‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 72 sur 187 · CHAPITRE I!I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I!I

dans l'acte procréateur, commandée à certaines époques ; les sacrifices accomplis par le père et la mère , après chaque parturition ; les sacrifices éducateurs qui revenaient à chaque âge dans lequel entrait l'enfant , en lui retranchant à sa naissance une partie impure de son corps, en lui étant du sang dans sa jeunesse pour le dompter plus facilement ; et le sacrifice qui terminait la vie à un âge marqué , étaient autant de moyens de conservation sociale et de subordination de la matière à l'esprit par la périodicité.

Des résultats aussi importans furent obtenus par la pratique de l'expiation , dans toutes les branches de l'activité sociale. La purification par le feu amena la coction des viandes du sacrifice ; et la férocité , la force brutale de l'homme , qui ne vivait que de chairs crues et de sang , en furent notablement diminuées. La fécondation de la terre par le déchirement , produisit l'agriculture et ses fruits , qui , mêlés aux chairs du sacrifice , commencèrent à faire comprendre que l'anthropophagie pouvait disparaître. Un autre produit agricole , les boissons fermentées, excitèrent d'un autre côté l'intelligence aux dépens de la force physique , et amenèrent le résultat où tendaient tous les inventeurs, la subalternisation de la force à l'esprit.

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Enfin la purification même de la terre par Teau , l'air et le feu , amena la découverte des métaux , et doubla la force industrielle ou guerrière de rhomme. La pierre remplaça le bois ; la Jbrique se stratiûa où l'on amoncelait de la terre ; au lieu de flèches en os ou en pierre , l'homme eut des armes en fer, et ses moyens de défense furent assurés ; le soc en fer fendit la terre ; le couteau sacré remplaça la pierre tranchante ; et l'or fut le métal pur, signe de dieu.

Mais, pendant ce Iravail d'application pratique de la doctrine d'expiation , s'étaient accomplies des transformations spirituelles de la morale et du dogme qu'il est important de constater.

Pendant la durée de cet âge, la race divine absolument pure avait aussi bien disparu de la terre que la race exterminable d'origine impure. Or, de même que dans chaque famille, et dans la grande masse humaine sociale répandue alors sur le globe , il y avait une partie d'origine bonne et une partie d'origine mauvaise ; de même aussi dans le cosme il y avait une multitude d'ageiis bons et d'agens mauvais qui protégeaient l'homme ou lui nuisaient. La terre elle-même, considérée au commencement comme le mauvais principe , fut regardée ensuite comme un milieu , siège de la lutte du bien et du mal ; la demeure du méchant

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