CHAPITRE I. SS
qui lui avait été donnée avec une parole spéciale. Dès lors il se constitua individu comple^t, père et mère, formant une famille qui transmettait, par la fécondation et la génération , l'esprit particulier et la force régulière de sa fonction.
Cette infraction à la défense de chercher à pénétrer le mystère moral de la création : cette insubordination qui venait, parle droit de race qu'il s'appropriait , d'affranchir l'être Main-duciel de la dépendance absolue du Père divin, qui avait seul le droit de l'engendrer et de le créer spirituellement , le fit exiler dans un lieu séparé de ce centre sacré qu'il avait violé , et dont l'entrée lui fut interdite par les fils du Père divin , anges armés du feu séparateur. En même temps il lui fut imposé, pour punition de la liberté qu'il avait acquise, une loi d'expiation, qui n'était que la conséquence de la pratique morale qui ordonnait de dompter la force désordonnée au moyen d'un sacrifice matériel imposé par la force régulière.
Ainsi cette loi força la femme , coupable de s'être laissé séduire , à être soumise à la puis* sance de l'homme et à se laisser féconder par lui , malgré la crainte des douleurs de l'enfantement , car ces douleurs mêmes étaient pour elle un moyen d'expiation. De même l'homme cou-
pable de désobéissance fut contraint , pour racheter sa faute , de supporter les peines du travail. Enfin la vie de tout être de cette race, après avoir été employée à la poursuite du mal qui l'avait séduite , fut limitée à un certain temps, après lequel le sacrifice devait faire rentrer la puissance sociale de chacun dans la masse humaine d'où il était sorti. 11 était donc privé de l'immortalité que lui assurait auparavant la réabsorption de son essence spirituelle particulière dans l'unité morale du Père divin créateur : réabsorption qui faisait retourner la fonction organique émanée du Père céleste à son unité divine, pour y être conservée éternellement. C'est cette loi morale du retour que nous verrons bientôt appliquer de bien des manières différentes.
La constitution de cette nouvelle famille , que l'être Main-du-ciel venait de former, fut constatée par lui , en nommant la force soumise qu'il fécondait, la Vie (Eve de l'Écriture). Dans les produits engendrés de celte fécondation, il choisit bientôt lui-même un être qu'il doua de force comme agent organique de sa propre unité : il le créa , comme le Père créateur l'avait fait de lui-même , fonction séparatrice , qui devait garder la famille nouvelle des atteintes du mauvais être, en exterminant ce dernier,