CHAPITRE I. 3i
des Saintes-Écritures) , n'était en effet qu'un signe secondaire destiné à exprimer des rapports définis par les sens entre les objets extérieurs. Ainsi Tétre Main-du-ciel fut chargé du double acte : de la parole , qui désignait les rapports physiques des choses ; et de la force régulière , qui accomplissait sur les êtres engendrés dans le groupe inférieur le sacrifice destiné à les dompter pour les faire obéir, et qui gardait le centre sacré des atteintes des êtres mauvais. C'est ce que rapportent les Écritures sacrées lorsqu'elles disent qu'Adam fut chargé de nommer les animaux, de cultiver et de garder TEden.
Le lieu mystérieux que gardait ainsi l'être Main-du-ciel était le séjour divin où le chef créateur conservait , comme sa propriété exclusive , la loi morale qui expliquait l'origine et le but du monde ; la parole qui exprimait ses mystères; et
l'acte du sacrifice qui, en consacrant les fonctions secondaires, commandait la pratique sociale.
Rien ne pouvait donc s'accomplir de bien en dehors de sa volonté ; et cette nécessité de conserver unitaire et intacte la doctrine divine que cette volonté exprimait, lui fit défendre au nouvel être de diercher à en pénétrer le secret.
Mais bientôt , conséquemment à l'application successive du dogme , l'être Main-du-ciel reçut
aussi du Créateur la fonction génératrice : jusque là il avait été tiré du groupe inférieur. Alors le Père chef divin créa , par un sacrifice , une force génératrice adjointe à ce nouvel être , ne faisant qu'une seule existence avec lui (Aish et Aishade la Bible hébraïque). Ce fut dès lors dans ce groupe de la femme et des enfans de l'être Main-du-ciel, que désormais le Créateur féconda et choisit celui qui devait être consacré par le sacrifice éducateur , pour remplacer l'être Maindu-ciel , lorsque celui-ci rendait son essence spirituelle au Père qui l'avait créé. On voit donc comment cette fonction, bien qu'ayant une essence spirituelle et une faculté génératrice en quelque sorte indépendantes , était encore liée absolument à la force fécondante et à la volonté créatrice du Père, chef divin de la famille.
Mais la force génératrice, ou la femme de l'être Main-du-ciel, fut séduite par un être inférieur, qui lui inspira la tentation de connaître le mystère de création morale que le Père divin , chef de la famille, cachait dans le centre sacré. Elle communiqua cette tentation à l'être Main-duciel, qui viol^ le secret de la loi morale , et qui , ayant vu que le Père divin avait pour successeur un Fils engendré de lui, prétendit aussi transmettre par la race l'essence spirituelle particulière