‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 185 sur 187 · CHAPITRE V. 50 fc · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 50 fc

ditiatis morales nécessaires pour être considérée^^ comme ayant puissance d'avenir.

Nous abordons ici une tâche difficile : nous avons à parler de nous. Jusqu'à ce moment, dans la critique des idées modernes que nous venons d'indiquer, nous n'avons nommé personne ; car,, si nous croyons pouvoir donner notre jugement sur certaines théories , nous ne nous reconnaissons pas mission pour juger les individus qui les représ€9itent. Comme nous ne supposons pas qu'il existe des hommes intelligens qui puissent faire le mal sachant qu'ils font le mal , nous devons aussi croire qu'étant de bonne foi ils peuvent revenir de leurs erreurs à la vérité ; et nous serions coupables , selon nous , de condamner moralement des hommes parce qu'ils présentent des idées que nous jugeons fausses.

Par la même raison de délicatesse, nous ferons complètement exception de notre personne; et nous allons soumettre la doctrine que nous professons au même contrôle qui nous a servi pour apprécier les autres.

Tandis que les idées des conservateurs de Tiinité , qui avaient figuré dans la révolution française, se divisaient, ainsi que nous l'avons dit lout-à-rheure, en doctrine unitaire de l'empire

et en doctrines sympathiques , ime pensée de reconstitution sociale surgissait aussi du sein du désordre ; et celle-là était fille directe de rÉvangile. Cette pensée n'était en effet qu'une application de ces paroles du Fils de Dieu : c Je ne viens pas changer la loi , je viens Taccomplir. » — c Les anciens vous ont dit d'agir ainsi , et moi je vous dis d'agir autrement. » — c J'annonce le règne de mon père. »

Or, qu'était-ce que ces paroles , sinon le signe d'une transformation à accomplir dans la chaîne continue d'une même loi, en vue d'un avenir ? En effet , Jésus-Christ ne changeait pas la loi du sa« crifîce ; mais il apportait une nouvelle forme de sacrifice , une nouvelle hiérarchie , et la connaissance d'un avenir terrestre plus parfait que tous les autres : le règne de Dieu.

Aussi , de là naquit la doctrine qui considère les transformations sociales comme autant de pas successifs dans la voie indiquée par une révélation, et par lesquels l'humanité tend, en modifiant un milieu social temporaire , à atteindre le but n>oral universel fixé par Dieu.

Ce n'étaient donc plus là, comme dans le passé, des évolutions sociales, fatales et circulaires, ayant pour but le retour à une pureté primitive,

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