CHAPITRE IIL
gence de la fille ; comme il n'y avait au principe des temps de base possible pour une société que celle de la famille , il s'ensuivaitque tout ce qui était considéré comme enfant ou comme simple agent de procréation mâle ou femelle, était possédé'par le chef spirituel ou politique , qui avait droit de vie et de mort sur ses agens.
Enfin , un dernier obstacle venait de la matérialisation du dogme du retour, qui, faisant confondre rinstrument avec la fonction , et l'agent avec celui qui l'employait , déterminait à une certaine période la durée de la vie , et la tranchait au moment où la fonction ne pouvait plus être accomplie , pour reprendre la force sociale qui avait été donnée à l'individu. C'est ainsi que s'accomplissaient le sacrifice et l'anthropophagie des femmes et des vieillards, à l'âge où ils ne pouvaient plus être utiles , des veuves à la mort de leur mari , et des enfans naissans à la mort de leur mère qui ne pouvait plus les élever.
Nous avons dit déjà ce qu'il fallait penser de ces sacrifices anthropophagiques ; mais nous ne saurions trop le répéter, pour qu'on ne se méprenne pas sur la valeur d'un acte qui nous paraît aujourd'hui une monstruosité. H faut, en ^fiet , y voir le double signe de l'immortalité de TAme, qui fait retourner l'être spirituel à celui
ISe HISTOIRE DU PREMIER AGE.
qui Ta créé , et de ce principe inaltérable qut reconnaît à la société le droit de reprendre Finstrument social , quand celui à qui elle Ta confié ne s'en sert plus, on ne s'en sert pas dans l'intérêt général.
Mais à la fin du premier âge « ainsi que nous venons de le dire , la forme matérielle donnée à ce double principe était un obstacle insurmontable à toute transformation qui eût eu pour but d'affranchir l'individu social , c'est-à-dire de séparer l'instrument de la fonction , en spiritualisant l'un et l'autre.
L'individu social était donc d'abord la propriété du créateur de la famille, lequel avait droit de vie et de mort sur ses subordonnés. L'individu était ensuite lié inévitablement à la fonction de la race secondaire dont il faisait partie, et dont la place était marquée dans la hiérarchie sociale , par la quantité proportionnelle d'esprit ou de force que la naissance lui avait donnée; Enfin, la durée de sa fonction limitait sa vie.
Dans la famille , ou dans la société , il y avait en outre des êtres , fruits du péché , de naissance impure , sans fonctions assignées , et par conséquent sans droits : c'étaient les esclaves.
Enfin , en dehors de cette société ou famille r dont le nom collectif était celui du Chef-Diea