CHAPITRE V. 58Î
pensée de l'unité à établir en partant de ce point de vue faux en amena une autre. Puisque la matière était égale à Fèsprit, Dieu n'était pas plus que le monde, et le monde était autant que Dieu. Dieu et le monde étaient donc unis dans une même vie ; et l'unité n'était autre chose que la collection des diversités se transformant fatalement. Alors les créateurs sociaux ne furent plus que des représentans de leur temps, résumant les besoins et les satisfaisant. Il n'y eut plus de révérl'ation, phis de création spirituelle, plus de direction : il n'y eut plus qu'une vie universelle se transmettant dans la pluralité.
Nous avons , ce nous semble , assez parlé du panthéisme pour bien faire comprendre que c'est là encore un de ces exemples d'une erreur qui rend les sociétés immobiles en les parquant sous une loi fatale qui ne leur commande aucune action responsable.
Tandis que ces essais dé destruction , de conservation par la force et de doctrines sympathiques luttaient entre eux , il y eut des hommes à qui vint l'idée de faire un compromis entre tout cela.
En mêlant trois idées fausses on ne pouvait nécessairement faire qu'un tout faux. Mais il y i
plus : quan(J même ces trois formes 4'idëes euS'^ sent été la vérité » eu les assemblant comme forces égales ou serait venu à l'immobilité.
C'est de cette alliauce qu'est ué Téclectisme, Appliqué eu politique sous le nom de ponderation des pouvoirs, ou en trouve facilement le ridicule en transportant la même expression aux doctrines ; car on arrive par là à la pondération des morales.
Or. s'il y a une chose complète , absolue , in» variable dans son unité, c'est la morale. Prendra dans le brahmanisme , dans l'hermétisme égyp^ tien , dans les dogmes de la Polynésie, dans ceux de Zeus ou d'Odin , dans le mahométisme , dans le bouddhisme et dans le christianisme quelques fragmens pour en faire une doctrine, paraîtra sans doute à ceux qui nous ont lu avec quelque attention la plus scandaleuse des erreurs ; et c'est pourtaut ce qui ressort logiquement de récleclisme.
C'est encore de l'unité faite à pomnori , suivant des sympathies individuelles, des désirs personnels et des instincts.
Voilà les erreurs qui vivent de notre temps.
Voyons maintenant où se trouve la vérité , et quelle est la doctrine qui présente le plus de con-