CHAPITRE m
que la création de la société n'est pas le produit d'une intelligence purement humaine , c'est cette unanimité d'adoption de la loi du sacrifice, en opposition directe avec la loi d'antagonisme et de concurrence des individualités égoïstes , qui n'auraient pas manqué de s'insurger contre un être semblable à eux , voulant leur imposer cette loi de dévouement sans être porteur du Verbe de Dieu.
M^is à la fin ^e cet âge primitif, les hommes qui avaient accompli ces transformations merveilleuses , avaient seulement appliqué la formule morale qu'ils avaient comprise : là , ils s'étaient arrêtés. La parole unitaire, en se divisant, en s'atténuant , avait perdu sa faculté créatrice d'activité générale dans le but divin , ainsi que nous l'avons dit. Devenue pratique conservatrice de la société, ou habitude expiatricé dans la famille , elle roulait dans un cercle de vie sans commencement et sans fin : transformation circulaire , expression de son dogme , où nul changement n'était possible , si une nouvelle parole divine ne venait donner une seconde impulsion a ce corps , qui avait accompli sa fonction générale de multiplication , et qui vivait maintenant pour lui.
Il y avait , en eflet , a la fin du premier âge ,
plusieurs obstacles à de nouveaux changemens^ sociaux.
D'abord Tisolement, la séparation et l'antagonisme de cette multitude de petites sociétés, dont l'inimitié respective , basée sur le dogme des deux principes ennemis, le bien et le mal, aurait été un obstacle constant au rétablissement d'aucune unité , et eût infailliblement amené la destruction de l'humanité dans une guerre d'extermination universelle.
Le second obstacle venait du dogme de la chute , qui faisait posséder par la race divine les races bâtardes reçues à expiation dans le centre sacré et adoptées après la mutilation : possession qui ne donnait aucun droit social à ces êtres sans naissance céleste , et qui les faisait parties matérielles de leurs maîtres divins.
Le troisième obstacle ressortait du dogme de la subordination de la force à l'esprit , et de la procréation à la fécondation , appliqué matériellement dans la famille, et qui faisait posséder absolument par le chef de famille, quel qu'il fût, tous les individus inférieurs , mâles ou femelles. Que ces sociétés fussent soumises aux dogmes qui avaient pour principe l'esprit mâle et créateur du père , ou l'esprit femelle et générateur de la mère , ou la force du fiis^ ou la force et l'inlelli-^