentions à la domination universelle avaient cédé devant elle : les nations indiennes lui avaient seules résisté , soutenues qu^elles étaient par leur puissante unité spirituelle.

Mais, si Rome avait donné droit de cité aux nobles étrangers , par suite de l'affaiblissement du dogme moral des deux principes et de l'établissement des initiations isiaques , elle avait conservé la division en maîtres et esclaves , ob-

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stacle iasarmontable à l'ég^lîté de ràce , et qui était le résultat nécessaire du dogme de la ctmte et decelui de la séparation.

Quant aux aufares nations réformées, tous leurs syncrétismes religieux , tous leurs fédéralismes venus par en bas , n'avaient pu a'élever qu'à un dieu inférieur reconnu comme Tâme du monde , ou à des associations impuissantes de peuples. Ainsi, que ce fut le Zeus des Hellènes, le Tina des Étrusques , l'Odin du Nord , ce n'était jamais qu'un dieu secondaire de milieu ; et si dans le mystère des temples il se conservait la pensée d'un dieu supérieur à celui-là , ce ne pouvait être que l'équivalent du Brahma de l'Inde , ce premier né des êtres , cette première créature du Dieu invisible. Son antagoniste même, le principe du mal , avait perdu toute sa force : mo<queur comme le Loka des Scandinaves et le Momus des Grecs, il n'était plus qu'un être plaisant, faisant des malices aux dieux. Il en avait été de même des fédérations nationales , assemblées dans des intérêts riverains , et bientôt soumises par quelque grande monarchie.

Cependant chez ces nations impuissantes à former une unité assez forte pour dominer les autres dogmes ou les autres pouvoirs , étaient nées deux unités secondaires. L'une, celle de la

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