Amérique
Les nations américaines n'ont conservé que la tradition de la chute de l'homme par la femme. En même temps est resté le souvenir d'une migration , qui a porté ces populations du nord vers le midi. Or, comme dans les marches des colonies les peuplades sédentaires s'arrêtaient les premières , tandis que les nomades continuaient leur route , il est arrivé que les traces des premières se sont retrouvées dans l'Amérique septentrionale, tandis que celles des secondes, poussées par leur mobilité perpétuelle , se^ sont rencontrées avec toute leur férocité native dans l'Amérique méridionale.
Parmi ces peuplades errantes vit dans toute sa
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force la pratique de Tanthropophagie, soi L qu'elles mangent leurs prisonniers de guerre ou les cadavres de leurs parens morts. Elles se servent des ossemens pour faire des instrumens de musique» des outils, des ornemensou des étendards ; et toutes les pratiques sanglantes de Texpiation , émission de sang, mutilations, déchiremens, do^ minent une organisation fort simple , où un chef absolu commande à une bande dont les femmes sont les ouvrières et les esclaves.
Au contraire , une organisation sociale beaucoup plus fixe et plus compliquée se montre dans les tribus de l'Amérique du nord. Là se conserve la tradition de la chute et des luttes terribles de races qui en sont la suite. Là les chefs commandent à plusieurs fonctions ou classes hiérarchisées , ordinairement au nombre de trois conseils : l'un formé par les vieillards; l'autre par les femmes, qui tiennent le trésor public ; le troisième est composé des guerriers. On y conserve déjà les esclaves*
Chez certaines de ces nations la femme a plusieurs maris ; chez d^autres, les hommes ont plusieurs femmes. Ailleurs la femme noble a pour esclaves ses maris de race inférieure ; et ils sont étranglés sur son tombeau. La femme souvent est chef de race , donne l'héritage, a droit de vie
n HISTOIRE BU PREMIER AGE.
et de mort sur tous ceux de la nation qu'elle commande avec le chef. Les filles sont purifiées par la défloration avant le mariage. Chez quelques peuplades le choix des enfans par le père existe encore dans le sacrifice de ceux qui sont contrefaits , ou d'un des jumeaux , ou de ceux dont la mère meurt. La fixation de la fin des fonctions à un certain âge , dans la famille , se retrouve aussi dans l'usage de tuer les itières à l'âge de trente ans , et les vieillards à l'âge de soixante.
La condition sédentaire de ces peuplades du Nord est d'ailleurs confirmée par la trace de leurs demeures et de leurs tombeaux les plus anciens. €e sont des enceintes en terre avec des fossés ; des tumulus ; des cavernes à fleur de terre ; des cirques ; des montagnes factices ; d'immenses tombeaux en tumulus , creusés en cônes , et où des générations tout entières sont déposées par couches.
Ces faits , ce nous semble , n'ont pas besoin de commentaires ; et chacun reconnaît là une des pratiques sociales ou familières , qui découlent des dogmes et de l'organisation du premier âge.
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