‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 73 sur 187 · CHAPITRE IIL ïir · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL ïir

être fut alors placée au dessous d'elle , dans Tobscurité, comme la demeure des dieux bons, pères de la race bonne, était au ciel, séjour de lumière. La loi morale qui ordonnait la séparation du bien et du mal, et la nécessité de la conservation, força dès lors à étudier la volonté et les actes des dieux bons et des dieux méchansqui se mouvaient dans le cosme ; et cette étude de la périodicité de leurs actes, du retour de leur présence, et de leurs alternatives de secours ou de nuisance , constitua la science météorologique, qui a pour but et pour résultat de connaître la mesure du temps, la périodicité des saisons, des années, des mois, des jours, etc. La division innombrable qui s'était établie dans les sociétés , était un reflet de celle qui existait dans le cosme. Ainsi , chaque forme que prenait le soleil , levant, couchant, ou médian ; chaque phase de la lune ; les nuages , le vent, Feau, le feu, les éclairs, le tonnerre étaient autant de dieux à fonctions différentes auxquels un culte , des paroles , des sacrifices , des actes religieux en un mot» demandaient, suivant la connaissance acquise du caractère du dieu , une protection pour la race terrestre qui était née de lui, et qui, après avoir expié sur la terre, devait retourner à lui. Il en était ainsi pour tous les phénomènes physiques..

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' Or, de même que ces dieux visibles du cosme •avaient créé des races terrestres , de même ils avaient été créés eux-mêmes par un dieu invisible qui avait tout formé et détruirait tout un jour, pour achever d'anéantir le mal primitif et reproduire ensuite un monde pur.

Toutes les grandes questions de la destinée humaine et de celle du cosme avaient donc reçu une première solution. Deux principes en lutte existaient au-dessus et au-dessous de la terre : la famille humaine, agent pur du bon principe, fille d'un dieu visible, et mise sur la terre, séjour intermédiaire, pour exterminer le mal, avait failli, dans une de ses parties, en transigeant avec ce dernier, et se trouvait par là formée de bien et de mal, de ciel et de terre, d'esprit et de matière. A cause de cela elle était obligée de se purifier elle-même, afin de rendre sa partie céleste pure au dieu secondaire qui l'avait créée, et qui, à son tour, serait réuni au père de tous les bons esprits, lorsque ce dernier lutterait lui-même contre le mauvais principe, pour l'anéantir et reformer un monde pur, où tous ses enfans seraient heureux.

La création et la fin du monde , la séparation du bien et du mal , de l'esprit et de la matière , l'immortalité de l'âme , l'explication du mouvement cosmique , et la fonction de l'homme dans

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cet accomplissement de la volonté de Dieu, étaient donc le résultat du travail spirituel de ce premier âge.

On ne peut vraiment retenir son admiration , lorsqu'on pense à l'énormité du travail spirituel, auquel ont dû se livrer les premiers éducateurs des hommes , pour formuler ces grandes idées r et pour amener ces natures rebelles et féroces à un point de dévouement à la volonté de Dieu , tel que non seulement elles se soient privées des objets désirés par leurs besoins physiques, mais qu'elles se soient sacrifiées volontairement par des expiations sanglantes et même par la mort.

Certes , lorsqu'on voit à la fin du premier âge, s'établir comme résultats de l'application de la parole envoyée par Dieu dans le monde, l'origine de nos arts , de nos sciences , de nos pratiques individuelles les plus intimes ; lorsqu'on voit cet immense germe social , si complet , sL unitaire , se développer et se multiplier si bien , qu'il va au devant de toutes les nécessités de l'organisation d'une société pour sa conservation; il est impossible de ne pas reconnaître la maiu de Dieu , guidant l'espèce sainte qu'il a voulu as* socier à son œuvre , vers le but qu'il lui a fixé. Il est bien plus impossible encore de croire que:

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la fantaisie individuelle , qui dans la loi de l'organisme matériel n'a jamais pour but que la satisfaction des besoins physiques et l'obéissance aux instincts brutaux , ait pu créer ce sacrifice incessant , qui ne s'emploie qu'à dompter ce même organisme pour le soumettre à la hiérarchie sociale.

Et si cette unité de doctrine et de pratique ^ imposant à toutes les fonctions une loi de dévouement , nous montre le Verbe de Dieu qui nous a donné la connaissance du bien et du mal, la faculté de choisir entre eux , et le moyen de faire triompher le premier sur le second; combien ne serons-nous pa^ encore plus convaincus de la réalité de cette révélation , si nous remarquons que ce n'est pas seulement un petit groupe d'hommes , une famille , qui est resté soumis à cette puissante kxi'du sacrifice ? C'est l'humanité tout entière : ce sont des myriades de groupes sociaux , de familles formées d'individus et tellement nombreuses , qu'il n'est pas aujourd'hui à la surface du globe un seul être humain , si brut et d'esprit si borné qu'il soit , qui n'ait en lui un mot de cette parole divine, qui lui impose un devoir social, c'est-à-dire une idée de relation dévouée envers une loi supérieure à lui.

Certes , s'il y a un fait qui puisse convaincre

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