CHAPITRE lY. '■ Sei
de toutes les passions basses et égoïstes en tes flattant.
Enfln un nouveau moyen de multiplication et de transmission de la parole et de la pensée était inventé : Fimprimerie mettait indifféremment et simultanément à la portée de tous Tapologie du bien et Fapologie du mal.
Au milieu de tous ces élémens de doute où le bien et le mal se mêlaient avec des chances égales de succès , au sein de cette confusion d'idées an* ciennes qui s^écroulàient et d'idées nouvelles qui s'élevaient, entre ces luttes passionnées qui donnaient un vertige d'incertitude auquel il était si difficile de résister, une puissance^'immobilisa.
Ces moùvemens de la pensée, cette rapidité de son signe également porteur du bien et du mal , cette dégradation du pouvoir sacerdotal qui confondait le paganisme avec le christianisme , le mépris où était tombé la noblesse , enfin ces insurrections des peuples réformés ou catholiques qui se montraient également exigeantes envers lé pouvoir royal , déterminèrent cette puissance temporelle à se faire conservatrice stérile , et à entraver ce développement moral au milieu duquel elle ne distinguait plus clairement le bien du mal. La royauté française, croyant pouvoir s'immobiliéer parmi ces tendances à une grande
transformation» absorba en même temps le cler* gé , la noblesse et la fédération des communes » obassa la réforme et imposa d^ conditions au Saint-Siège,
. Mais la pensée toute chrétienne de la destruction de la hiérarchie par la race était incamée dans la nation française , restée fidèle dans sa soumission au signe spirituel de l'Eglise ; et elle ne tarda pas à saisir l'occasion qui s'offirit de réaliser cette partie du dogme qui la dirigeait.
A l'abri du rot stationnaire qui lui assurait au moins une existence dépendante , la noUesse s'était {»*ise à lutter contre la domination sacerdotale , qui la gênait le plus comme ancienne ennemie du droit de race. Mais bientôt les gentilshommes , prétendus philosophes , s'emparèrent de la théorie fatale de la sdénce physique, pour attaquer non seulement le dogme auquel 4Is substituèrent des hypothèses matérialistes , mais encore la doctrine morale dont ils rempla- <;èrent le sublime sacrifice et le divin et libre dé- Touement » par l'étroitesse mesquine et égoïste de l'intérêt personnel.
Alors tout fût remis en question : on introduis* sit le doute dans toutes les croyances : on nia toutes les hiérarchies spiritudtes ^ tem{)orelles; et, lorsqu'on eut eifacé toute idée d'avemr , de but
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divin , de devoir et d'obéissance , la partie supérieure de la société, royauté, noblesse et clergé, donnant la {première rexeiii{)le de ce scandaleux affranchissement de tout lien moral, se rna dam Torgie qui > selon eile , pouvait ne pas avoir de lendemain, ût qui en effet n'en. eut pas*
he peuple^ û bien eqseîgné par ses maîtres, ne se 6t pas faute de lesi imiter ; et îl accomplit son ifêuvrede destruction. Mai&, tandis que mu parla pensée chrétienne de la disparition du droit de race» Il dépassait le but et résumait en lui toutes les hérésies^ d^tructrices de la hiérarchie et du dogme , une pensée de reconstitution Booinie et dogmatique naissait i&t grandissait pour prépa-» rer la réalisation de la hiérarchie sfûritiieUe , qui devait imposer de nouveau le devoir à cette force désoittonnée*
' Ce i)0nple , ea effet , qu'écrasait le droit de race et ipû voulsit s'en affranchir » oublia qne e était TÉ^^se qni lui aTait enseigné son droit de liberté morale , et qu'en même temps elle lui avait imposé le devoir de se soumettre au type de la hiérarchie spirituelle basée sur le dévouement. ]1 tomba dottc dans» l'erreur de tous les bà^tiques : il/oonl'ondit les hommes avec les idées ,. les actes mauvais avec les institutions bonnes ; et , i;einontant tonte, la hiérarchie de la société et du
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dogme , il broya sous ses pieds la race noble et la ' race-royale : il poursuivit le clergé : il nia le pou« voir de rÉglise : il abjura toutes ses croyances, le culte » le révélateur et Dieu , ainsi que le lui* avaient si bien appm ses éducateurs , les gentils^ hommes philosophes. Enfio il voulût appliquer, au point de vue matérid r ^ trois grands principes de la liberté m^Mralé, de régalîté de naissance , et de la fraternité universelle : et ce fot là sa i^us ^ande erreur , cdlequi devait paralyser tous ses essais d'Ordre social. Gel ordre en effet ne pouvait sortir que d'un clevoir înoral et d^une hiérarchie ; et le droit absolu , aini^ que Tégalite matérielle des fonctions , sables mouvans de Té* goisiâe et de la muiiîtude sans but/ étaient les bases sur lesquelles il bâtissait.
Quant aux résultats qu'a obtenus la révolution française par la violence , il faut bien reconnaître qu'ils ne sont autre chose que l'appltcation à la société civile des formes de l'Êglîse relatives à l'individu. L'acte de naissance a> comme le baptême , pour but d'assurer à l'enfant un titre social : Je mariage civil s'accomplit , comme le mariage religieux , par le consentement mutuel des époux : ce qu'on appelle les droits politiques n'est autre chose que le droit d'égalité spirituelle , donné à tous les chrétiens , d'arriver à