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CHAPITRE III. US

Cet isolement et cette dissociation déterminèrent alors chaque groupe social à tourner tous ses moyens d'activité vers le but de sa conservation , et à employer son travail dans son intérêt personnel.

C'est alors que la doctrine révélée au principe des temps , produisit ses fruits pratiques, et que , dans toutes les directions de l'activité hu-» maine , le sacrifice sépara le bon du mauvais , et fit dominer la matière par l'esprit , en la transformant au profit de tous les besoins de l'homme social.

Alors surgirent une multitude d'inventions , dont chaque créateur était un dieu, chaque théorie un dogme, chaque pratique un culte, chaque agent un prêtre, chaque produit une chose sacrée. Dans toutes les directions, l'activité créatrice produisit des moyens de conservation , et , en même temps , de domination de l'esprit sur la matière : pour la pensée morale , pour le dpgme scientifique et pour l'activité pratique.

C'est ainsi que le rhythme ou la période fut appliqué à la fois comme moyen mnémonique et comme régulateur des fantaisies désordonnées du besoin. Alors furent créés la parole rhythmée ou le chant, qui mesurait la voix; les instrumens

de percussion ou à modulations , qui fixaient et

le rhythme et la quantité des sons sacrés ; enfin la danse ou le mouvement cadencé qui obéissait à la règle donnée par l'instrument de percussion.

De même naquit l'écriture , ou la création du signe conventionnel et abstrait propre à fixer la pensée morale. La sculpture, ou l'art de donner une forme matérielle et plastique à la formule dogmatique , eut la même origine; et on commença aussi à imiter la forme et les couleurs des objets extérieurs propres à rendre cette pensée.

Le signe de l'acte pratique du sacrifice donna naissance à la forme architecturale. Ainsi la porte sous laquelle les victimes passaient pour être conduites dans le centre sacré , était l'autel où elles étaient frappées; la table étai-t l'autel oblatoire ou leurs membres étaient présentés à l'être divin ; le stèle ou le siège était l'autel où s'asseyait le dieu. Enfin l'enceinte était le moyen de conservation du centre sacré et de séparation du bien d'avec le mal; et le toit était le signe du ciel.

La périodicité, d'un autre côté, était appliquée comme sacrifice expiateur à tous les actes pratiques de la vie. Ainsi l'alternative régulière du sommeil et de la veille ; la périodicité des repas , qui imposait peut-être à l'homme de ce temps le plus difficile sacrifice , le jeûne ; la continence

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