CHAPITRE IL
dalité, qui avait conservé la société, pendant que: le clergé et les moines faisaient Téducation. spirituelle du peuple , les idées pratiques de la morale et du. dogme chrétiens.comraençaient à germer dans les masses.
Aussi, du douzième au treizième siècle, époque à laquelle nous sommes arrivés , se fit-il une / grande révolution sociale dans la voie orthodoxe; et en même temps, ainsi que cela arrivait.tou- . jours, il se leva une hérésie. La révolution orthodoxe était celle des communes : Thérésie était celle qui a été plus particulièrement connue sous le nom des Albigeois.
Toute possession d'un homme par un autre était incompatible avec la liberté morale donnée ; à tous les hommes par le sacrifice de Jésus-Christ. Les rois catholiques français commencèrent.donc ; par affranchir les serfs de leurs domaines ; et les seigneurs suivirent bientôt cet exemple en vendant ou en donnant Ja liberté aux leurs.
Ces hommes nouveaux , unis par la fraternité chrétienne, copièrent alors la forme hiérarchique de rÉglise : ils élurent eux-mêmes leur chef civil sous le nom de maire , leurs juges sous le nom de jurés , et se virent bientôt appelés dans le conseil des rois, avec le clergé et la noblesse. Ces conciles civils, connus sous le nom d'j^^a^s, n'étaient eux-
mêmes autre chose qu'une imitation des conciles religieux. L'application de la hiérarchie spirituelle de rËglise à la société civile commençait donc à s'établir avec une activité qui ne devait plus cesser.
Mais , à côté de cette création orthodoxe de la commune et de ses résultats , s'étendait Terreur' de l'hérésie. La pensée de la liberté morale fit nier aux Albigeois et à toutes leurs sectes la hiérarchie spirituelle : suivant eux , tout laïque pouvait administrer les sacremens. Ils ne se bornèrent pas à cela. Le manichéisme, qui admettait les deux principes , premier dogme moral du premier âge depuis si long-temps disparu : le panthéisme , analogue à celui de Tlndé , qui faisait les âmes partir de Dieu , en sortant et y retournant fatalement , vinrent effrayer le catholicisme dans la personne de ces hérétiques. Leur vie austère leur avait attiré beaucoup de partisans : des seigneurs, des pays entiers s'étaient révoltés : des meurtres avaient été commis sur des moines envoyés par rËglise pour avertir ses enfans égarés. Une croisade , recommencée plusieurs fois à cause de la mauvaise foi qui violait sans cesse les conventions, mit fin à ces désordres.
C'est à ce temps aussi qu'il faut rapporter la forme la plus pure de l'art catholique. L'Église