CHAPITRE L U
nouvel être et qui répondaient à cette grande division. Les premiers venaient du ciel et étaient toujours des signes de la volonté divine : volonté terrible qui commandait à l'agent divin , par la voix du tonnerre , le sacrifice de ses instincts et de sa force , en échange de Tesprit et de la parole qu'il avait reçus comme dons de Dieu : volonté qui se sanctionnait par la punition de la désobéissance, en frappant le fils du ciel de la foudre, et en le brûlant de la chaleur dévorante du soleil , ou par la récompense de l'obéissance en l'éclairant de la lumière d'en haut , et en le rafraîchissant de la pluie céleste. Quel que fût donc le signe qui vînt du ciel , il était la marque du bien moral : avertissement ou récompense , ordre ou punition , il était reçu avec une terreur salutaire ou une joie expansive , qui toutes deux menaient l'agent de Dieu dans la voie active du bien.
Au contraire de cet ordre de phénomènes , l'autre était une série d'obstacles , qui agissaient immédiatement et incessamment pour empêcher d'accomplir l'ordre reçu de Dieu , ou pour détruire la vie de son agent. C'étaient les phénomènes terrestres : volcans , grandes eaux , gouffres , montagnes , obscurité , tous produits de la terre , et qui étaient autant d'empêchemens , signes du mal moral.
i6 HISTOIRE DU PREMIER ÂGE.
Maiateoant , comme le Dieu céleste , l'esprit créateur , et celui qui le représentait dans la famille envoyée par lui sur la terre , étaient mâles et sources du bien ; la terre, productrice du mal, fut considérée comme une force femelle et mauvaise, qui était opposée au bon principe.
Or, parmi les phénomènes les plus terribles qui existaient à la surface de la terre, se trouvait une activité semblable à celle de l'être divin venu du ciel. C'étaient des bandes féroces qui, n'étant pas initiées à la connaissance de la loi morale du bien et du mal , n'avaient de signes vocaux que ceux qui naissaient de leurs besoins matériels , et de but à leur force que celui de satisfaire leurs instincts brutaux.
Le mobile de leur vie n'étant que Tégoïsme le plus absolu , et le désir de chercher le bien matériel ou d'éloigner le mal physique , ces êtres sans parole étaient les antagonistes directs de ceux qui , créés par le Dieu céleste , obéissaient à sa parole , lui soumettaient leur force , et par cela même accomplissaient un acte de dévouement et de sacrifice.
Dès lors , ces êtres muets furent considérés comme dépourvus d'esprit , et seulement doués clela force mauvaise qu'ils tenaient de leur mère, la force femelle , méchante et ennemie de Dieu ,