CHAPITRE IV. 57S
^ine foQctîoB sociale par le dévouement et le mé^ irite.
Or, tout cela n'est autre chose que la collée* lion des droits que le sacrifice du Sauveur a don^ . nés à tous ceux qui étaient auparavant soumis au droit de la force. Reste à dire maintenant que celui-là » qui fait partie : d'une société , n'a de droitsque parce qu'il accomi^^it un devoir : reste à indiquer la. hiérarchie qui doit imposer ce devoir et sanctionner ces droits , et qui doit être basée sur le dévouement y sur Taèsencede tout droi^ de force et de tout intérêt individuel
Maintenant , quel est le peuplequiréalisera la morale chrétienne?' C'est ce que l'avenir décidera .
Trois nations paraissent seules devoir figurer dans cette lutte morale, où la plus dévouée dok triompher : l'Angleterre , à laquelle la puissance commerciale peut donner une grande prépondérance, mais que l'égoïsme mercantile et l'imjmobilité aristocratique doivent frapper de stérilité : la Russie, qui a pour elle sa multitude armée, mais qui, engagée encore dans Je schisme, . est plus loin que tout autre pays de reconnaître et d'appliquer la biéraischie spirituelle : la Erance enfin , qui jusqu'à cette heure a seule accompli les plus importantes transformations chrétiennes. La première de toutes les nations de l'occidçnt ,,
571 HISTOIRE DU TUOil^iM£ AGE.
elle a cbnslilué le catholicisme : elle Fa défendit de ses armes contre Tarianisme et le mahométisme i de ranaibème de son Université contre la réforme protestante : elle a formé dans son seitî cette première application de la hiérarchie spîri-' tuelle, la fédération des communes , qui est restée vivante seule , au milieu de semblables essais in-» fructueusement tentés dans les états voisins : — noble corps qui a continué sa mis^on à travers tous les obstacles : en se faisant admettre au con-» seil des rois pour arrêter les dilapidations de Fa^^ ristocratie : en gardant le dogme catholique contre toute attaque hérétique > arbtocratique ou royale : en détruisant le droit de race ; et en répandant ses enfans sur le monde pour y semer le germe de raffranchissement universel , sorti du sang de Jésus-Christ.
Espérons donc que la nation française se mon^ trera fière de cette série non interrompue de dé^ vonemens, qui l'a fait toujours se sacrifier pout* le bien , et qu'elle se gardera le droit d'achever sa noble tâche.
Mais la volonté de Dieu sera faite , quel que soit le peuple qui mérite assez de lui pour Taccomplir.