‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 182 sur 187 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

<)ui s'insurge garde encore la tendance morale qui lui a élé ^iseignée dans la société qu^il cherche à détruire , ceux qui le suivront , agissant logi* quement dans la voie de la destruction où ils sont entrés , s'éloigneront de plus en plus de la doctrine morale en vigueur , et finiront par proclamer , comme seule base de la connaissance , du jugement et de la pratique, la conscience et 1^* lérét persomieK

C'est ce qui est arrivé dans le dernier siècle : comme résultat dé6nitif de toutes les insurrections , la doctrine de llntérét Inen entendu fut posée comme seul ttioyen d^organisation sociale et d'union entre les hommes. C'est cette règle de conduite que nous voyons si habilement pratiquée par les adroits de notre temps. Ce résultat, qui prouve que cette base morale justifie toutes les ruses et toutes les hypocrisies de l'égoïsnie pourexploitertesautres, suflEhrait, ce nous semble, pour la faire condamner ; mais nous devons, pour convaincre , y appliquer le moyen de juger que nous tenons de la science historique.

L'Intérêt bien entendu consiste à ne pas faire ^e qui peut nous rendre les autres nuisibles , et à faire tout ce qui peut nous attirer un avantage de leur part. Si celui qui pratique cette doctrine se dévoue , c'est dans le but d'une jouissance im-

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médiale ou prochaine. H n'agit jamais qa*en vue de lui-même ; et l'on conçoit dès lors que tout acte qui a pour but sa satisfaction est justifiable à ses yeux.

n est bien évideutque [^sles hommes marcheraient dans cette voie, (dus ils deviendraient égoïste^, isolés les uns des autres, et méfians pour tou^t ce qui les entourerait , puisquMls craindraient toujours d'être dupes d'un semblant de déyouement.

On arriverait doue à nn état tout>à*fait(^^^osé à celui que doit amener la doctrine qui cùtxt^ mande l'union des hommes par la charité , et le> sacrifice sans espoir de récompense .

Mais il est un fait fort important à remarquer dans ce mobile àoaaé aux actions des hommes : c'est que , tout en montrant comme but la satis* faction de l'égoïsme, il reconnaît que le meilleur moyen d'attirer les autres dans ses pièges , c'est le sacrifice , c'est le dévouement. Ainsi la doc«* trine morale de Jésus-Christ est tellement incar<^ née en nous aujourd'hui, que l'égoïsme lut-méme proclame la nécessité du sacrifice volontaire.

Mais on peut voir que ce dévouement^là n'ira jamais bien loin ; car chacun , étant juge de sou propre intérêt, posera toujours à son sacrifice la limite qui lui conviendra.

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