CHAPITRE I
cette terre contre laquelle Tétre divin devait lutter pour Fempécher de faire le mal .
Il y eut donc deux puissances dans le monde : Tune céleste et mâle qui avait créé le bien ; Tautre terrestre et femelle qui avait engendré le mal. Il en résulta un double dogme génésiaque , qui admettait deux modes de production , la création et la génération. Il s'en suivit comme pratique la reconnaissance de deux races d^êtres à forme humaine : rdne d'origine céleste , Tautre d'origine terrestre , toutes deux ennemies : la première mise dans le monde pour poursuivre la seconde jusqu'à extermination.
U ^t nécessaire ici que nous donnions un mot d'explication sur ces deux modes de production , la création et la génération , considérés dans l'application de leur dogme à la société qui était soumise à cette doctrine morale , pour faire bien comprendre les divisions dogmatiques et sociales qui résultèrent de cette double activité.
Dans la pratique y la création d'un agent moral se faisait par un triple sacrifice. Le premier de ces actes ^tait la fécondation par le père. Le second était imposé par la force régulière du créateur lui-même à la force désordonnée du jeune être qu'il devait dompter pour le soumettre à l'obéissance : ce sacrifice physique lui retranchait un
organe, ou partie d'un organe , ou portion de son sang : en un mot » il le liait par la force à Vétre qui le créait. Le troisième sacriflce était actif de la part du créateur, en ce sens que, comme possesseur de Tesprit , Dieu terrestre et père , il émettait , pour la communiquer à l'être qu'il créait , une partie de sa propre puissance spirituelle. Cette partie n'était jamais qu'une fonction secondaire , acte pratique de la morale , que le nouvel être devait exécuter par la parole ou par la force, sous condition d'obéissance et de soumission absolue envers celui qui l'avait créé spirituellement. Suivant les dogmes de ces temps primitifs , cette création, éducatrice d'un nouvel agent moral déjà créé par la fécondation du père, lui transniettait une essence spirituelle particulière, dont la manifestation , par la parole ou la force , se faisait aussi par des signes spéciaux de langage ou d'acte , et qui constituaient la fonction consacrée moralement. Cette création dans la société ou la famille n'était, en outre, qu'une application du dogme qui reconnaissait tous les phénomènes célestes pour des êtres secondaires, créés comme manifestations de la volonté , de la parole ou de la force du Dieu invisible résidant au ciel. Or, de même que ceux-ci exécutaient les ordres absolus de leur créateur, de même l'agent social était